Richard Ali : « La question de l’édition et de la diffusion fait obstacle à la promotion de l’écrivain africain »

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Figurant parmi les 39 meilleurs jeunes écrivains subsahariens âgés de moins de 40 ans révélés par l’Anthologie Africa39, Richard Ali est fondateur de l’Association des Jeunes écrivains du Congo (AJECO) et responsable de la bibliothèque du Centre Wallonie Bruxelles qui accueille, ce jour, le 1er Congrès national des jeunes auteurs congolais. En cette journée dédiée à l’écrivain africain, l’auteur du roman “EBAMBA, Kinshasa Makambo” répond aux questions à ces deux sujets :

 Quel état des lieux faites-vous de l’écrivain africain?

L’écrivain africain est là. Il vit. Il écrit. Il continue à se battre pour, comme tout citoyen, apporter ce qu’il peut dans la construction d’une autre Afrique: une Afrique souveraine, juste, qui éduque ses enfants, sécurise ses populations, promeut sa culture,…

L’écrivain africain est là. Il continue à penser et produire, même s’il ne vit pas encore  de sa plume (je parle de la majorité…).

Quelles sont ses contraintes directes ?

Il doit écrire, puis se battre après pour se faire éditer. Un vrai combat, mais alors un vrai. La question de l’édition et de la diffusion continue de faire obstacle à la promotion de l’écrivain africain et surtout de ces innombrables jeunes talents disséminés à travers le Continent.

Quelle est sa part dans le développement de l’Afrique à l’horizon en 2020?

Aucun développement véritable ne peut se concevoir sans la culture.  Et, la littérature est le noyau même de toute culture.  Allez imaginer à présent le taux ou niveau de contribution de cette personne dans ce “développement.”

« « Beaucoup de choses doivent se faire par nos États pour booster le secteur du livre » ». 

A cet horizon, quelle peut être la politique des Etats africains pour lui permettre de contribuer activement ?

Les États africains doivent sérieusement investir dans l’éducation et la culture.  C’est tout de même déplorable quand on peut encore compter à ces jours des États africains qui existent sans politique culturelle, je dirai plus sans des vraies politiques sur et autour des livres. On hésite encore à subventionner les éditeurs, les écrivains et libraires. On a de la peine à défiscaliser les importations et exportations de livres, voir les intrants à la fabrication de livres.  Beaucoup de choses doivent se faire par nos États pour booster le secteur du livre.

Est-ce que l’écrivain africain est libre?

Il y a, certes, beaucoup d’entraves à la liberté d’expression en Afrique, et surtout à l’endroit des journalistes; mais je dois noter tout de même que les écrivains africains ne sont pas trop dérangés par les politiques de leurs États en ce qui concerne par exemple la censure de leurs textes. Je pense que (un peu d’ironie…) c’est peut-être parce que de toutes les façons ces politiques ne les lisent presque pas pour ne pas dire ne les lisent pas du tout qu’alors leurs écrits, même ceux pamphlétaires, font moins mal ou arrivent à peine à déranger ces derniers dans leur confort, leur insouciance, leur barbarie.

« « Un congrès pour signifier le dynamisme de tous ces jeunes qui se démarquent sur la scène littéraire congolaise » »

Quels mécanismes à mettre en place pour que les écrivains africains inondent l’Afrique avec leurs œuvres ?  

Le pouvoir public doit soutenir ou subventionner le secteur du livre: financer la création des maisons d’édition dignes de ce nom, installer des librairies et bibliothèques dans toutes les municipalités, appuyer les initiatives privées qui promeuvent les écrivains et les livres, notamment des cercles d’auteurs, des cafés littéraires, des prix littéraires, des festivals ou salons du livres,… 

Et pourquoi organiser un Congrès des jeunes ce jour ?

A/ Un congrès, tout d’abord pour signifier le dynamisme qu’il y a maintenant avec tous ces jeunes qui écrivent et se démarquent sur la scène littéraire congolaise et à l’étranger.  Les jeunes ont beaucoup apporté durant cette dernière décennie. D’aucuns sont plus directs à affirmer haut et fort qu’il s’agit de ces jeunes-là qui, pratiquement sans soutien formel ni accompagnement réel, ont su se frayer leurs propres chemins et réveiller cette littérature nôtre qui était plongée dans une léthargie sans nom.

Nous avons justement estimé qu’il fallait à tout prix leur donner la possibilité de s’exprimer d’une même voix dans un premier congrès du genre afin de partager des expériences et trouver ensemble des voies et moyens pour continuer à promouvoir la littérature congolaise !

 

(Onassis Mutombo)

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