«La femme ne doit pas être celle qui reste à la maison et subit les décisions politiques »

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Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe : Présidente du MNDL
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Mme Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe (voir photo) est la présidente nationale du Mouvement national des démocrates libéraux (MNDL), parti politique se déclarant de l’Opposition « constructive ». Femme leader politique de la nouvelle génération, elle vient de briser les barrières, se tenant ainsi debout, ensemble avec tous les membres de son parti le MNDL, pour valoriser la femme congolaise et faire la promotion de la jeunesse et de la femme, sous l’encadrement des aînés.

Dans le cadre de notre édition « L’Avenir Femme » de cette semaine avec comme sujet : « Femme et mobilisation des masses », nous avons donné la parole à la présidente du MNDL Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe, qui a bien voulu recevoir nos limiers à cet effet. Depuis Paris en France où elle séjourne depuis quelques jours, elle a accepté volontiers l’invitation de « L’Avenir-Femme », pour l’interview qui suit :

-L’Av. F : Que diriez-vous en guise de votre présentation ?

Ritha Ncieyi : Mme Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe a un long parcours. Originaire de la province du Kasaï central, plus précisément du territoire de Mweka. Elle a débuté sa carrière professionnelle comme déléguée commerciale et responsable chef marketing à la chaîne de télévision privée Antenne A. Puis, auditrice provinciale au gouvernorat du Kasaï Oriental, secrétaire du ministre national de l’Agriculture, Pêche et Elevage.

Elle a ensuite coordonné le projet Education et réintégration sociale dans le Nord Katanga pour le compte du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Après un bref passage comme directrice commerciale à la RTVS1, elle a été directrice superviseur régional dans les deux Kasaï (grand Kasaï) pour le compte de la société Orange Rdc. En 2006, Mme Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe était candidate à la députation provinciale pour le compte du MLC.

Elle a également travaillé au Cabinet du ministre d’état en charge du Budget, avant d’être nommée commissaire spéciale adjointe en charge des questions économiques, financières et de développement de la nouvelle province du Kasaï. Elle considère que les réalités politiques ne peuvent l’empêcher de continuer sa lutte. Mme Helen Johnson, la Présidente de la République du Liberia, est son modèle politique parmi les femmes leaders politiques.

De manière générale, comment pouvez-vous estimer la capacité de la femme leader politique congolaise aujourd’hui, dans la mobilisation des masses ?

« La femme politique ou la femme leader congolaise a la capacité de mobiliser les masses. Mais seulement, il faudrait voir comment elle évolue. Est-ce qu’elle évolue dans l’axe des femmes intellectuelles ou des femmes de la base ? En ce qui me concerne, moi personnellement et d’autres membres de mon parti politique, nous œuvrons dans tous les deux axes. Ce, depuis le « Forum des femmes pour la bonne gouvernance et le développement ».

Nous encadrons les femmes de la base et les femmes de l’élite intellectuelle. Ce qui fait en sorte que nous ayons une forte capacité de mobilisation jusqu’aujourd’hui, que ce soit de la femme ou de la jeunesse. C’est notre domaine de prédilection ou notre secteur, et nous en avons les capacités.

Mais seulement, nous remarquons avec amertume qu’il y ait des femmes leaders politiques, avec leur capacité de mobilisation, qui invitent d’autres femmes pas pour une formation, mais juste pour une raison de cause. Nous déplorons et condamnons cette utilisation de la femme, juste comme une figurante, qui vient dans des activités moyennant un transport, juste pour la réussite d’une manifestation politique.

Nous voulons que cette participation de la femme de manière quantitative, soit aussi avec des qualités à des activités où la femme s’exprime, où elle accède à la parole où elle a l’espace d’expression. Qu’elle ait étudié ou pas, l’on a toujours besoin de la femme et si elle n’a pas étudié et qu’on trouve qu’elle a des compétences, l’on l’orienter dans des cours du soir. Parce que nous avons besoin de promouvoir la femme.

Vous avez vu Mme Hillary Clinton qui est aujourd’hui candidate favorite aux Etats-Unis à l’élection présidentielle. Elle est la première femme, mais elle n’est pas la dernière. Elle ouvre la porte à toutes femmes. Et l’on a même qu’il y a cette objectivité et la volonté de faire participer les femmes, de promouvoir les femmes. Vous avez vu même avec Mme Zuma de l’Union africaine, dans ses actes, elle priorise plus la femme, la promotion de la femme. Surtout dans les questions des femmes, elle est trop sensible.

Donc, cette lignée que nous voulons. Même Mme Helen Johnson, elle était soutenue par ces femmes-là. C’est cette catégorie de femmes que nous voulons avoir dans notre pays, qui militent pour l’intérêt général. On doit reconnaître les capacités qu’il y a dans une femme, la propulser, la promouvoir ».

Quel rôle la femme leader politique congolaise a-t-elle joué lors des manifestations politiques qui ont eu lieu la semaine dernière à Kinshasa, lesquelles ont drainé des foules ?

« Moi comme présidente du Mouvement national des démocrates libéraux (MNDL), nous avons invité les femmes à venir écouter le message. Parce qu’ici, nous voulons jouer un rôle qui ramène les uns et les autres à l’apaisement. Nous voulons encourager le message qui va dans le sens de dévier ou de ne pas encourager les violences dans notre pays. Et nous avons dit que la femme ne doit pas être celle qui reste à la maison et qui subit les décisions politiques.

Nous avons voulu que cette femme se déplace, qu’elle vienne participer à ces meetings, qu’elle comprenne le message et après, nous avons essayé de discuter avec ces femmes, pour comprendre ce qu’elles ont pu retenir par rapport à ces communications et par rapport même aux messages de la jeunesse. Même par rapport aux prises de position de la Majorité présidentielle, nous voulons comprendre comment la femme appréhende, qu’est-ce qu’elle retient de plus, et qu’est-ce qu’elle envisage d’apporter comme contribution par rapport à ces points de vue qui sont divergents ».

Est-ce que vous les avez monnayées, ou était-ce un appel gratuit ?

« Non ! Pas du tout. Nous ne les avons pas monnayées parce que dans notre parti, nous ne monnayons rien. Nous invitons et les femmes et les hommes et même la jeunesse, à venir participer à des activités. Ce n’est pas une Ong comme avec le Forum des femmes pour la bonne gouvernance et le développement. Ça c’est un parti politique.

Dès le départ, nous leur disons, même aux nouveaux adhérents, que c’est un parti politique. Cela appartient à tout le monde et tout membre doit apporter sa cotisation. Même celui qui a 500 Fc ou 1.000 Fc devra contribuer, de façon à se sentir responsable et participer dans cette machine de fonctionnement du parti.

Au départ, nous n’avons même pas d’argent. Moi comme présidente, je n’ai pas d’argent à distribuer aux gens. En commençant par les membres dirigeants jusqu’à la base, chacun contribue. Pour ne pas léser les gens, chacun donne selon ses moyens. Mais au moins chacun participe même avec le peu qu’il possède ».

La suite de cette interview avec Ritha Ncieyi Tshitoko Pembe dans nos prochaines éditions.

 

(Propos recueillis par Lepetit Baende et Judith Ebondo)

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