Ray Lema : « le regard des Africains sur les Africains me choque bien davantage »

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En tête d’une coalition d’artistes, le musicien Ray Lema propose d’organiser des concours de chansons et de pièces de théâtre pour sortir de l’ombre l’« Histoire générale de l’Afrique ». Ce projet scientifique est porté par l’Unesco depuis plus de quarante ans.

C’est bien aux Africains que Ray Lema veut d’ailleurs, dans cet article de Lemonde.fr, en priorité s’adresser : « Le regard de l’extérieur est injuste, mais le regard des Africains sur les Africains me choque bien davantage. Comment les jeunes peuvent-ils se projeter dans l’avenir sans savoir d’où ils viennent, sans être conscients qu’ils sont porteurs d’une culture, d’une Histoire qui a sa dignité ? ».

A Cuba, choisi pour le lien singulier qui l’unit au continent, l’artiste va suggérer aux représentants de l’Unesco que soient organisés des concours de pièces de théâtre, de chansons, de scénarios sur « quelques-uns des grands moments de l’Histoire africaine ». « Pour atteindre le peuple, nous devons passer par l’image et le son », plaide-t-il. « Le musicien congolais ne sait pas dire quels seraient ces grands moments. Il s’avoue lui-même dépassé par la somme encyclopédique « à laquelle aucun artiste normal ne peut s’attaquer » sans être aidé.

L’Unesco en est consciente. « Nous sommes en train de préparer un résumé d’une centaine de pages en version électronique, une sorte d’Histoire de l’Afrique pour les nuls », explique Ali Moussa Lye, responsable de l’utilisation pédagogique du projet. L’Histoire générale de l’Afrique a déjà donné matière à des livrets d’apprentissage pour les enseignants. Elle est officiellement considérée par l’Union africaine comme la référence pour l’enseignement de l’histoire du continent et, en 2015, les gouvernements se sont engagés à puiser dedans pour élaborer leurs programmes éducatifs.

« Si nous réussissons à faire cela, l’Afrique sera le premier continent où l’Histoire s’enseigne de la même façon dans tous les pays », se réjouit Ali Moussa Iye, qui voit dans cette ambition un ferment prometteur pour le panafricanisme.

Pour devenir membre de la Coalition, les artistes doivent d’ailleurs s’engager à faire « la promotion d’une identité et d’une citoyenneté panafricaine ». Jusqu’à présent, près de deux cents dramaturges, cinéastes, musiciens, chanteurs… ont rejoint le mouvement parmi lesquels les Maliens Rokia Traoré, Cheihk Tidiane Seck ou de jeunes rappeurs français comme Mokobé.

Dans sa mission, Ray Lema doit aussi susciter l’éclosion d’alliances nationales en Afrique même, mais également parmi les diasporas, comme à Cuba. Fin février, la célébration annuelle du Mois de l’histoire des Noirs en Amérique du Nord devrait être l’occasion de rallier les Canadiens.

(Onassis Mutombo)

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