Réforme des entreprises congolaises : De la nécessité de restructurer l’industrie de l’assurance.

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Une vue du siège social de la société nationale de l' assurance, Sonas RDC sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Ph.tiers
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Dans son travail présenté en vue de l’obtention du diplôme de troisième cycle dans l’administration des affaires et sciences économiques à l’université Protestante au Congo, Monsieur Jean-Claude MUKANYA CIBUMBA, enseignant Assistant à l’Ecole de Gestion Telfer, Conseiller Financier – Royal Bank of Canada a démontré combien le pays gagnerait en ouvrant ce grand marché à la concurrence. Pour cela, il avait besoin d’analyser de fond en comble le fonctionnement de la société nationale d’assurance (sonas), relever ses forces et ses faiblesses mais aussi ses opportunités et les risques auxquels cette société de l’Etat congolais est confronté. Une étude scientifique dénuée de toute considération politique et qui a le mérite de réfléchir sur le processus de commercialisation des entreprises congolaises mis en place depuis quelques années.

Quel est le bilan de ces reformes présentées comme solution magique autrefois par le copirep ? La présentation publique de ce travail a été un moment d’intenses échanges entre scientifiques congolais parmi lesquels le professeur Mabi Mulumba et d’autres sommités du monde économique.

  • Un diagnostic sans complaisance

Le récipiendaire qui a basé ses recherches entre les années 2002 et 2011 a recouru à plusieurs données dont celles de la sonas.

Le marché monopolistique des assurances en RDC présente des résultats contre-performants dont voici le résumé :

  • Rentabilité négative
  • Marge de solvabilité négative
  • Autonomie financière faible
  • Fonds de roulement négatif
  • Charges non techniques excessives
  • Structure organisationnelle lourde englobant plusieurs fonctions improductives
  • Productivité très faible par agent au regard du potentiel que regorge le marché congolais des assurances ;
  • Effectifs pléthoriques eu égard au niveau d’activités de la SONAS et une moyenne d’âge élevée, soit 48 ans ;
  • Coût du personnel trop élevé en tenant compte du chiffre d’affaires ;
  • Taux d’encadrement du personnel trop faible ;
  • Nombre élevé des cadres supérieurs ;
  • Capacités du personnel ne correspondant pas au secteur des assurances ;
  • Perte de crédibilité auprès de la clientèle suite à la mauvaise qualité des prestations ;
  • Politique de distribution des assurances axée quasi exclusivement sur le réseau interne ;
  • Faible rendement des placements immobiliers;
  • Abandon du rôle d’investisseur institutionnel reconnu à une compagnie d’assurances;
  • Existence de lois éparses régissant l’industrie de l’assurance;
  • Absence des critères d’évaluation objective des performances des gestionnaires;

Cependant la sonas a quelques atouts à exploiter :

Les opportunités ci-après s’offrent à cette entreprise nationale :

  • Marché potentiel important en RDC ;
  • Obligation faite au public de s’assurer exclusivement en RDC dans le code des assurances.

Toutefois la sonas court le risque de disparaitre si elle n’entreprend pas les réformes profondes pour se mettre au même diapason que les assureurs modernes.

  • Que faire concrètement ?

Les indicateurs clés ont démontré la défaillance du régime monopolistique du secteur des assurances en RDC.

Solutions:

  • Restructuration profonde de la SONAS.
  • Ouverture du marché des assurances à la concurrence.
  • Réajustement de la SONAS aux dispositions du Code des assurances;
  • Mise en place d’un nouveau cadre organique;
  • Désignation d’un leadership de type transformationnel;
  • Elaboration d’un plan social;
  • Financement des coûts liés à la restructuration.

Facteurs de succès

  • Stabilité politique
  • Stabilité macro-économique
  • Emergence réelle de la classe moyenne
  • Respect des règles prudentielles
  • La sélection rigoureuse et la formation des cadres
  • L’amélioration du niveau de vie des populations
  • L’ouverture progressive du marché

 Enfin il a été relevé le rôle toujours pas positif joué par le ministère de tutelle dans la gestion quotidienne de la sonas. La notion de l’assurance étant lié au pouvoir d’achat, les congolais mettront du temps à acquérir cette culture tant que leur porte-monnaie sera vide a conclu le récipiendaire dont le travail a été reçu avec mention grande distinction.

     Simon Kabamba  

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