Réactions à chaud à l’issue des échanges avec le Conseil de sécurité des Nations Unies

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Une délégation de 15 diplomates membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, a séjourné depuisle 11 novembre 2016, en République démocratique du Congo. Une énième visite, la cinquième de cette instance mondiale, au Pays de Patrice Emery Lumumba, la routine presque, dont la mission principale s’inscrit dans la démarche de la diplomatie préventive, à la crise politique qui couve, en ce que l’Accord politique de la Cité de l’Union africaine débouche sur l’organisation des élections en avril 2018. Cependant, les acteurs politiques ne cessent de se soupçonner mutuellement, certains en appellent à faire table rase, tandis que d’autres ont opté pour la voie du dialogue pacifique.

Henry Mova Sakanyi (Chef de la Délégation, SG PPRD/MP)

Nous avons eu de très bon échanges avec le Conseil de sécurité qui est à sa 13ième mission, donc une mission de routine que le processus des élections que le Conseil de sécurité accompagne aujourd’hui. Nous avons discuté des enjeux de l’heure, liés au processus démocratique, à l’organisation des élections et de tout ce qui se passe dans le pays. Nous avons eu de très bons échanges, et le Conseil de sécurité tient a exprimé sa vision de choses, nous avons exprimé la nôtre. Je pense que c’est bien que des échanges comme ça qui permettent l’intercompréhension entre nous, et d’autres échanges au sommet avec tous les autres acteurs de la scène politique congolaise.

Quels ont été les points de divergence ou de convergence avec le Conseil de sécurité ?

Nous n’avons pas de points de divergence avec le Conseil de sécurité qui a déjà exprimé sa ligne directrice, à travers ses différentes résolutions, la fameuse 2277. Nous, nous avons déjà exprimé notre vision de choses : le Consensus, la stabilité, la paix, l’organisation des élections dans une atmosphère pacifiée, empreinte de beaucoup de compréhension. Ils ont une inquiétude qui tranche à l’opposition qui joue encore au radicalisme, mais nous avons donné nos apaisements du fait de l’histoire, souvent il y a des gens qui ont toujours voulu prendre le train en retard et ce pays n’a pas attendu, a évolué. Il y en a qui ont refusé le Référendum, la Constitution, qui ont refusé les élections, nous les avons pourtant organisées.

Peut-on rester dans la logique de l’Accord de la Cité de l’Union africaine ou un autre avec le Rassemblement ?

Il faut considérer que le Dialogue de la Cité de l’Union africaine est un acquis. Et autour de cet acquis, l’on peut bâtir autre chose. Voilà un peu ce qui est lourdaud dans leur démarche de conception politique qui viendraient peut être en retard, ils sont les bienvenus parce que l’Accord est ouvert à tous ceux qui veulent y apporter leur contribution, afin que le pays aille dans la bonne direction. Voilà donc, il y en a d’autres qui vont rester extrémistes, qui ne viendraient jamais. Qu’est-ce qu’on peut faire avec ceux qui veulent le suicide politique ? Le deuxième dialogue, je ne sais pas ce que vous voulez dire par là, nous avons toujours voulu un dialogue, nous l’avons eu, nous l’avons négocié pendant plus d’une année avec l’UDPS. Si c’est de cela que vous voulez parler, nous avons passé une année avec eux. Si vous voulez un deuxième, un troisième ou un quatrième après les Concertations nationales, nous discuterons, chaque fois que dans ce pays, il se posera un problème si on ne fait pas la guerre, on sera obligé de faire le dialogue, il faut donc la paix.

 

Jonas Tshombela (Société civile proche de l’opposition)

Nous avons été reçus par les membres du Conseil de sécurité et dans notre mémo que nous leur avons remis, nous avons articulé ce mémo en trois mots : le premier a consisté à circonscrire le contexte de la situation socio-politique que nous traversons où les libertés sont en train d’être confisquées, les massacres, où l’on tue, on viole, on arrête, on empêche la liberté de circulation. C’est un contexte qui ne peut pas être bon pour nous, pour organiser des élections. Nous avons discuté également avec eux sur les pistes de solutions. Nous avons estimé qu’il fallait faire pression, à la fois sur le Gouvernement, sur le Rassemblement de telle manière que d’ici le 19 décembre nous puissions obtenir un consensus qui peut nous engager sur la voie de la relance du processus électoral qui est plongé délibérément dans l’impasse ; et le troisième point a consisté à formuler des recommandations que nous avons estimé capitales pour nous, en ce qui concerne les prisonniers politiques, les médias fermés, les interdictions des droits à manifester. Toutes ces questions ont été soulevées en termes de recommandations pour que le Conseil de sécurité puisse peser sur le Gouvernement et l’opposition, pour qu’on puisse         arriver à un consensus parce que le moment est tellement décisif.

Ils ont dit qu’ils sont très attentifs, très inquiets et préoccupés même pour le problème des élections. Il y a une possibilité qu’on puisse obtenir un compromis inclusif dans les jours avenirs, pour qu’on arrive à obtenir la relance du processus électoral qui pèse. Voilà autant de questions qui ont été soulevées.

Vous avez suspendu les travaux au Dialogue de la Cité de l’Union africaine. Est-ce que la problématique d’un deuxième Dialogue a été soulevée ?

J’ai l’impression que l’Accord qui a été obtenu à la Cité de l’Union africaine ne réunit pas toutes les questions d’inclusivité, et c’est ce qui est en train de se faire actuellement. On recherche les conditions d’inclusivité pour que finalement, ça soit un Accord qui engage tout le monde. J’ai l’impression que c’est cette option qui est en étudie et qui sera même renforcée. A ce stade, c’est insuffisant, il faut encore le compléter.

Quand vous dites : dans un prochain jour, c’est vague. Il n’y a pas de timing clair ?

Je crois qu’un travail est en réalisation au pays, au niveau de la Cenco. Donc, ce travail il faut le prendre au sérieux, il est en train d’avancer, c’est ce travail-là sur lequel sera fondé l’ensemble d’autres questions, mais aussi la démarche des membres du Conseil de sécurité sur la suite du processus électoral ou du Dialogue qui est en panne, parce qu’on n’a pas obtenu l’inclusivité. L’essentiel, c’est qu’on obtienne l’inclusivité parce que la période que nous allons amorcer, est faite d’incertitude. Alors, il faut garantir la sécurité.

Léonard She Okitundu (Sénateur, Cadre du PPRD et diplomate)

La discussion avec le Conseil de sécurité des Nations Unies, a voulu s’informer dans une mission d’information pour mieux comprendre la situation en République Démocratique du Congo et savoir en ce moment-là comment prendre position. C’est l’échange que nous avons eu avec le Conseil de sécurité concernant le processus électoral, le dialogue. C’est toutes ces questions qui reviennent, notamment celle sur le troisième mandat. Est-ce que le Chef de l’Etat va se représenter ? On leur a dit effectivement que la question ne se pose pas, parce que la Constitution interdit un troisième mandat. Donc, c’est une question qui ne se pose pas.

Le Représentant de la Grande Bretagne au Conseil de sécurité à Twitter le fait que le Président aurait répondu à cette question de troisième mandat. Il n’y a pas de troisième mandat prévu par la Constitution, mais elle peut être amandée ?

C’est le Chef de l’Etat qui a répondu, en ce moment-là il faut demander des éclaircissements au Président de la République. Ce que je sais, c’est que la Constitution ne prévoit pas de troisième mandat. Par conséquent, il ne peut pas y avoir de troisième mandat.

Le Conseil de sécurité est dans nos murs, il y a eu la lecture divergente de la résolution 2277, est ce que les délégués ont donné plus de lumière quant à ce ?

Je n’arrive pas à comprendre. Je l’ai déjà répondu à cette question. Le Conseil de sécurité vient pour une mission de routine. C’est ne pas pour la première fois une délégation du Conseil de sécurité vienne en République Démocratique du Congo, parce que la question congolaise est activement saisie au niveau du Conseil de sécurité. Donc, ici, le Conseil de sécurité est venu s’informer, écouter tous les acteurs politiques et savoir après éventuellement quelle position prendre. Donc, c’est un échange qui a eu, entre la Majorité et l’opposition. Vous faites allusion à la résolution 2277 et j’ai entendu beaucoup de gens dire que le Conseil est venu vérifier l’application de la Résolution 2277. Je dois vous répéter une fois pour toutes. Nous avons pris, nous, l’engagement dans le Cadre de la Charte des Nations Unies, de respecter les décisions prises par le Conseil de sécurité. Le Conseil se prononce sous forme de Résolutions. Mais, toute résolution n’est pas une décision. Les résolutions peuvent être une recommandation ou une décision.

En ce qui concerne le Dialogue politique national, cela relève de la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Donc, personne ne peut donner d’instructions au Gouvernement de la République Démocratique du Congo sur la manière d’organiser des élections, encore que nous ayons une Commission électorale nationale indépendante, Constitutionnellement indépendante, c’est cet organe qui organise les élections. Donc, cet organe est indépendant. C’est important de le rappeler. Le Conseil a fait des recommandations et le Conseil a voulu voire l’application de ces recommandations. Donc, il n’y a pas une instruction.

Donc, si nous avons soulevé cette question c’est parce que, le Rassemblement insiste sur le deuxième Dialogue se basant sur la Résolution 2277

Il ne peut pas y avoir de deuxième Dialogue. Le Dialogue a bel bien eu lieu en présence des Nations Unies, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, de l’Union africaine, de la SADC et de la CIRGL. Vous avez compris que le Dialogue a eu lieu et a été conclu. Maintenant, l’Accord conclu dans le cadre de ce Dialogue est ouvert. Celui qui veut adhérer, la porte est ouverte. Eventuellement sur le plan politique, si l’on veut faire des aménagements, il y a des possibilités. Mais de là à croire qu’il y aura un deuxième Dialogue, forum comme je l’entends dire, ceux qui étaient à la Cité de l’Union africaine et ceux qui n’y étaient pas là, c’est une chimère.

La Cenco s’apprête à rendre les conclusions des résultats de cette consultation. Etes-vous prêts à accepter ces résolutions ?

Là, je n’ai pas encore vu les résolutions de la Cenco, et quand on les verra, on pourra donner notre position à ce sujet. Mais, pour l’instant, il y a un Accord qui existe. Tout ce que nous voulons c’est que tous ceux qui n’avaient pas participé au Dialogue, adhèrent à cet Accord et puis avoir quelques aménagements dans ce sens pour qu’il ait plus d’inclusivité. Là, d’accord. Quant à croire qu’il y aura un autre Forum, là c’est comme si on voulait faire table rase ; c’est comme si tous ce qu’on a fait à l’Union africaine n’aura servi à rien. Alors qu’il y avait quatre questions principales auxquelles nous devrions trouver une solution : le fichier électoral. Là, on a décidé de la refonte totale; de la séquence électorale (Présidentielle, législatives nationales et provinciales au même moment ; le Calendrier, on doit tenir compte de la révision du fichier électoral qui se termine le 31 juillet 2017. Après, le Parlement va adopter une loi de la répartition de sièges. C’est après que la Ceni va convoquer le corps électoral. Et la convocation du corps électoral ne peut avoir lieu qu’à la fin de l’année 2017. Entre la convocation du Corps électoral et l’effectivité des élections, il y a un certain temps. C’est pourquoi la Ceni voudrait que ça se fasse au mois de juillet 2018, mais comme il y a une grande pression, les élections auront lieu en avril 2018. Cette question est réglée. Vouloir écourter le délai au risque même de porter atteinte à la manière dont le peuple souverain va se prononcer de manière tout à fait claire et crédible, on risque d’aboutir à un résultat non recherché, ce qui serait très grave pour la République Démocratique du Congo.

(Pius Romain Rolland)

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