Rassemblement des Forces acquises au Changement: Le piège d’une décrispation sans Kabila

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Etienne Tshisekedi, chef de file du Rassemblement des Forces acquises au Changement découlant du conclave de Genval en Belgique
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*Dans un message à la Nation rendu public le 29 juin 2016, Etienne Tshisekedi, le désormais chef de file du Rassemblement des Forces acquises au Changement découlant du conclave de Genval en Belgique, semble vouloir entraîner les Congolais dans une nouvelle voie sans issues. Comme il y a un peu plus de 20 ans, lorsqu’il croyait pouvoir déboulonner la dictature mobutiste à l’aide de discours enflammés

* A en croire le patron de l’UDPS, tout se passerait comme si la Majorité présidentielle et Joseph Kabila étaient écartables de la scène politique en RD Congo, sans conséquences sur l’avenir de ce pays. L’ennui, c’est que pareille expérience a déjà été tentée au pays de Patrice E. Lumumba, sans succès et avec des conséquences incalculables. Un peu plus de deux décennies après, prétendre décrisper le climat politique sans tenir compte des forces en présence, principalement celles de la Majorité au pouvoir, est un dangereux leurre

Se tromper est un naturel excusable. Persévérer dans l’erreur est condamnable, voire diabolique. C’est plus ou moins ce qu’on peut tirer d’un adage latin qui a fait ses preuves: « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum ».  Pourtant, il ne semble pas que la classe politique congolaise ait connaissance de ces maximes aussi élémentaires que populaires.

Dans le message à la Nation rendu public le 29 juin 2016, Etienne Tshisekedi, le désormais chef de file du Rassemblement des forces acquises au changement découlant du conclave de Genval en Belgique, semble vouloir entraîner les Congolais dans une nouvelle voie sans issues. Comme il y a un peu plus de 20 ans, lorsqu’il croyait pouvoir déboulonner la dictature mobutiste, à l’aide de discours enflammés.

Le lider maximo, comme aiment à le désigner des partisans de moins en moins nombreux, n’a pas fait mieux que se tromper de stratégie, en plusieurs décennies d’opposition à tous ceux qui occupent le strapontin présidentiel dont il rêve. Depuis les années 90, en effet, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et des jeunots de l’âge de ses petits-fils, plus pragmatiques et réalistes, ont accédé au pouvoir.

Rien à faire, le « Vieux » reste à s’arc-bouter à ses vieilleries contre productrices, qui consistent pour l’essentiel à faire croire à des partisans passablement céciteux qu’il faut lui faire place nette d’un coup de baguette magique. Genval « … a eu le mérite de sceller (…) l’unité des forces politiques et sociales acquises au changement autour des objectifs communs et de dégager un compromis sur la nécessité d’un processus électoral respectueux de la Constitution et des délais qu’elle fixe, d’œuvrer à la mise en œuvre intégrale de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui préconise entre autres un dialogue politique … », raconte-t-il.

Ajoutant que la conférence « … a en outre exigé la décrispation de l’espace politique qui implique la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, des activistes des droits de l’homme et des journalistes, l’ouverture des médias, l’abandon de toutes sortes de tracasseries et de procédures judiciaires arbitraires à l’encontre des membres de l’opposition et de la société civile ».

Le discours à la Nation d’Etienne Tshisekedi est, comme d’habitude, un problème à résoudre plutôt qu’une solution à la crise politique actuelle. Parce que décrisper l’espace politique suppose et implique que toute la classe politique soit concernée par la décrispation. Or, ce n’est pas ce que le vieil opposant propose : pour lui, en effet, la décrispation concerne la libération de ce qu’il range parmi les détenus politiques et d’opinion, à l’exclusion de la majorité au pouvoir et de son autorité morale, Joseph Kabila. La classe politique d’Etienne Tshisekedi ne comprend pas ses adversaires, en fait. Et l’on devrait s’interroger sur les aptitudes à la démocratie d’un leader politique aussi exclusionniste.

A en croire le patron de l’UDPS, tout se passerait comme si la MP et Joseph Kabila étaient écartables de la scène politique en RD Congo sans conséquences sur l’avenir de ce pays. L’ennui, c’est que pareille expérience a déjà été tentée au pays de Patrice E. Lumumba, sans succès et avec des conséquences incalculables : entre la Conférence Nationale Souveraine où cinq-cents (500) délégués l’avaient élu 1er ministre de la République du Zaïre et la chute du dictateur qu’il prétendait combattre au début des années ’90, 7 ans s’étaient écoulés.

Le Maréchal avait bénéficié de l’équivalent d’un mandat présidentiel de sept (7) ans, avant de rendre le tablier, forcé par une agression armée et un cancer incurable. Un peu plus de deux décennies après, prétendre décrisper le climat politique sans tenir compte des forces en présence, principalement celles de la majorité au pouvoir, est un dangereux leurre.

L’Avenir

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