Remplacement d’E. Tshisekedi à la présidence du CNSA, A. Atundu : « Son choix dépendra de la capacité du Rassemblement à maîtriser les paradoxes internes »

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Personnalité transcendante de la classe politique congolaise, c’est grâce à son accord qu’une reprise du dialogue politique sous l’égide de l’Eglise catholique a été possible, bien sûr aussi avec la caution de la Majorité au pouvoir. Sa mort risque-t-elle d’avoir des conséquences négatives sur le processus électoral? La mort de l’opposant congolais Etienne Tshisekedi le 1er février 2017, d’une embolie pulmonaire, risque-t-elle d’avoir des conséquences négatives sur le processus électoral en RDC? C’est la question centrale de la nouvelle édition de l’Arbre à Palabre de la radio allemande Deutsche Welle du vendredi dernier, qui a connu trois invités. Il s’agit d’Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité Présidentielle et Justin Kankwenda, économiste et politologue, fondateur et directeur général de l’Institut de recherche scientifique (ICREDES).

A la question de savoir, comment va se faire le remplacement d’Etienne Tshisekedi, d’autant plus que sa nomination à la présidence du Conseil national de suivi de l’accord l’a été in tuitu personae. Selon André-Alain Atundu, son remplacement dépendra de la capacité du Rassemblement à maitriser ses ambitions internes pour présenter à la Majorité Présidentielle  un candidat compatible qui puisse avoir le consensus de tout le monde comme ce fut le cas avec E. Tshisekedi. Plus concrètement, il pense que cela dépendra de la capacité du Rassemblement à maîtriser les paradoxes internes. S’ils sont capables de nous donner quelqu’un capable de réunir le consensus, tant mieux, insiste-t-il.

Pour Augustin Kabuya, si on en est arrivé là, c’est par manque de sincérité des membres de la Majorité Présidentielle. Parce que selon lui, depuis la signature de l’accord, ils ont multiplié des obstacles. En ce qui concerne la disparition d’Etienne Tshisekedi, il explique que l’accord prévoit que la présidence revienne à Etienne Tshisekedi. Et selon la tradition africaine, on ne peut pas aborder les problèmes de succession pendant que le corps est encore là. Nous sommes étonnés des commentaires de certains amis de la Majorité Présidentielle  qui veulent même remettre en cause l’accord.

Augustin Kankwenda constate pour sa part qu’il y a toujours ce climat de se jeter la balle. Il avoue n’avoir pas suivi quelque chose de constructif. Il s’est d’abord incliné devant la mémoire de cet homme qui vient de nous quitter. Et d’ajouter que c’est vrai qu’il était porteur des aspirations du peuple pour la démocratie. Est-ce qu’il y aura un remplaçant ? Il a fustigé l’attitude de la Mp qui exige un candidat compatible. Il fustige cette attitude de la MP qui vise à fissurer le Rassemblement et l’UDPS pour qu’elle ait quelqu’un de compatible.

Quels critères ?

Et Atundu d’expliquer au Centre Interdiocésain, Etienne Tshisekedi ne s’était pas imposé. On a discuté et on s’est mis d’accord que ça soit lui qui mettra sa longue expérience au service de la nation. Malheureusement, le président du CNSA est partie par la volonté du Seigneur. Est-ce qu’il ya quelqu’un d’autre qui remplit les mêmes conditions ? Il a rappelé que le MLC avait l’ambition d’occuper ce poste. C’est suite à l’intervention du président de la République que le MLC avait renoncé. Et de souligner qu’à la MP, il veut avoir quelqu’un vite à ce poste, parce que c’est un élément important pour la suite du processus.

Justin Kankwenda dit avoir des craintes, d’une part parce que pour le suivi des négociations comme de la mise en œuvre de l’accord, la MP voudrait s’en tenir à son chronogramme de l’accord du 18 novembre 2016. Et ce, pour que Joseph Kabila continue à être au pouvoir jusqu’en 2018. Tshisekedi était porteur d’un flambeau. Il y a un de ces grands héritages, celui d’avoir sorti le peuple de la peur, à se prendre en charge. On peut couper la tête d’un monstre, d’autres vont commencer à apparaitre, dit-il.

Le porte-parole de la MP ne s’est pas prié, lorsqu’il a soutenu que la sincérité de la MP quant à la tenue de l’échéance électorale n’est plus à démontrer.  En tout état de cause, supposons que ces craintes soient justifiées, je n’ai pas entendu la voie officielle de la MP qui remet en cause cet acte. A l’issue des discussions de la CENCO, nous avons convenu que les élections seront organisées en 2017, et nous n’avons pas encore mis en cause cela. L’accord dit que la CENI et le Gouvernement ont la mission d’examiner régulièrement le processus électoral pour être à l’abri. Je ne vois pas où est-ce qu’il y a la mauvaise foi de la Majorité Présidentielle. Et d’ajouter que Joseph Kabila s’est exprimé plusieurs fois sur son avenir. La dernière fois, c’est au Congrès où il a dit que la constitution sera respectée. Donc, la présence de Kabila au pouvoir jusqu’en 2017 n’est pas du fait de l’accord, mais c’est pour assurer la continuité de l’Etat et cela est aussi le cas pour les députés et sénateurs.  Le peuple sait qui en ce moment, la MP veut assurer la réalisation du processus électoral consensuel et effectif. Pour preuve, elle a  levé la réserve sur l’accord, pour cause d’inclusivité.

(Jean-Marie Nkambua)

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