Psychose autour du 19 décembre: Voici pourquoi il ne se passera rien

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Certaines forces de l’opposition radicale réunies au sein du mouvement dénommé « Rassemblement » s’organisent pour contraindre le Président de la République à abandonner le pouvoir le 19 décembre 2016. A qui veut les entendre, les tenants de ce départ précipité, affirment leur volonté de mettre le pays à feu et à sang si le Président Joseph Kabila ne quitte pas le Palais de la Nation ce lundi-là.

Cette date a été choisie parce qu’elle correspondrait à la fin du mandat, selon un calendrier qui n’existe que dans la conviction de ceux qui veulent accaparer le pouvoir ce jour-là. En prenant la date du 19 décembre comme référence, ces compatriotes ignorent l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution et sous-estiment la force obligatoire de   l’arrêt de la Cour Constitutionnelle du 11/05/2016, affichant ainsi leur mépris pour les Institutions de la République, ainsi que leur solidité.

Les compatriotes du Rassemblement ne disent pas exactement qui assumerait les responsabilités de Chef de l’Etat à partir du 20 décembre 2016. Ils crient, à qui veut bien leur prêter oreille, qu’ils mettraient en place un « Régime spécial ». Nul ne sait sur quelle base légale sera assis ce régime, ni comment sera organisé celui-ci, ni qui sera à sa tête, encore moins  comment il sera contrôlé et pour combien de temps il sera en vigueur. Ces incertitudes ne remettraient-elles pas en question le principe de la continuité de l’Etat consacré par l’article 69 de notre Constitution ? A suivre le raisonnement des dirigeants du Rassemblement, la RDC abandonnerait donc sa Constitution actuelle et s’éloignerait ainsi de la démocratie.

Comment en-sommes-nous arrivés là ?

Pour des raisons que le peuple congolais connaît, rappelons dans les grandes lignes, que la Rd Congo n’a pas pu organiser les élections présidentielles et législatives prévues cette année. En effet, nul n’ignore que la législature passée a été profondément perturbée par la guerre du  M23, de nombreux troubles au Nord-Kivu, sans compter les rébellions du Nord de l’ancienne province du Katanga. Ces perturbations ont complètement chamboulé les prévisions budgétaires de la République. Fallait-il privilégier les élections au détriment de la sécurité des personnes et de la survie de l’Etat ?

A ceci viendront s’ajouter les incessantes remises en cause par l’opposition des calendriers électoraux présentés par la CENI. Faut-il ajouter le rejet par cette même opposition du recensement général de la population ou encorele manque de la Loi sur la répartition des sièges. Pour sortir de cette impasse et en réponse à de nombreux appels au  dialogue provenant de l’opposition, le Président de la République avait initié des consultations en vue de préparer un dialogue national inclusif. Après en avoir accepté le principe et même signé des pré-accords avec les représentants de la Majorité Présidentielle à l’étranger, notamment à l’Hôtel Raphael de Paris, l’UDPS s’est rétractée, comme à son habitude.

Les pressions de l’ambitieux Moïse Katumbi Chapwe, ses millions et les encouragements des étrangers intéressés à exploiter, à bon compte, les richesses de notre pays, ont joué un rôle considérable dans la tournure des événements. Ceux qui, au nom de l’UDPS, prêchaient le dialogue, ne jurent plus que par la pression de la rue pour contraindre le pouvoir légitime à quitter le Palais de la Nation, le 19 décembre.

Ces compatriotes, anciens et nouveaux partisans de la violence, font semblant d’ignorer que la grande majorité de la classe politique représentative s’est réunie pour un dialogue entre le 1er septembre et le 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine de Kinshasa. En toute sérénité, l’élite politique congolaise s’est mise d’accord pour ouvrir une période transitoire de 18 mois. Ce laps de temps est prévu pour détendre les esprits en travaillant ensemble, établir un nouveau calendrier, rassembler les moyens pour enfin organiser des élections libres, démocratiques, crédibles et apaisées.

Etonnamment : contre cette proposition de paix, le « Rassemblement » agite la menace de mettre le pays à feu et à sang si le Palais de la Nation n’est pas vacant dès le 19 décembre 2016 à 23h59’. Les efforts répétés de la CENCO n’ont pas su fléchir l’intransigeance de ceux qui veulent offrir le sang des Congolais en holocauste.

Dans cette affaire, le Rassemblement commet une grave erreur d’appréciation sur la sagesse des Congolais. Qui peut croire un seul instant que les Congolais sont tellement dépourvus d’intelligence, de discernement et de tempérance  au point d’enflammer leur pays à cause d’un décalage de 18 mois sur le délai initial?

L’on peut donc, sans être prophète ni magicien, prévoir qu’il ne se passera rien de spécial le 19 décembre. Il y aura, certes, quelques va-t-en-guerre ou naïfs dans les rues de Kinshasa, Goma ou ailleurs, mais ils comprendront très vite que le peuple congolais n’est pas avec eux. A Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga ou partout ailleurs les Congolais aspirent à passer des fêtes de fin d’année paisibles pour, après, entamer la nouvelle année, chacun, selon ses convictions, préparer les élections de 2018. Voilà pourquoi il ne se passera rien de spécial le 19 décembre 2016.

L’Avenir

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