RDC : Menaces de sanctions ciblées de l’UE, les dessous d’un rapport dangereux

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La Rdc a mal à sa souveraineté. Les actions et discours politiques de certains de ses partenaires occidentaux aggravent un peu plus l’état du patient. Pourrions-nous, à terme, perdre totalement notre droit à disposer de nous-mêmes ? Et si tel devrait être le cas, accepterions-nous de revivre dans un système de domination et d’appropriation de nos biens et de la vie de nos concitoyens ? Si la réponse est négative, on doit s’interroger sur  les scenarii qui menacent de ravager les acquis de notre Indépendance. Ce questionnement est crucial quant à notre avenir et celui des générations à venir.

Le rapport des ministres des Affaires Etrangères des vingt-sept pays membres de l’Union Européenne (UE) sanctionnant le dernier Conseil européen, a mis une emphase particulière sur la situation politique en Rdc présentée sous un mauvais jour avec, à la clé, des injonctions adressées aux autorités congolaises en rapport avec le processus électoral en cours.  Une fois encore, la Rdc aura vu sa souveraineté sacrifiée sur l’autel des intérêts occidentaux.  A travers cette déclaration, les Etats membres de l’UE se sont érigés en puissance dominatrice contre le gré d’un peuple réputé libre de ses choix.  En demandant, entre autres, au Gouvernement congolais d’appliquer l’accord du 31 décembre qui devrait, d’après eux, « déclencher le processus d’une alternance démocratique et pacifique du pouvoir en Rdc », sans doute que les diplomates européens se sont trompés d’adresse et d’époque.

Cette demande de l’UE, assortie des menaces, constitue en soi une violation de l’éthique censée guider les relations internationales qui ne se déclinent plus en termes d’assujettissement des pays pauvres par les grandes nations. Aujourd’hui plus qu’hier, le dialogue politique équilibré entre parties régente les rapports entre Etats du monde dans un partenariat coopératif empreint de respect mutuel.  L’article premier paragraphe art. 55, chapitre IV (Coopération économique et sociale internationale) de la Charte des Nations Unies rappelle que « les relations pacifiques et amicales entre les nations sont fondées sur le respect du principe d’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

Dommage que l’Union Européenne ait choisi la marche à reculons en refusant d’évoluer au gré des mutations qui sous-tendent les relations internationales.  En effet, force est de constater que les rapports qu’entretient aujourd’hui le Conseil européen avec la Rdc sont dictés par des intérêts mesquins d’une communauté européenne qui a toujours redouté l’émancipation intégrale des Etats africains, otages d’un parrainage plutôt asphyxiant. Si non, comment comprendre qu’un Etat ou un groupe d’Etats s’arrogent le droit de sanctionner, au péril d’un peuple et avec le mépris le plus dégradant possible, d’imposer leur volonté au constituant d’un autre Etat souverain, foulant au pied le droit à l’autodétermination de son peuple ? La Rdc, à l’instar d’autres Etats africains, souffre de ce diktat de l’Occident qui veut tout régenter jusqu’à récuser ses choix politiques avec, pour seule motivation, s’assurer le contrôle permanent sur ses zones d’influence politico-économiques.

D’où, le rapport de l’Union Européenne susdit trahit dans son contenu, quelques velléités de mainmise occidentale sur le leadership politique en RDC qu’elle voudrait manipuler à sa guise.  Des sources crédibles, il nous revient que le rapport de l’UE sur la RDC s’est inspiré d’une correspondance adressée à l’Institution européenne, la veille de la réunion des Ministres des affaires étrangères le 6 mars, par la directrice pour l’Afrique centrale de l’ONG américaine Human Right Watch (HRW), Ida Sawyer.  C’est donc un rapport motivé, politiquement destiné à jeter un discrédit sur les institutions congolaises et, à contrario, à « blanchir » une opposition en panne d’imagination. Militant pour un renforcement de la pression sur la coalition au pouvoir, la chercheuse américaine aurait, dans sa correspondance, enjoint l’UE « d’imposer des sanctions ciblées supplémentaires y compris des interdictions de voyager et des gels d’avoirs à l’encontre des individus portant la plus grande part de responsabilité pour les graves violations des droits humains ».

Dans son entendement, il faut que l’UE aille au-delà des sanctions ciblées prises le 12 décembre 2016 contre sept responsables  du secteur de la sécurité en annonçant « une nouvelle série de sanctions » qui irait plus haut dans la chaine de commandement. Ce qui, à l’en croire, enverrait un message fort selon lequel l’UE « reste engagée à protéger les droits humains, à assurer l’organisation d’élections crédibles dans des délais appropriés, et à œuvrer à empêcher que la situation En RDC, déjà explosive, ne se détériore davantage ».  Tout ceci porte à croire que les droits de l’homme dont se prévalent des ONDGH telles que HRW ne s’appliquent que lorsqu’il s’agit de la RDC avec les épisodes Kamwena Nsapu, Bundu-Dia-Kongo et celui des milices armées très en verve à l’Est du pays. Motus  bouche cousue donc pour les nombreuses exactions que ne cessent de perpétrer sur le continent des organisations terroristes telles que Boko Haram et autres forces négatives qui l’empestent du nord au sud !

Interprétation sélective de la Loi fondamentale

Et comme si cela ne suffisait pas, l’Union Européenne tente aujourd’hui, à coup de communiqués, de convaincre les Congolais que l’Accord du 31 décembre est la seule source de légitimité pour la période préélectorale et électorale.  Le paradoxe est que d’un côté, elle déclare soutenir le respect de la Constitution de la Rdc et de l’autre, refuse de voir la même loi fondamentale s’interpréter en faveur de l’Institution « Président de la République ».  En cherchant à faire dire à l’Accord de la Saint-Sylvestre ce qu’il n’est pas ou en essayant d’extraire dans la Constitution les incises qui gênent, l’UE fait décidemment fausse route.  Il y a lieu de rappeler qu’il n’y a aucune légitimité à tirer à partir d’un acte privé tel que l’Accord du 31 décembre qui prend appui sur la Constitution et non sur des intentions personnelles.  La légitimité relève donc de la Constitution dans un Etat de droit.  On ne peut pas dire en même temps qu’on veut défendre la Constitution et prétendre que la légitimité relève d’une autre source.

Qu’à cela ne tienne. L’attitude irresponsable de l’UE foule au pied le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ou mieux, le droit du peuple congolais à l’autodétermination, un principe du droit international selon lequel chaque peuple dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. De la sorte, il serait dorénavant mal venu de dicter aux Congolais la cadence à suivre par rapport au processus électoral ou à leur imposer des choix politiques touchant à leur propre destin tel que l’adaptation de la Constitution en conformité avec les dernières mutations sociopolitiques.

En définitive, le Gouvernement congolais ferait œuvre utile en réagissant, comme il le fait déjà si bien, à ce qui s’apparente à une provocation de mauvais goût en utilisant le même créneau que l’UE qui met à contribution la presse internationale pour relayer ses idées et saper les efforts de la RDC à consolider sa jeune démocratie.  Il y a lieu aussi de mettre à contribution la ferveur populaire via des revendications ciblées, et en faisant savoir au souverain primaire que c’est son destin qui est en train d’être jeté en pâture par un Occident prédateur qui n’a cure de son mieux-être.

La nature humaine qui a conduit autrefois à l’esclave et au servage de nos ancêtres n’a pas  changé. Elle n’a pas besoin de motivations objectives pour asservir le Congo ; Seules les pulsions égocentriques et hégémoniques suffisent. L’esclavage et le servage peuvent donc réapparaître sous une forme ou une autre. En effet, hier comme aujourd’hui, les plus dangereux des prédateurs ont, à l’instar de ce rapport litigieux de l’UE, un discours démocratique anesthésiant, ils se montrent crédibles et arrivent à convaincre en exploitant la souffrance des peuples et en fabriquant de toutes pièces les raisons qui justifieraient leur fin.

L’Avenir

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