S’adressant aux jeunes entrepreneurs: Le Pr Néhémie Mwilanya parle d’opportunités du nouveau code minier

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 «…beaucoup de gens que nous appelons entrepreneurs sont arrivés comme des naufragés (…) Ils sont arrivés dans ce pays (…) peut-être avec des mallettes, et des mois après, des années après, c’est eux qui emploient des Congolais, et les Congolais se plaignent des conditions dans lesquelles ils sont employés et les traitements qui leur sont leur réservés»…

Salle de fêtes de l’hôtel Algarve. Cité Beau Vent. Prolongement de la Cité de la Rtnc, avenue Kabinda, commune de Lingwala. Samedi 3 mars 2018. Cinquième session de la série des rencontres initiées par Dr Flavien Shirandi de Global Touch Corporates (GTC). Un habitué de marque : Néhémie Mwilanya Wilondja, professeur d’université, mais surtout Directeur de cabinet du Président de la République. Vingt-neuf minutes de communication, presqu’autant dans le jeu « questions-réponses » avant la photo de famille avec la quinzaine de jeunes  bénéficiaires d’un appui financier pour des projets allant de l’agriculture à l’informatique, de l’imprimerie à l’habillement, des télécommunications à la foresterie, de la coiffure à la couture : moments émouvants pour les jeunes déterminés à devenir des créateurs d’entreprises au terme d’une formation appropriée dispensée par « Leadership academia university »…

Pr Néhémie Mwilanya Wilondja a introduit sa prestation deux informations en sa possession, son auditoire intéressé étant les jeunes entrepreneurs actifs et potentiels ayant répondu à l’invitation de GTC. «Je considère que ce dont vous avez le plus besoin, ce sont des informations sur des opportunités à exploiter par ceux-là qui ont cru au changement des paradigmes», a-t-il déclaré, relevant d’emblée qu’il est de ceux qui, aux côtés du Président Joseph Kabila, ont fait le constat du travail effectué jusque-là sur base des paradigmes trouvées et imposées.

«…ces paradigmes sont telles que nous pouvons fournir autant d’efforts, nous arriverons aux mêmes résultats (…) qui, pourtant, ne donnent pas satisfaction selon le principe sacré ‘les mêmes causes produisent les mêmes effets’», leur a-t-il averti d’entrée de jeu. En accord avec le Président de la République, il est convaincu que le  combat premier et principal dans ce pays, c’est celui contre la pauvreté. Aussi, est-il d’avis que «les paradigmes à changer ici, c’est de voir de quelle manière nous devons travailler pour l’intérêt général, mais derrière cet intérêt général satisfaire les intérêts personnels».

La première des informations livrées est celle en rapport avec les revendications politiques de ces temps derniers. «…depuis bientôt deux mois, la capitale de notre pays est caractérisée par le phénomène des protestations, des contestations à travers des marches (…) organisées les dimanches. Ce sont des faits» qui nécessitent une évaluation, a-t-il fait valoir. «Le problème n’est donc pas de protester. Le problème, c’est de savoir la finalité de la protestation», a-t-il déclaré aux jeunes entrepreneurs dont il a exalté le pragmatisme.

«Vous pouvez – et c’est l’information que je vous apporte – vous, faire un choix contraire. Le choix contraire, c’est de vous demander si les autres protestent parce que les conditions sont difficiles», mais surtout «quels sont les actes concrets qu’ils posent» pour y parvenir. «Vous, vous avez la clé. Vous avez compris que la seule clé qui vaille pour changer les conditions, que vous estimez mauvaises, c’est la lutte contre la pauvreté, c’est le travail productif», leur a-t-il dit en notant à leur attention «Aucun pays ne peut se développer avec des marches de protestation, surtout si ces marchent ne portent aucun message clair».

Effectivement, sous d’autres cieux, quand on proteste, c’est pour inviter le Gouvernement à favoriser le dialogue sur les problèmes auxquels la société est confrontée. Paraphrasant Jésus-Christ s’adressant à Marie pendant que Marthe s’affairait à la cuisine, le Directeur de Cabinet du Président de la République va renchérir à l’endroit de son auditoire : «Vous avez choisi la bonne part, vous qui êtes ici, étant donné que vous avez décidé de transformer l’ordre des choses par le travail qui produit».

Elles raflent toute la mise…

Cette exaltation, il va l’appuyer en évoquant le cas des étrangers qui débarquent au Congo. «…beaucoup de gens que nous appelons entrepreneurs sont arrivés comme des naufragés (…) Ils sont arrivés dans ce pays (…) peut-être avec des mallettes, et des mois après, des années après, c’est eux qui emploient des Congolais, et les Congolais se plaignent des conditions dans lesquelles ils sont employés et les traitements qui leur sont leur réservés».

Il a invité les jeunes entrepreneurs à «chercher à savoir comment, eux, ont vu ce que nous, nous ne voyons pas. Et qu’est-ce qui s’est passé pour que, eux se lèvent, pour que, par des actes concrets qu’ils ont posés, ils arrivent à transformer ce que nous ne voyons pas en opportunités qui aujourd’hui emploient nos jeunes que vous êtes». Comme pour s’appesantir sur le sujet, il ajoutera à leur attention : «Ont-ils, eux, des lunettes spéciales ? Où sont vendues ces lunettes pour que vous aussi vous puissiez vous en procurer et voir ce que eux ont vu et ont essayé de mettre en œuvre pour arriver à avoir la position qu’ils ont aujourd’hui ? Nous devons nous poser cette question-là».

C’est à ce stade de sa prestation qu’il a abordé la deuxième information. Celles des opportunités générées par l’envolée des cours des matières premières, du boom minier actuel, surtout avec des minerais stratégiques au nombre desquels le cobalt.

Que représente le Congo-Kinshasa par rapport aux métaux précieux, métaux rares dont le cobalt ? Révélation de l’orateur : «Aujourd’hui, sur douze métaux précieux considérés par l’Union européenne comme des métaux rares et qui les ont obligés à constituer des comités de crise depuis 2011, neuf sont dans ce pays». La RD Congo, c’est 90 % des réserves mondiales. C’est dire que le monde entier dépend des gisements de notre pays, et cela jusqu’à 2025, s’agissant pour les produits hi-tech notamment de la voiture électrique.

Information importante : quatre sociétés, toutes étrangères, exploitent ces métaux. Constat malheureux pour l’heure : à 83 mille dollars la tonne aujourd’hui, le cobalt génère des recettes qui ne profitent pas aux Congolais. Simplement parce que la filière se présente comme suit : extraits au Congo, ces métaux sont exportés en Chine où ils sont transformés en produits finis. La clientèle est constituée d’étrangers, Européens compris, si bien qu’au bout du compte les industries étrangères gagnent à tous les plans. Elles raflent toute la mise…

Annonce de la création du Fonds national d’investissements

Faut-il s’en plaindre ? Désormais pas «…la bonne nouvelle, c’est que nous avons appris à nous organiser en tant que pays, en tant qu’Etat, en tant qu’Institutions », a révélé Pr Néhémie Mwilanya Wilondja qui a fait état de la réforme du code minier «couverte d’un consensus au niveau institutionnel». Le sénat s’est prononcé à l’unanimité, l’Assemblée nationale dans une majorité confortable. Bientôt, la promulgation par le Président de la République.

«Quelles sont les opportunités que nous apportent ce nouveau code minier ?». A sa question, le Directeur de cabinet du Président de la République a donné la réponse appropriée : «Evidemment, il y a des résultats qui vont bénéficier à la communauté nationale en général. Le premier résultat, c’est que les recettes fiscales, administratives et autres vont certainement exploser», passant de 800 millions aujourd’hui à 2 milliards de dollars américains demain.

«Ça, c’est le résultat d’une politique qui a été menée selon la vision du Président de la République qui a tenu à ce qu’on revienne à l’équité dans ce domaine», a-t-il déclaré, ce qui aura pour finalité d’en finir avec le contraste permanent d’une population pauvre dans un pays regorgeant d’importantes ressources naturelles.

«C’est un exercice permettant au Gouvernement d’avoir les moyens de sa politique économique et sociale. Economique en dégageant les ressources susceptibles d’augmenter le budget d’investissement dans les infrastructures avec tout ce que cela va entraîner comme possibilités de donner des marchés aux entrepreneurs du 21ème siècle que vous êtes», a-t-il précisé.

La deuxième opportunité consiste à donner au Gouvernement «les moyens de sa politique sociale». L’orateur a stigmatisé au passage la propension d’une certaine opinion à croire que c’est par des augmentations de salaire et de prime qu’on parvient à enrayer la pauvreté. Certes, il n’est pas mauvais de procéder à ces améliorations dans l’Administration publique, a-t-il reconnu, «…mais aucun pays ne s’est développé avec des augmentations de salaire ; aucune population n’a vu ses conditions être transformées par des augmentations de salaire», a-t-il prévenu les jeunes entrepreneurs. Et dans le cas particulier du Congo, l’enveloppe salariale – qui absorbe aujourd’hui 57 % des recettes budgétaires – pourrait consommer près de 90 % de celles-ci dans les années à venir si des nouveaux créneaux porteurs ne sont pas explorés et exploités.

C’est ici que l’appel du Directeur de cabinet du Président de la République en direction des jeunes entrepreneurs prend tout son poids. Ces derniers doivent profiter du boom minier en s’emparant de la sous-traitance actuellement aux mains des mêmes sociétés étrangères. Les opportunités à leur portée sont dans les activités connexes comme le transport, les assurances, les fournitures des matériels et accessoires de bureau, la restauration, l’hôtellerie, le tourisme etc.

«La situation d’un pays sur le plan économique et social se transforme à travers l’augmentation de sa capacité à produire les biens et les services », a-t-il déclaré avant d’annoncer la création du Fonds national d’investissements (FNI) venant en appui au Fonds national de microfinance (FNM), structures chargées de financer des projets bancables, ceux présentés par des jeunes bénéficiant d’un traitement spécial. En mot de la fin, il a exhorté les jeunes entrepreneurs à saisir l’opportunité que leur offre le Gouvernement de la République sous l’impulsion du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange.

(Omer Nsongo die Lema/Cp)

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