Révélations et contradictions à la prison militaire de Ndolo: Les terroristes Kamwina Nsapu aux abois

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Comme convenu, l’audience foraine du Tribunal de Garnison de Kinshasa/Gombe s’est déroulée hier jeudi dans l’enceinte de la prison militaire de Ndolo. A la barre, trois personnes (Nambu Katapa Anny, Kapinga Bwanya Fatou et Mashakale), accusées toutes des mêmes infractions, dont la première n’est autre que le terrorisme. Face à un renseignant, agent de police de son état venu en renfort à ses collègues qui ont été attaqués à la 11ème rue en face de la permanence de l’UDPS, dans la nuit du 08 au 09 mai 2017,  les prévenus sont restés dans leur stratégie de tout nier. C’est ce qui a poussé le Professeur Nyabirungu, avocat de la partie civile Rdc,  à penser que les avocats de la défense ont choisi la meilleure stratégie possible pour assurer, le moment venu, la bonne défense, et garantir aux accusés le bénéfice de toutes les assurances judiciaires, éventuellement jusqu’à l’acquittement. Ils sont maîtres de leur stratégie de défense et il n’est pas question pour la partie civile de s’en mêler. L’affaire a été renvoyée à mardi 06 février 2018.

A la prison militaire de Ndolo, située sur l’avenue Flambeau dans la commune de Barumbu, le procès qui oppose le Ministère public aux présumés terroristes Kamwina Nsapu évolue sans désemparer. Et ce, en dépit du fait que les prévenus sont fidèles dans leur stratégie, qui consiste à tout nier. Mme Nambu Katapa Anny, qui a fait une vingtaine d’années dans l’UDPS et s’occupait de la sécurité à la permanence de ce parti politique de l’opposition, ne reconnait rien de tout ce qui s’est passé cette nuit-là. Voilà qui permet d’en savoir un peu plus sur la personnalité de la prévenue.

Dans le souci d’une bonne instruction du dossier, la défense a demandé au Ministère public dans quel intérêt la Rdc poursuit une partie avec laquelle le Gouvernement s’est réconciliée ? Et l’organe de la loi de rétorquer que les faits dont il est question n’ont jamais fait l’objet d’amnistie. Il a rappelé à l’intention de la défense le principe du contradictoire, mais aussi les arrêts rendus par la Cour Suprême de Justice. Pour le magistrat Limbaya, le principe de contradictoire permet que les prétentions, et les moyens de preuve présentés par l’organe de la loi fassent l’objet d’un débat au cours du procès. Ceci ne signifie pas que le prévenu doit  interroger le Ministère public. Pour lui, les avocats doivent poser des questions aux prévenus, pour démontrer leur innocence ou solliciter les circonstances atténuantes. Les questions doivent tourner autour des faits posés par les prévenus. Le président du Tribunal est vite intervenu pour rappeler que le prévenu ne peut pas poser de questions directement au Ministère public. Il le fait via le Tribunal et il a conseillé aux uns et aux autres d’éviter des questions philosophiques.

Par la suite, la défense a voulu savoir où se trouve l’arme du crime, la machette. Et le Ministère public de dire que la défense soulève une question au niveau des objets saisis. Elle vous reproche (le Tribunal) de vous contenter des procès verbaux. A ce jour, le prévenu et sa défense sont dans l’incapacité de démontrer le contraire, rétorque-t-il. Et de renchérir que les procès verbaux contiennent des aveux (article 75 du code de procédure pénale).

Pour la deuxième prévenue, Kapinga Bwanya Fatou poursuivie pour les mêmes faits, elle a reconnu que les biens saisis comme un ordinateur, un lit de couchage de type militaire ainsi que le procès verbal de saisie lui appartiennent. Confrontée à ses co-prévenus : Manzanga et Kabangu, Kapinga dira qu’elle a aussi été violée. Un argument de désespoir, à en croire le Ministère public. « Elle a commencé à expliquer les faits, nulle part elle n’a parlé de viol. Se trouvant coincée, elle tombe dans la facilité. Sinon, si elle a été violée, elle devait faire cette déclaration devant le Tribunal », explique-t-il.

Répondant à une question de la défense, sur une prétendue Chantal qui avait transporté à moto Ne Mwanda Nsemi, le Ministère public répond que le Tribunal n’est pas saisi des faits en charge de Ne Mwanda Nsemi ni de Mme Chantal (article 251 du Code judiciaire militaire). S’il s’avère que les deux personnes peuvent apporter un éclairage, le Tribunal fera une réquisition quant à ce. L’organe de la loi a aussi réagi aux propos de la défense qui fait allusion à l’incendie du siège de l’UDPS. Pour lui, par honnêteté scientifique, la défense devait aussi parler de l’incendie du siège du PPRD ou du CNC. C’est donc une diversion, et c’est son prévenu qui connait avec certitude les membres du groupe terroriste Kamwina Nsapu.

Mme Mashakale était déjà à la barre lors de l’audience passée, il fallait tout simplement la confronter à un renseignant, M. Batetela, un policier de son état, venu avec sa jeep dans la nuit du 08 au 09 mai 2017 en renfort à ses collègues qui ont été attaqués. « Nous étions 7 personnes dans la jeep et dans le noir ; j’ai aperçu une fille dont l’une avec un manteau noir. Comme il faisait très noir, j’ai ordonné qu’on allume les phares de la jeep à 100% et j’ai aperçu un groupe de gens. Ils ont tiré sur nous et n’ayant pas d’armes, nous avons replié », a indiqué le renseignant. Et l’organe de la loi de préciser que le renseignant vous a dit qu’il était de service la nuit du 08 au 09 mai 2017. Il est intervenu dans le cadre de ses attributions, parce qu’averti par un autre policier. Les renseignements donnés corroborent avec ce que Mashakale et Nancy ont raconté devant les enquêteurs.

La défense est prévenue

Pour le défenseur judiciaire de la défense, Me Koko Dunia, le policier appelé à intervenir a trouvé l’obscurité totale. Il a allumé les phares à 100% et aperçu un groupe de gens. Il pense que la personne cagoulée qu’il a vue était Edo, par rapport à la morphologie. Et pourtant, qui dit morphologie, dit visage.

De son côté, le Professeur Nyabirungu, avocat de la partie civile Rdc explique que nous sommes dans une phase nécessaire  de la procédure pénale où l’instruction  consiste à reconstituer les faits tels qu’ils se sont passés.  C’est pour cela que le président du Tribunal ne cesse  d’insister à l’intention de toutes les parties qui veulent intervenir, de poser des questions aux prévenus sur les faits. Les réponses des accusés sont consignées sur des feuilles d’audience. Ils sont assistés par leurs avocats qui peuvent les aider, les encadrer, les compléter dans leurs réponses. C’est cela qui détermine que la procédure avance dans la sérénité.

Face à l’attitude de la défense qui consiste à tout rejeter, Nyabirungu précise qu’il est avocat de la Rdc.  « Je ne suis pas avocat de la défense. J’espère que les avocats de la défense ont choisi la meilleure stratégie possible pour assurer, le moment venu la bonne défense, assurer aux accusés le bénéfice de toutes les garanties judiciaires, éventuellement jusqu’à l’acquittement. Ils sont maîtres de leur stratégie de défense et il n’est pas question pour la partie civile de s’en mêler », dit-il.  A l’en croire, le temps de la plaidoirie n’est pas encore là. Tous ceux qui prennent des conclusions  sur la valeur des preuves, anticipent un peu trop vite. Ils courent plus vite que la musique, parce que le temps de la plaidoirie viendra, le temps du réquisitoire viendra, et ce n’est pas le moment !

Quant à Me Mbombaka, avocat de 12 parties civiles : « nous devons d’abord savoir  que cette attaque avait eu lieu la nuit, à 3 heures du matin. Et demander à une  personne qui intervient de reconnaitre la figure d’une personne à 3 heures du matin, ce n’est pas la réalité des choses.  Les  éléments concordants à la manifestation de la vérité ont été étayés et revus. La personne qui a comparu en qualité de renseignant et les deux parties civiles sont tous des balubas. Si ce n’est pas pour la vérité, vous imaginez ces personnes du même clan venir témoigner contre leur frère ? C’est effectivement là l’importance du débat. Ça démontre que ces gens ont été tabassés et ils ont l’avantage de venir se plaindre, pour que ces personnes soient sanctionnées », martèle-t-il.

(JMNK)

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