RDC-Adoption: Le moratoire divise le gouvernement et l’opposition

par -
0 3165
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Alors que la suspension des autorisations de sortie reste de mise, le maintien des enfants congolais adoptés par les étrangers, dans des orphelinats, loin de leur nouveau cadre familial, suscite l’ire d’une partie de la classe politique congolaise.

Officiellement, le Gouvernement congolais ne s’empresse pas de débloquer la situation. C’est en substance ce qui ressort de la dernière livraison de Jeune Afrique qui a repris des propos que Lambert Mende, porte –parole dudit Gouvernement, avait tenus, il y a plus de trois mois, sur le sujet de l’interdiction de sortie de territoire, infligée aux enfants adoptés par les étrangers. Mais en réalité, des divergences apparaissent entre les membres du Gouvernement congolais sur le temps qui est passé depuis le moratoire.

D’un coté, ceux qui comprennent les motivations ayant prévalu au gel mais qui trouvent inhumaine la longue attente imposée aux enfants et aux parents adoptifs.  Mais ils ne le diront jamais publiquement. Sans doute par solidarité gouvernementale. L’un d’entre eux, ayant requis l’anonymat, se plaint que l’intérêt de l’enfant ne soit pas pris en compte. « Combien d’enfants vulnérables comptons-nous dans notre pays? Des milliers et de milliers », avança-t-il lui même. « Ceux qui font l’objet de l’adoption internationale ne représentent qu’une infime partie; Les autres, soit la grande la majorité, resteront dans le pays avec des perspectives d’avenir moins bien meilleurs que ceux qui vont partir  à l’étranger. Qu’avons-nous à perdre à les laisser partir? Ils vont retrouver un père et une mère; ils vont faire de bonnes études et n’oublieront jamais, dans leur vie d’adulte, la RDC ». Et dans ce lot, plusieurs poids lourds de l’opposition congolaise commencent à lever le ton : « Vous ne pouvez pas, sans que cela ne nuise à l’efficacité de vos services, soutenir que vous avez besoin de plus de deux ans de procédure pour juger de la régularité de quelques 13OO dossiers d’adoption », tempête un haut cadre de l’Opposition Républicaine. Un autre clame sa perplexité devant ce blocage de près de deux ans: « Si l’argument initial d’éviter à nos enfants des couples de même sexe ou de faire l’objet d’une transaction illicite entre deux familles adoptives était louable et raisonnable, cela est devenu, au fil du temps qui passe, contre productif et susceptible de pourrir les bonnes relations que notre pays entretient avec les 8 pays occidentaux qui interviennent dans l’adoption internationale ici ».

A coté de ce groupe, il y a plus virulents: Des députés de l’opposition comme de la Majorité qui posent une analyse très critique et peu commune  sur les deux ans  de moratoire, depuis la décision du 23 septembre 2013, prise par la Direction générale de migration (DGM), suspendant toute sortie du territoire des enfants congolais adoptés par des couples étrangers. Pour un membre du bureau de l’Assemblée nationale, appartenant a la Majorité présidentielle, « ces couples se sont pliés à toute la procédure en vigueur dans notre pays sur l’adoption; Ils n’ont commis aucune faute. Dès lors, pourquoi leur donner l’impression qu’ils sont punis collectivement au motif que deux ou quatre familles, exaspérées par l’attente et d’un geste relevant plutôt d’amour que de propension à violer les textes congolais, ont tenté d’exfiltrer leurs enfants ».  Jean-Claude Mvwemba, député de l’opposition, se dit pour la régularité des dossiers et donc pour laisser partir les bons. Il propose l’instauration dans les pays d’accueil et en RDC de la « traçabilité administrative dans ces  dossiers d’adoption internationale et ce, de sorte que l’on puisse savoir, au moment où on en aurait besoin,  des informations sur l’endroit où se trouveraient les enfants qui auraient été adoptés ».

L’on voit bien que, contrairement à une certaine presse, les autorités congolaises ne sont pas, dans leur ensemble, pour le maintien du moratoire. Bien au contraire, la volonté politique de laisser partir les enfants est indéniable, selon un membre de la commission interministérielle, chargée de l’examen des dossiers bloqués.  Ce dernier déplore, du reste, le fait que ladite commission ne siège plus puisque cela, dit-il, renvoie au monde une image négative sur la gestion de ce dossier.  Toutefois, selon nos informations, la rentrée, en septembre, du Gouvernement devrait apporter plus de lisibilité et combler l’absence déplorable de communication ici. Et dans cette perspective, l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour du premier conseil des ministres de reprise en serait un bon signal.

(Jules Kidinda)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse