Rassemblement : La bagarre de postes et non d’élections

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Le weekend dernier à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, et dans une bonne partie du pays, une frange de la population, proche du  Rassemblement, a ostensiblement exprimé sa joie, en prenant connaissance des  conclusions du draft de l’accord, aujourd’hui en toilettage, au niveau de la CENCO. C’est le cas de la proposition élevant Etienne Tshisekedi  wa Mulumba à la tête du  Comité de suivi de l’accord; C’est  également l’idée de la gestion commune du Gouvernement national et des provinces, de la refonte totale de la  CENI et de certaines institutions d’appui à la démocratie par le Rassemblement.

A scruter de prêt ces dernières prétentions qui auront une incidence sur le calendrier des élections, on est tenté de croire que le Rassemblement veut obtenir ce qu’il n’a pas pu obtenir dans la rue. Référence ici est faite aux événements du 19 au 20 septembre 2016, où l’objectif de ces manifestations  était de provoquer un soulèvement populaire, à l’instar des pays comme le Burkina Faso. La même expérience a été rééditée du 19 au 20 décembre derniers. Malheureusement, elle a été étouffée dans l’œuf, à l’exception de quelques téméraires qui ont été maîtrisés par la police.

En effet, tout porte à  croire que l’urgence,  pour les compatriotes du Rassemblement, n’est pas l’organisation des  élections, sinon ils demanderaient à la CENI de faire diligence et présenteraient les choses de façon cohérente. Au contraire, le Rassemblement veut s’installer dans la durée, en occupant pratiquement tous les postes de responsabilité. Dans cette machination, des informations parvenues au Journal L’Avenir démontrent que l’opposition compte sur l’ambigüité de certains princes de l’Eglise catholique romaine afin d’avoir tous les postes clés. Et ce, pendant qu’il a été démontré qu’il n’y a pas de différence majeure entre l’Accord de la Cité de l’Union Africaine et le draft de la CENCO. Sauf qu’il s’agit d’un coté de l’original et, de l’autre, d’une vulgaire copie falsifiée.

Comme pour dire que les pourparlers que conduisent la CENCO au Centre interdiocésain,  sous la bénédiction du Chef de l’Etat,  qui a prolongé leur mission de bons offices dans l’espoir de les voir réussir a convaincre le Rassemblement à adhérer a l’Accord de la cité de l’UA, n’est donc pas un blanc seing.

Feu vert pour Nangaa, le G7 se trompe

Lorsque les travaux du dialogue politique et inclusif commençaient à la Cité de l’Union Africaine, nombreux, surtout ceux du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, ont maudit les résolutions qui en résulteraient, au motif qu’elles seraient dépourvues d’exclusivité.   L’Eglise catholique, qui à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), était partie aux dites assises, a créé la surprise,  en claquant la porte, une semaine après le début des travaux, en promettant de continuer la lutte dehors pour plus d’inclusivité.

Qu’à cela ne tienne, le rythme de travaux s’est accéléré, grâce à la médiation de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, lui-même soutenu par l’Union Africaine et toute la communauté internationale. Pour rencontrer la demande de l’opposition, qui voulait intégrer les acteurs sous-régionaux et internationaux, un groupe de soutien à la médiation sera créée. Il comprendra outre l’UA, la SADC, la CIRGL, l’ONU et l’OIF.

Petit-à-petit, le débat devenait de plus en plus intéressant, contredisant les prophètes de malheur qui prédisaient l’échec, parce qu’à les en croire, c’était une discussion entre les gens d’un même camp. C’était sans compter avec la volonté et la détermination de la classe politique, de doter le pays d’un cadre sensé permettre la gestion de la transition, et de ce fait, améliorer le processus électoral, régler les contradictions en résultant et prévenir les crises politiques pouvant en découler.

C’est cette pression-là, mieux cette volonté à prouver aux autres qu’on peut faire mieux sans eux, que le débat est devenu très riche, surtout en ce qui concerne le fichier électoral, la séquence des élections, le calendrier électoral, le budget des élections ou la sécurisation du processus électoral. Avec des connaissances disparates, les participants au dialogue ne pouvaient que se référer aux chevronnés en la matière, c’est-à-dire, des gens rompus à la cause du processus électoral et qui en maîtrisent les arcanes.

C’est ici que les experts de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont été appelés au secours, afin d’éclairer la religion des dialoguants, disposant par ailleurs des atouts, connaissances mieux que quiconque. Du  débat qui s’y est engagé, seuls les initiés pouvaient en comprendre quelque chose. Dans ce sens, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les Etats-Unis d’Amérique, avec IFES, sans oublier la Monusco et d’autres experts locaux seront appelés en intervention. Et les conclusions qui sortiront de ces travaux étaient imposables, par la simple qualité des intervenants, mieux par la simple expertise des sommités appelées à intervenir.

Par rapport à la séquence des élections, l’accord prévoit que les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales sont organisées en une seule séquence. Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent. Les parties prenantes recommandent au gouvernement de mettre à la disposition de la CENI les moyens financiers et logistiques nécessaires à l’organisation de toutes les élections susvisées conformément au calendrier.

Concernant le calendrier électoral, tenant compte des délais impératifs pour la constitution du nouveau fichier électoral, la préparation des différents scrutins combinés et la tenue effective de ceux-ci, les parties s’accordent sur les éléments du calendrier global ci-après : Constitution du nouveau fichier électoral au 31 juillet 2017 ; Convocation des scrutins à partir de la promulgation de la loi sur la répartition des sièges au 30 octobre 2017. Un expert congolais en matière d’élections, technicien à la réputation imperturbable, était parvenu à la même démonstration, avant l’intervention des experts étrangers.  Il s’agit de Corneille Nangaa. Il n’est pas politique. Il refuse de l’être. Il reste scientifique et apporte, chiffres à l’appui, des conclusions imparables.  Et ce, en dépit des propos malheureux de certains membres du Rassemblement, qui  le traine dans un terrain politique.

Le départ de Corneille Nangaa, pas envisageable

Après la signature de cet accord, la communauté internationale, à travers l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas cessé d’insister sur la nécessité d’élargir l’accord, en permettant l’adhésion d’une partie de l’opposition non signataire. Privilégiant toujours la paix et évitant le chaos du pays où il a tout consacré, Joseph Kabila confiera une mission de bons offices à la CENCO, pour élargir l’accord de la Cité de l’Union Africaine. Consciente de cette mission et dont l’intérêt n’était plus à démontrer, la CENCO convoquera les échanges entre les signataires et les non signataires, dont un accord est attendu le jeudi 30 décembre prochain.

Mais dans le déroulement du travail, quelle n’a pas été la surprise de participants de constater qu’en réalité, les non signataires n’apportaient rien de spécial. Pour compliquer la tâche aux évêques de la CENCO, le Rassemblement aligna deux experts, qui n’avaient rien à avoir avec le processus électoral. Ces personnes maitrisant bien les arcanes de l’économie ont été obligées à se taire, se contentant tout simplement de prendre note et de suivre attentivement la leçon du maître Nangaa. A l’issue de cet exercice, tout le monde se rendra compte qu’il n’y avait pas assez de marge et que ces travaux risquent de ressembler à une perte de temps inutile.

Au lieu de se contenter  des questions purement techniques ou électorales, le Rassemblement, à travers le G7, est même allé  très loin, jusqu’à demander la refonte du bureau actuel de la CENI. Une demande qui n’aura pas d’incidence et qui ne sera pas écoutée, parce qu’elle conduira  à reporter les élections tel que prévu par l’accord de la Cité de l’Union Africaine.  Voilà qui laissent certains experts électoraux abasourdis, parce qu’ils ne comprennent pas, comment le G7 qui a eu à quitter le bateau de la Majorité Présidentielle, parce notamment il n’y avait pas la volonté d’aller aux élections, peut-il aujourd’hui se contredire ?

A scruter de prêt cette question, on se rend compte qu’un des ténors du G7, en la personne du député national Christophe Lutundula, encouragerait le chambardement à la tête de la CENI pour placer les siens, notamment un ancien -cadre de la CENI, M. Misioni. Et pourtant, le souhait de tout le monde est de laisser les techniciens diriger la machine électorale et que le politique puisse compétir librement grâce aux normes mises en place. Le contraire aurait comme conséquence de donner une connotation politique aux élections, ce qui n’est pas de nature à rassurer les parties prenantes.

La CENI, dans notre pays, est une institution indépendante, dans les textes et dans la réalité. Elle tire sa composition de trois composantes qui ont, librement, choisi leurs personnalités, susceptibles, à leurs yeux, d’incarner  cette indépendance.   C’est le moment de rappeler que le choix du président de la CENI est laissé, dans les textes portant organisation et fonctionnement de la CENI, à la compétence de la composante Société civile qui place qui elle veut,  en tenant toutefois compte de ses compétences intrinsèques.  Le report  des élections était une contrainte technique dans le souci de Nangaa d’organiser des élections crédibles et donc non contestées.  Une contrainte résultant de la tergiversation de la classe politique qui a rejeté, pour des raisons subversives, les calendriers proposés par feu Malu Malu. Par ailleurs, la  CENI tient ses moyens, d’organiser les élections, du Gouvernement et du Parlement : moyens financiers et lois essentielles pour le bon déroulement du processus électoral.

Nangaa est très avancé dans la tenue des prochaines élections. Il y a mis les bouchées doubles. Dans l’intérêt de la consolidation de la démocratie et de la tenue impérieuse des élections, la  tête de Corneille Nangaa n’est pas à vendre, peu importe le prix, ni négociable. Par contre, d’autres postes au sein du bureau de la CENI, qui n’ont pas un impact réel avec le déroulement du processus électoral, peuvent eux être changés et confiés à l’opposition qui placerait ses membres. Ceci, dans l’objectif non pas de freiner le processus électoral, mais de le booster afin d’amener le peuple aux élections.

L’Avenir

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