Quand des actes inconscients s’érigent en culture d’un peuple

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Le processus de transformation de la société menacé

« Découvre le bien qui est en toi et fais-le », répétait Socrate, le philosophe grec de l’antiquité à son interlocuteur. Pour sa part, Jésus le Messie en prêchant l’abnégation, est désigné par les moralistes comme l’apôtre du bien. En effet, le bien est une valeur déterminante sans laquelle les efforts déployés pour la transformation communautaire demeurent infertiles. La recherche du bien passe notamment par le respect de la loi, la conformité aux règles régissant une communauté… Parlant de l’élite, le professeur sociologue Robert Ngub’Usim voit dans celle-ci l’agent (pivot) de transformation de la société.

L’élite, en effet, doit se prémunir du bien comme l’aiguille et le fil, et vice-versa. (Lire la Collection intitulée : « Elite et Démocratie », Sabakinu et alii, Presses universitaires de Kinshasa, PUK 2000). Depuis l’avènement de la 3ème République, mai 1997, le comportement collectif des Congolais est inspiré par des mots d’ordre renfermant la volonté d’une régénération individuelle et collective, qui appelle la transformation même de la société. C’est le cas de la reconstruction nationale, des comités du pouvoir populaire (CPP) ; des Forces d’autodéfense populaire (FAP) ; la Paix se gagne; mobilisons-nous et organisons-nous ; le Congo est conscient de son rôle dans le concert des nations; Finie la récréation; Tolérance zéro; les 5 chantiers de la République, la révolution de la modernité… Tout cela appelent en mont, un besoin de mobilisation. Les énergies doivent se mobiliser autour de ces mots d’ordre, pour que les fruits qui en découlent profitent à la marche de la nation. Malheureusement, des actes inconscients s’érigent fatalement en culture de tout un peuple, et amincissent la voie (spirituelle) de sortie de crise. « Pourtant, ces appels cadrent avec le vœu exprimé à travers l’hymne national le « Débout Congolais » et qui dit : « Levons nos front longtemps courbés et pour de bon, prenons le plus bel élan, dans la paix …».

Le tribalisme et la « coterie» : Il s’agit d’une forme de discrimination tribale courante, voire caractéristique des Congolais. Le tribalisme s’érigeant en un sentiment prédominant, devient une sorte de référence pour quiconque y baigne. Dans l’administration et dans d’autres secteurs de la vie active, des gens réagissent en fonction de cet instinct primaire d’appartenance tribale. Le tribalisme, le favoritisme enfreignent ainsi toute perception nationale. Et partant, difficilement compatibles avec les objectifs affichés dans le cadre de l’unité nationale. L’Illustre Léopold Sedar Senghor a constaté, en son temps : « La raison est hellène, l’émotion est nègre ». Car dans la distribution des rôles, le critère de compétence est ordinairement sacrifié sur l’autel des sentiments, dont notamment le tribalisme. Aussi les bonnes consciences appellent-elles à une utilisation appréciable des ressources humaines. « Mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », clament-elles.

Dans un discours prononcé le 26 avril 2001, le président Joseph Kabila a recommandé que les ministres utilisent à bon escient le potentiel d’expertise que regorge l’Administration publique. Il reste que les gens s’émancipent de leur primarité, et intériorisent la voix raison qui mène à l’entendement supérieur.

La corruption: Le comportement collectif observable dans le système administratif congolais, est caractérisé notamment par l’empressement à se faire soudoyer pour quelque service que l’on doive rendre et pour lequel on a compétence.  Dans le secteur éducatif, les insuffisances et les irrégularités des salaires, depuis la Deuxième République, a ouvert le champ à une pratique tant décriée, le monnayage des points. Cela entrainant l’émergence des vices connexes comme les « Points sexuellement Transmissibles » (PST), une pratique courante dans des établissements d’enseignement supérieur et universitaire. Cela est également attribuable à de la corruption. Dans la mesure où, la perte d’objectivité dans l’appréciation d’un travail scientifique expose la nation à une bombe à retardement sans pareil. Ce comportement s’avère la négation du mot d’ordre de l’université qui dit: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Dans cet ordre d’idée, la question se pose de savoir comment la RD Congo accumulant des cadres universitaires pétris dans ces manœuvres peut relever le pari du développement. En son temps, M’Zee Laurent Désiré a réitéré son credo en ces termes : «Le Congo est conscient de son rôle dans le concert des nations ».

La cupidité et l’impunité des cadres : « Au Congo, le problème ne se pose pas en termes de rareté de cadres ; mais de celui des cadres intègres et véritablement voués au service à rendre à la communauté », a constaté un observateur.         « Mon peuple périt parce qu’il lui manque la connaissance », a rapporté le prophète Osée (4,6), dans les Saintes Ecritures. Au début de la décennie 80, le Maréchal Mobutu Sese Seko, dans le contexte de l’ambitieux Plan portant son nom, a déploré le déficit de responsabilité d’une certaine, élite en ces termes : « Le Président de la République n’est pas un magicien ; seul, il ne peut rien. Avec l’appui de tout son peuple, il peut tout. Mais, nous devons éviter que les efforts du peuple soient anéantis par l’inconscience et la cupidité de certains cadres », a-t-il martelé.

Le culte du diplôme : En son temps, le Cardinal Malula a fustigé en des termes clairs, le culte du diplôme. Pourtant, ce que la base attend de l’élite, c’est notamment une vision, c’est l’engagement dans l’action … Le Cardinal, en effet, a souligné : « la vraie valeur d’une élite ne réside pas avant tout dans l’étalage de diplômes ou des connaissances, mais plutôt dans la compréhension du réel pour innover, créer quelque chose d’utile, d’agréable et de durable à la société à laquelle on appartient », a-t-il éclairé.

-Le non affichage des prix et l’insécurité alimentaire : Un éventail de pratiques d’essence inacceptables, sont devenues telle une seconde nature du marché dans le contexte kinois. Le service d’hygiène et celui des affaires économiques ne produisent guère d’effets palpables au marché, en rapport avec leurs missions respectives. D’où, la persistance des maux tels que le non affichage des prix sur les articles, ce qui consacre le règne de la spéculation ;  l’insalubrité courante ; l’écoulement de produits avariés ; l’insécurité alimentaire.

-Des mesures sans lendemain : Il est courant de constater que le principe de la continuité de l’Etat entre en difficulté à la suite des mesures sans lendemain. Des cas sont légion : la répression du tapage diurne et nocturne, l’occupation anarchique de la place publique avec privation soit de passage à la population soit de l’aire de jeu aux jeunes. Dans les quartiers de Kinshasa, en effet, ceux qui érigent des garages, des briqueteries, des parkings, des marchés de fortunes, convainquent le bourgmestre ou son délégué par des arrangements. Point n’est besoin de rappeler qu’une gouvernance démocratie en mal du sacro-saint principe de la continuité de l’Etat est une entorse au processus du développement.

(Payne)

 

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