Réagissant à la prorogation du mandat de la Monusco par le Conseil de sécurité: Le député Boris Maelezo qualifie la résolution 2409 d’un copier-coller mal adapté

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C’était presqu’une évidence. Le Conseil de sécurité répète chaque année son exercice favori concernant la RDC, à savoir proroger le mandat de cette mission des Nations-Unies, la plus couteuse (près d’un milliard de dollars l’an) et dont les résultats sur terrain sont mitigés. Depuis hier, les Congolais sont donc fixés : la Monusco a un an de plus parmi eux et comme d’habitude, elle prétend protéger la population. Pour défier cette résolution toute fraiche dans les tiroirs des Nations-Unies, les ADF ont semé la panique et exactions  la nuit de mardi à mercredi au quartier Paida, dans la commune de Ruwenzori, à Beni ville, entre 18 heures et 22h selon nos sources. Une manière de démontrer, si besoin en était encore, qu’ils peuvent tout se permettre sur ce terrain, ou seules les Fardc les affrontent. Où est la fameuse protection de la population ?

Le député national Boris Maelezo, élu du territoire de Beni et spécialiste dans la résolution des conflits (au terme de ses nouvelles études au Ghana), considère que cette résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’ONU n’apporte rien de neuf et serait même juste un copier-coller de la résolution de l’année passée.

Pour cet élu du Nord-Kivu, particulièrement concerné par les exactions et tueries dans son Beni natal, les Nations-Unies devaient prendre le temps d’écouter le gouvernement congolais, ainsi que les divers analystes qui ont apporté quelques idées susceptibles de rendre le mandat de la Monusco viable. En ignorant complètement les avis du gouvernement congolais, l’ONU continue à renouveler de manière presque robotique les termes de référence d’une mission qui peine à éradiquer les activités ne fut-ce que d’un groupe armé alors que le pays en compte près d’une centaine.

Boris Maelezo estime que la Charte des Nations-Unies, mise en place après la seconde guerre mondiale n’est pas de nature à régler les conflits armés à l’intérieur d’un pays. Dès lors qu’il est difficile pour les casques bleus de s’engager dans une vraie bataille contre les forces négatives qui écument l’est de la RDC, le renouvellement du mandat ne changera rien.

Plus d’une fois, les militaires armés de la Monusco ont observé de manière impuissante et ridicule, les massacres de la population, juste à côté de leurs camps de base. La RDC qui désirait une mission réduite et efficace, privilégiant la qualité à la quantité est étonnée de voir le Conseil de sécurité s’entêter dans un schéma qui a totalement montré ses limites. Pourquoi garder autant de casques bleus sur le territoire congolais s’ils n’apportent aucune solution efficace à l’est, s’est interrogé l’élu de Beni à l’écoute de la résolution. Près de 20 ans après, n’importe quel analyste neutre est en mesure de constater (les faits sont têtus) que face à l’insécurité semée par les groupes armés, la Monusco est incapable d’apporter une vraie solution.

L’expérience sous-régionale

Avec l’expansion du terrorisme dans le monde, certaines théories sécuritaires sont tombées caduques. Des nouvelles réflexions et approches permettent aujourd’hui à certains pays de résoudre autrement la question des menaces terroristes. C’est dans cette optique qu’il faut saluer l’idée du contingent mis en place par certains pays de la sous-région pour battre le M23 de triste mémoire. Plus loin de nous, le G5 Sahel est entrain de s’organiser pour contenir ces menaces qui n’épargnent aucun pays au monde à l’heure actuelle.

Dans le cadre de l’Accord d’Addis-Abeba, certaines puissances régionales, notamment le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie peuvent se joindre à la RDC sous les auspices des Nations-Unies pour déployer au Nord-Kivu des forces combattantes aguerries et capables de mettre fin, une fois pour toutes à l’aventure des ADF et FDLR dont les dégâts se comptabilisent en terme de milliards de dollars perdus sans compter les vies humaines d’une valeur inestimable. Mais la richesse du sous-sol congolais pousse certains de ses voisins gloutons à jouer le double jeu pour s’enrichir. Le député Boris Maelezo estime que l’ONU doit changer de méthodologie dans la mesure où l’ennemi est plus félin et plus redoutable aujourd’hui. Si la Sous-région de Grands Lacs ne s’organise pas, le terrorisme que nous déplorons en RDC pourrait s’étendre dans tous les pays et causer des dommages irréparables.

Quid de l’apport au processus électoral

En lisant la résolution, la Monusco est encore une fois de plus chargée d’apporter son appui logistique au processus électoral dont la date du 23 décembre 2018 constitue le couronnement. Si cette tâche est saluée par tous, dans la mesure où le pays fait face à plusieurs difficultés en matière de transport et qu’un appui dans ce sens est toujours la bienvenue pour le gouvernement qui se bat avec ses moyens de bord, certains analystes font remarquer que la mission la plus chère au monde, 20 ans après ne peut se cramponner à l’appui logistique du processus électoral, même si la RDC est un pays continent. Avec des élections qui interviennent chaque cinq ans, la Monusco devra-t-elle continuer à croiser les bras en attendant chaque fois la tenue des élections ?

Le redimensionnement de la Monusco doit également aller vers sa redéfinition de façon à la rendre efficace, travaillant avec les forces régionales qui connaissent mieux que quiconque les tactiques des rebelles, ainsi que les moyens de les affronter sur terrain. A défaut de jouer son vrai rôle à savoir, sécuriser la population des zones touchées par les groupes armés, la Monusco tentera de se donner un autre rôle, notamment dans le processus électoral comme en 2011, oubliant que les élections relèvent de la souveraineté d’une nation, explique le député Maelezo, déçu mais pas abattu dans ce combat contre l’insécurité à l’est.

 

(Muntu Bualu)

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