Relance de la SNCC et de ses voies ferroviaires, la situation des Lac

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Justin Kalumba et Louise Munga pour la mobilisation des moyens conséquents

En fait, depuis 40 ans, la circulation sur les voies ferrées a été purement et simplement abandonnée à son triste sort de façon collective par l’Etat congolais. Il s’agit donc d’une faillite dont la responsabilité est générale. Pour sa relance, les ministres des Transports et du Portefeuille exigent l’implication du Sénat, lors de l’analyse du budget, pour que les moyens conséquents soient mobilisés.

Le Sénat, au regard des arguments avancés par les ministres invités, notamment Justin Kalumba Mwana Ngongo des Transports et Voies de communication et Louise Munga Mesozi du Portefeuille, pour la création de la nouvelle compagnie aérienne dénommée Congo Airways, puis la dissolution et liquidation des Linges Aériennes Congolais, n’ont pas convaincu le Sénat.

La qualité et la quantité des questions confortent l’importance du transport pour une nation et celle du secteur ferroviaire pour l’ensemble des citoyens que le Sénat représente.

En effet, lors de son allocution de mercredi 13 mai dernier, le ministre avait axé son propos du l’historique de la SNCC et du secteur ferroviaire de la RD Congo en général, qui du reste ne constitue pas un aveu d’impuissance, ni une consécration de l’inaction. « Bien au contraire, votre gouvernement, à travers le ministère des Transports et voies de communication, fonctionnant en mode d’action perpétuelle, ce rappel historique faisait en réalité partie d’une réflexion profonde, à laquelle je voudrais convier cette auguste assemblée, dans le but de dégager des solutions innovantes et profondes pour notre secteur ferroviaire, combien crucial pour notre économie ».

Les préoccupations soulevées par l’initiateur de la question orale

Comment envisager résoudre de manière durable une problématique vieille de plus de 40 ans si l’on ne fait pas une analyse historique profonde? Pour le ministre des Transports, comment un médecin, si compétent et aguerri qu’il soit, peut-il envisager une thérapeutique adéquate face à un malade présentant un cancer en stade terminal, sans en avoir soigneusement établi l’histoire de la maladie ?

« Au regard du contexte catastrophique de notre secteur de transport ferroviaire, au regard des attentes à la fois de nos populations et au regard de notre économie, et de nos ambitions en tant que nation, que cette problématique nécessite quelques instants d’arrêt, de réflexion profonde, pour comprendre les vraies causes de la dégradation de ce secteur, en dépit de récents et considérables efforts fournis par le Gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange », a convié le ministre aux sénateurs, tout en étant convaincu que, dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, les mêmes causes finissent par produire les mêmes effets. « Je crois fermement que seule cette approche pragmatique, analytique et méthodique, relevant et impactant toutes les causes de la faillite de notre secteur ferroviaire, permettra la mise en route d’une vraie et profonde réforme dont j’ai l’honneur de vous esquisser les grandes lignes », indique-t-il.

De la politique générale des transports

Pour comprendre la politique du Gouvernement en matière de transport en général en RD Congo, il convient de bien garder à l’esprit la place que le Chef de l’Etat et son gouvernement accordent à ce secteur, souligne le ministre Justin Kalumba. Pour rester dans la métaphore médicale, le ministre considère que le secteur des Transports, avec ses différentes voies de communication qui impliquent différents modes ferroviaires, routier, aérien, fluvial, lacustre, maritime, est pour la RD Congo ce que sont les veines et artères dans un corps humain.

« Autant que celles-ci jouent le rôle vital de pouvoir permettre le transport et les échanges des nutriments à travers le corps tout entier, autant les voies de communication sont indispensables à la croissance économique de tout pays », indique-t-il, en soulignant que cette réalité est d’autant vraie que, si nombreuses et scandaleuses que soient nos ressources naturelles, le transport s’impose et s’interpose pour mobiliser les investisseurs d’un lieu à l’autre, pour déplacer l’outil de travail vers les sites de production, pour évacuer les produits agricoles, miniers ou forestiers vers les lieux de consommation ou de transformation, ou encore d’exportation. Ainsi donc, le secteur des transports constitue pour toute nation, le moteur des moteurs de la croissance économique et justifie la place centrale que lui consacre le gouvernement de la République.

Les défis à relever dans le secteur des transports

Avant tout, il faut tenir compte de la taille géographique de la RD Congo, soit avec une superficie de 2.345.000 Km, un sous-continent qu’il faut desservir dans ses coins et recoins. En plus, il faut tenir compte des voisins qui entourent le pays.

Il en va de même de l’insuffisance des modes de transport opérationnels en ses doubles termes de qualité des moyens de transport et en termes de leurs quantités. Cette insuffisance affecte de manière particulière la célèbre trilogie constituée par les infrastructures de transport, les équipements de transport et l’homme comme personnel exploitant ou agent de surveillance. « Notre politique générale dans ce secteur vise à impacter la trilogie infrastructure-équipements-homme de manière à restaurer, dans un premier temps, le tracé colonial qui visait déjà les mêmes points maritimes, avant de dessiner, dans un second temps, un tracé modernisé, intégrant les évolutions économiquement administratives récentes de notre pays », note le ministre.

En termes d’infrastructures, reprenant ce tracé qui avait déjà consacré l’alternance et la complémentarité entre la voie fluviale et la voie ferrée, la politique du gouvernement consiste donc à restaurer cette boucle internationale bi-modale des transports, avec cette recherche constante de la mer,

La relance de la voie aérienne et fluviale

Au-delà de ce tracé colonial, souligne le ministre des Transports, que le gouvernement s’attèle à restaurer, il s’agit de poursuivre une politique de développement des modes de transport alternatif sur les rivières navigables, les routes et même très prochainement la voie aérienne, avec le lancement de Congo Airways, la compagnie nationale. « Quant aux équipements de transport, le Gouvernement travaille avec assiduité, en vue de permettre la continuité de la chaine logistique sur tous les trajets de la boucle multimodale de transports », a dit le ministre des Transport, en précisant que c’est dans ce cadre qu’il convient de situer les efforts consentis, notamment pour l’acquisition des locomotives et d’autres matériels roulants en faveur de la SNCC, la réhabilitation et la remise en service des grands bateaux comme ITB/Kokolo ou le MS Gungu, et le lancement d’un programme de renouvellement de la flotte fluviale, avec la formation du personnel, à l’imitation du programme « Esprit de vie ».

Enfin, la vision du Gouvernement dans ce secteur place l’homme ou centre de cette trilogie, en ce que c’est lui qui exploite et/ou surveille l’exploitation de tous ces équipements sur les voies de transport. « Un programme de rajeunissement et de renouvellement du personnel qualifié, mais dont la moyenne d’âge dépasse les 50 ans dans la plupart de nos compagnies de transport, s’est avéré indispensable. Progressivement, il faudra injecter du sang neuf qui devra apporter son dynamisme et profiter de l’expérience du personnel vieillissant », promet le ministre.

En sus, la vision du Gouvernement dans le domaine des transports consiste à faire accroître l’offre de transport en quantité et en qualité, avec comme principe directeur : l’inter et la multimodalité des transports à l’intérieur du pays, dans la recherche des accès maritimes.

Invitation faite aux élus de doter le pays des textes législatifs et réglementaire

Ici, le ministre a épinglé l’abandon du secteur des transports est la conséquence d’abord sur le plan législatif, réglementaire ou normatif. Il est surprenant de noter la carence, voire l’inexistence des textes de loi sur la circulation ferroviaire en RD Congo. Sur le plan structurel, contrairement aux autres sous-secteurs des transports, la circulation ferroviaire a été oubliée encore une fois, et n’a pas bénéficié des mêmes réformes des structures. « En effet, il ne peut y avoir aucune entreprise de transport routier sans route, aucune entreprise de transport aérien sans infrastructures aéronautiques appropriées, aucune entreprise de transport maritime, fluvial ou lacustre sans voies maritimes, fluviales ou lacustres balisées. De même, il ne saurait y avoir de société de transport ferroviaire sans voies ferrée », argumente le ministre des Transports et voies de communication.

A ce sujet, il faut préciser qu’il revient à l’Etat de construire et entretenir les routes, de construire les aéroports et paramétrer les routes aériennes, de draguer et baliser les eaux de navigation intérieure, à travers des organes dédiés. Il incombe aussi à l’Etat de construire et d’entretenir la voie ferrée, à travers une structure spécifique. Si l’Office des routes pour la gestion des routes, la RVA pour les aéroports et voies aériennes, la RVF pour les voies fluviales, il n’existe aucune structure dédiée pour la gestion de la voie ferrée. Partant, les sociétés de chemin de fer se sont retrouvées, de fait, dans un cumul inapproprié d’activités. D’une part, les activités liées au développement et à l’entretien des infrastructures, relevant pourtant des prérogatives publiques ; et d’autre part, les activités liées à l’exploitation du transport pouvant concerner plusieurs opérateurs tant publics que privés. « Les gestionnaires successifs de cette société, et leur tutelle publique, c’est-à-dire l’Etat congolais, ont privilégié les activités d’exploitation du transport, sources de production immédiate, au détriment de l’investissement sur l’infrastructure, bien sûr, source de dépense immédiate, pourtant gage de pérennité de l’exploitation ferroviaire », dénonce le ministre dont le résultat de cette affectation inadéquate des investissements à la défaveur de l’infrastructure était prévisible ; l’usure progressive et inéluctable de la voie ferrée. D’où, une dose de relance s’interpose.

(Pius Romain Rolland)

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