Retard dans la mise en œuvre du dialogue « Pas de manœuvre dilatoire de la part du Gouvernement »

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Léonard She Okitundu, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, conduit une importante délégation gouvernementale au Conseil de sécurité des Nations Unies. Tout en prenant acte du rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République Démocratique du Congo et dans la région, et de son rapport présenté successivement par MM. Said Djinnit, Envoyé Spécial du Secrétaire général dans la Région des grands Lacs et Maman Samba Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général en République Démocratique du Congo.

Mais pour des raisons d’éclaircissements, il lui a semblé important de revenir sur un certain nombre de points abordés par ces rapports, plus particulièrement sur ceux portant sur la situation politique, le processus électoral, la situation sécuritaire, la situation des droits de l’homme et le dialogue stratégique entre le Gouvernement et la MONUSCO.

Concernant la situation politique, il a expliqué comment la classe politique congolaise dans son ensemble, ainsi que les forces vives de la Nation, ont exprimé un légitime besoin d’un dialogue national inclusif pour faire face à la crise sociopolitique que traverse la Rdc. C’est dans ce contexte, que le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a convoqué, en date du 28 novembre 2015, le Dialogue Politique National Inclusif après 8 mois de pourparlers préliminaires avec l’opposition politique. Ce Dialogue a produit deux accords, dont l’un signé le 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine, sous la facilitation de l’Union Africaine, et l’autre signé le 31 décembre 2016 au Centre Interdiocésain de Kinshasa sous les auspices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).

En évaluant les deux Accords, force est de constater que les mêmes questions soulevées à la Cité de l’Union Africaine, l’ont également été au Centre Interdiocésain de Kinshasa lors de l’Accord du 31 décembre 2016 et ont obtenu des réponses identiques. Il s’agit notamment de : l’engagement de toutes les parties à respecter scrupuleusement la Constitution et les lois de la République ; L’affirmation de la continuité de l’Etat et des Institutions de la République ; La  désignation d’un Premier Ministre issu de l’opposition politique ; La création d’une structure de suivi de l’Accord ; L’organisation des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence ; Le calendrier électoral ; La reconnaissance de la CENI comme pouvoir organisateur des élections. Comme pour dire que la situation politique est actuellement dominée par la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016, ainsi que la finalisation de l’Arrangement particulier.

 

Deux positions antagonistes

A ce stade, constate She Okitundu, deux points de divergence restent à régler pour l’application de l’Accord du 31 décembre. Il s’agit de la question sur la procédure de présentation du candidat Premier ministre ainsi que celle du remplacement du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord. Cet Arrangement particulier concerne notamment la désignation du Premier ministre, la formation du Gouvernement, la mise en place du Conseil National de Suivi de l’Accord, le chronogramme de la mise en œuvre de l’Accord, la redynamisation de la CENI et le renouvellement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication. S’agissant de la nomination du Premier ministre, le Rassemblement est appelé à présenter une liste comportant au moins trois noms des candidats à ce poste parmi lesquels le Chef de l’Etat aura à en nommer un, conformément à l’article 78 de la Constitution.

Pour ce qui est du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord, celui-ci avait été désigné par consensus. Il devrait en être de même pour son remplacement qui devra se faire de manière consensuelle. Etant donné que le Président du Conseil National de suivi de l’Accord devra provenir de l’opposition, le Gouvernement exhorte cette dernière, plus particulièrement le Rassemblement, à surmonter ses dissensions actuelles afin de se mettre d’accord sur la personne du candidat qui devra remplacer le défunt Tshisekedi. Le Gouvernement tient à rassurer au Conseil qu’il n’existe aucune manœuvre dilatoire de sa part de nature à retarder la mise en œuvre de l’accord. Le retard que connait le processus est dû à des circonstances objectives, plus particulièrement le décès de M. Tshisekedi qui a poussé la CENCO à suspendre les travaux. Toutefois, le Gouvernement reste convaincu qu’avec la reprise des négociations le 16 mars 2017, les parties finiront par trouver un heureux dénouement à ces points de divergence.

S’agissant des élections, dans son allocution de fin d’année à la Nation, le 31 décembre 2016,  le Président de la République s’est dit déterminé à poursuivre le processus déjà engagé pour l’organisation des élections. A cet égard, le Gouvernement s’emploie à réunir les moyens nécessaires pour subvenir aux besoins de la CENI.

Dans cette optique, il a informé au Conseil de sécurité que les opérations de révision du fichier électoral entamées en juillet 2016 se poursuivent sans désemparer à travers les différentes provinces du pays. A ce sujet, il y a lieu de préciser que sur les 25 provinces + la Ville de Kinshasa qui composent le pays, 13 sont déjà couvertes par ces opérations. La CENI a déjà aussi procédé au déploiement du matériel électoral dans les 13 provinces restantes. Ainsi, au jour d’aujourd’hui près de 20 millions d’électeurs sont déjà enrôlés sur un peu plus des 41 millions attendus pour l’ensemble du territoire national.

Dans cette perspective, le renouvellement du mandat de la MONUSCO, doit prendre en compte les attentes du peuple congolais dont le souhait le plus ardent est de voir les forces négatives et les différents groupes armés qui écument la partie Est du pays, être totalement éradiqués. Pour y parvenir, il est impérieux de renforcer l’efficacité opérationnelle des forces onusiennes, en priorité la Brigade spéciale d’intervention pour qu’elle soit en mesure d’accomplir, comme il se doit, la mission pour laquelle elle a été mise en place, mission qu’elle avait si bien remplie au début de son mandat. Le renforcement de l’efficacité doit s’accompagner : de l’ajout, au besoin d’une deuxième unité de Brigade spéciale d’intervention ; de la dotation en moyens et équipements appropriés pour combattre d’une manière efficace les menaces asymétriques vécues sur le terrain ; d’une meilleure collaboration et partage d’informations avec les FARDC, notamment celles provenant des drones.

 

D’autres questions

A travers She Okitundu, le Gouvernement a condamné l’activisme militaire des ex-rebelles  du M23 et en appelle à l’attention du Conseil pour que des sanctions soient envisagées à leur endroit, conformément à la décision prise par les Chefs d’Etat des pays signataires de l’Accord-cadre lors de la 6ème réunion de haut niveau du Mécanisme régional de suivi dudit Accord. Par ailleurs, la Rdc déplore la duplicité et le manque de coopération franche de certains pays voisins dans la résolution de ce dossier. C’est la raison pour laquelle il prie le Conseil de les inviter à s’en tenir au respect des engagements auxquels ils ont librement souscrits aux termes de l’accord cadre, à  les traduire en actes et à trouver des solutions politiques aux obstacles qui empêchent le rapatriement de ces ex-rebelles.

« Concernant les deux experts du Conseil de Sécurité dont on a perdu les traces au Kasaï, le Gouvernement déplore cette disparition préoccupante et s’engage à tout mettre en œuvre pour en savoir davantage. A l’heure actuelle, apprend-t-on, les forces de sécurité de mon pays poursuivent activement les recherches en collaboration avec la MONUSCO pour retrouver leurs traces », signale She Okitundu.

Au regard de la tendance baissière des violences sexuelles, le Gouvernement estime nécessaire désormais qu’un dialogue profond soit engagé avec les Nations Unies pour faire sortir la RDC de la liste des pays indexés pour viols. Dans ce même ordre d’idées, le Gouvernement a mené une forte lutte contre le recrutement d’enfants dans nos forces armées. Ces efforts ont été attestés par un audit réalisé en 2015 par une firme indépendante suédoise « Mo Consult », en collaboration avec l’UNICEF, lequel a confirmé l’absence d’enfants au sein de notre armée. Au regard de ces résultats, le Gouvernement demande également le delistage de la RDC de la liste des pays dont les armées recrutent et utilisent en leur sein les enfants.

« La situation dans les Kasaï nous inquiète »

En marge de la réunion du Conseil de sécurité, l’Ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre, à une question sur la situation dans les Kasaï, s’est dit inquiet. « La situation sécuritaire en Rdc, de manière générale, dans l’Est, dans les Kasaï, et d’autres régions, nous commande d’être très vigilants. C’est pour cela que j’indiquais que nous étions ouverts à toute négociation visant à réformer la Monusco dès lors que sont respectés les deux objectifs prioritaires que nous poursuivons : la protection des civils et la préparation des élections, et donc la préparation de la transition politique qui est en cours », dit-il, avant d’ajouter que par rapport à ces deux objectifs clés, on en peut pas transiger, ou alors on ne croit plus aux Nations Unies. C’est avec cette boussole que la France est engagée dans cette négociation, qui se déroule dans un bon esprit mais avec une vraie vigilance et un vrai sens de responsabilité par rapport à cet immense pays au cœur de l’Afrique, dont la stabilité est clef pour lui-même et pour l’ensemble de la région. Donc, on ne peut pas jouer avec le feu s’agissant d’un enjeu aussi important. C’est pourquoi la négociation, encore une fois, est importante, se déroule dans un esprit mais appelle notre engagement et notre vigilance.

(JMNK)

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