Répondant aux préoccupations soulevées par les députés nationaux. Henry Yav Mulang précise : « La RD Congo n’est pas seulement importatrice, mais aussi exportatrice… »

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C’est la teneur même de sa plaidoirie à l’Assemblée nationale, hier mardi 31 mars 2015, consécutive à sa réponse aux préoccupations soulevées lors du débat engagé sur le Projet de loi modifiant et complétant, l’ordonnance-Loi n° 11/2012 du 21 septembre 2012 instituant un nouveau tarif des droits et taxes à l’importation. Au regard des inquiétudes soulevées par les élus du peuple, une liste de 81 produits a été déposée au bureau de l’Assemblée nationale. Il s’agit des produits que la Rd Congo doit exporter vers le COMESA (Marché Commun de l’Afrique de l’Est et de l’Australe).

Henry Yav Mulang a calmé la tempête et inquiétudes sur la capacité de la RD Congo à pouvoir tirer profit de son adhésion à la Zone de Libre Echange. Ce qui constitue une première par ce pays au regard de la fragilité relative actuelle de l’état de son économie.

La question qui se pose est de savoir si aujourd’hui la RD Congo est prête à relever ce défi de l’intégration, étant donné sa position géographique, parce qu’appartenant déjà à différents blocs régionaux, tels que la SADC, la CEEAC, le COMESA et la CEPGL ? L’argentier congolais a indiqué d’emblée qu’après avoir plusieurs fois sollicité et obtenu des moratoires, la RD Congo, à travers le leadership du Chef de l’Etat, a depuis le dernier Sommet du COMESA tenu à Kinshasa, levé l’option de franchir le Rubicon et de concrétiser son adhésion à la ZLE. « Cette zone de libre échange du COMESA n’est du reste, rappelons-le, qu’une étape avant, d’une part, l’instauration de la Zone de Libre Echange Tripartie COMESA-SADC-EAC, dont l’avènement est prévu pour le mois de juin 2015 et, d’autre part, le lancement en 2017 de la Zone de Libre Echange Africain, à l’échelle du Continent », a rappelé l’argentier de la RD Congo.

Henry Yav Mulang a rappelé à l’intention de l’Auguste plénière que sur les 15 Etats sur les 19 membres du COMESA, quatre retardataires notamment l’Ouganda, l’Ethiopie, l’Erythrée et la RD Congo ont adhéré avant le 31 décembre 2014 et que les 15 ont tout simplement mis en avant les bénéfices qu’ils pouvaient tirer, à plus ou moins long terme, de cet espace économique, plutôt de s’en tenir aux gains immédiats à retirer ou aux pertes à court terme à subir, du fait de leur adhésion.

Les avantages de la RD Congo à l’adhésion

A ces avantages, on peut relever la réduction des coûts des affaires, grâce aux économies d’échelles réalisées sur le marché plus vaste, l’ouverture à un marché de 340 millions des consommateurs, appelé à s’élargir et à atteindre dans le cadre de la Tripartite COMESA-SADC- EAC 645 millions de clients potentiels, les opportunités d’affaires et d’investissements pour leurs opérateurs économiques, sans oublier l’attractivité de l’investissement direct étranger.

En plus de ces avantages, la RDC pourra également bénéficier, comme d’autres Etats membres, des avantages et programmes suivants, susceptibles de contribuer au développement de son économie. « Il s’agit notamment du régime simplifié de commerce, qui fait profiter aux petits commerçants frontaliers des préférences commerciales du COMESA, de la possibilité de faire financer ses micro, petites et moyennes entreprises par le Fonds créé à cet effet par le COMESA, de la possibilité d’avoir accès aux financements des projets intégrateurs, dont ceux relatifs à l’énergie et au transport des mesures de facilitation du transit des marchandises et enfin de la possibilité de bénéficier des programmes relatifs à l’agriculture et à la sécurité alimentaire du COMESA », a soutenu Henry Yav Mulang.

C’est à juste titre que le patron des Finances congolaises a apaisé les esprits des élus du peuple quant aux risques encourus. Seuls le Burundi et le Rwanda ont connu, au cours d’un exercice budgétaire, une baisse des recettes, qu’ils ont pu compenser, grâce au Fond mis en place à cet effet par le COMESA.

Il est vrai que l’intégration économique nationale doit aller de pair avec l’intégration régionale, l’une n’excluant pas l’autre, afin de permettre à l’économie congolaise de s’offrir des marchés plus vastes tant à l’intérieur que dans sa région au niveau du continent. « Les immenses potentialités agricoles, minérales, hydroélectriques, même peu exploitées à ce jour dont dispose notre pays, constituent des atouts qui peuvent, au contact des expériences des autres pays du COMESA, le propulser aux premières places sur l’échiquier régional », a précisé Henry Yav Mulang, avant d’ajouter que c’est à nous de transformer les faiblesses actuelles de notre économie en atouts de demain et de démontrer que les avantages comparatifs ne sont pas éternels. Car, dit-il, ce qui nous est aujourd’hui défavorable peut demain devenir un atout, une force pour nous.

Quant à l’amélioration du climat des affaires qui passe par la suppression de toutes les taxes illicites, l’harmonisation entre celles perçues par le pouvoir central et celles levées par les provinces, par l’application sans faille des mesures limitant le nombre des services intervenant dans les circuits des échanges…par la suppression des tracasseries administratives et par le renforcement de la sécurité juridique et judiciaire des investissements, nationaux comme étrangers, le ministre des Finances a indiqué devant la représentation nationale qu’il s’apprête à présenter deux projets de Loi modifiant et complétant les ordonnances-Loi portant nomenclature des taxes à percevoir à l’initiative du pouvoir central et des provinces, à cause de la double instauration de la perception de même taxes.

La crainte élucidée

Sur les 577 produits sélectionnés par la RD Congo à raison de la concurrence des produits importés originaires de l’espace COMESA sur son marché, aucun produit n’est concerné par le démantèlement tarifaire et donc continueront à subir des droits de douane au taux en vigueur, protégeant du coup la production locale.

C’est sur ce chapitre que le ministre des finances a abordé les questions liées à l’incidence sur les recettes douanières ; la protection de la santé de la population, le caractère nocif des produits pour la santé des consommateurs, la protection du marché national contre les importations des produits susceptibles de désorganiser la production nationale des produits sur lesquels la RD Congo a un avantage comparatif, ou dont l’industrie est naissante, et enfin le caractère stratégique du point de vue sécuritaire.

« Quant à l’estimation de la perte de 1,8% issue de l’étude du COMESA calculée sur le montant prévu au budget 2015 des droits de douane de 765 milliards 275 millions 996 mille 771 franc congolais, elle se chiffrerait, à la mise en œuvre de la première tranche du démantèlement de 40%, à 5 milliards, 509 millions 987 mille 176 franc congolais, soit 0,72% du total des recettes douanières prévues au Budget 2015 », a-t-il rassuré. Et de préciser également qu’étant donné que, jusque fin mars 2015, la loi ne sera certainement pas encore promulguée, la perte éventuelle pour l’exercice budgétaire en cours sera davantage moindre.

Partant de l’argumentaire soutenu par le ministre des Finances, la RD Congo n’est pas un simple marché de consommation, un déversoir des produits originaires des autres états membres du COMESA, Henry Yav Mulang Hr00 Henry Yav a rassuré la représentation du peuple que la RD Congo reçoit très peu de produits en provenance du COMESA, puisque les principaux fournisseurs étant les pays d’Europe occidentale, la Chine et l’Inde. « En tout état de cause, la production intérieure de la plupart des pays du COMESA, tels le Burundi, le Rwanda, le Djibouti, le Malawi, le Zimbabwe, le Swaziland, l’Erythrée….n’étant pas importante, il n’y a vraiment pas de crainte à une invasion de notre marché par les produits en provenance de ces pays. Par ailleurs, la RD Congo n’est pas qu’importatrice, elle exporte aussi vers les pays du COMESA, au regard de la liste de 81 produits exportés par la RDC vers les autres Etats du COMESA », a calmé Henry Yav Mulang.

Partant de cette affirmation, tous pays membres du COMESA qui s’aviserait à refuser aux Congolais d’investir ou d’ouvrir un commerce sur son sol, le Congo de Joseph Kabila Kabange réservera le même traitement aux ressortissants de ces pays. Cela ne devrait pas empêcher les hommes d’affaires de prendre des risques et de conquérir de nouveaux marchés, a-t-il martelé.

(Pius Romain Rolland)

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