Province Orientale: Un défenseur des droits de l’homme diabolisé

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On en sait un plus désormais. Le nommé Frédéric Maindo Mwanya serait en train de payer les frais du fait de son appartenance à la fratrie Maindo. Tout remonte en 2012, un certain 2 février, alors qu’il regagnait sa maison. Chemin faisant, Frédéric Maindo Mwanya se fera intercepté par des personnes non autrement identifiées qui se réclameraient de la Police nationale dans la commune de Makiso. Sans raison, elles l’ont copieusement battu avant de l’acheminer à un poste de fortune de la police, toujours dans la commune de Makiso, ville de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale.

Il y sera détenu puis remis en liberté quelques jours plus tard sur pression de ses pairs défenseurs des droits de l’homme qui sont venus à la rescousse de sa famille arrivée au bord du désespoir. Pendant son audition devant l’Opj, il est ressorti que Frédéric Maindo Mwanya était poursuivi pour deux griefs : son activisme dans une structure de défense des droits de l’homme avec comme finalité de saboter l’action du gouvernement de Kinshasa et le prétendu vol de téléphone portable lors d’une conférence scientifique organisée à l’amphithéâtre de l’Université de Kisangani.

D’ailleurs deux mois auparavant, Frédéric Maindo a été indexé comme recruteur des jeunes boyomais qui devraient rejoindre la pseudo-rébellion de M. Gabriel Maindo, celui-ci étant frère de Frédéric Maindo et ancien officier de l’armée congolaise qui s’est réfugié à l’étranger au lendemain de l’assassinat de M’Zee Laurent-Désiré Kabila dont il faisait partie de son ancienne garde rapprochée.

L’on déduit que le péché de Frédéric Maindo c’est le lien consanguin qui le lie avec son frère utérin, le sieur Gabriel Maindo. Et il en paye les actes subversifs de Gabriel Maindo dont il n’avait jamais eu de nouvelles, encore moins des contacts directs ou indirects depuis qu’il était en poste à Kinshasa jusqu’à son exil. Ainsi, tous les griefs sus indiqués portés contre Frédéric Maindo ne sont que de nature à lui chercher des poux sur la tête, sinon de le diaboliser.

Son démenti n’ayant pas rencontré l’assentiment de ses tortionnaires, Frédéric Maindo se verra à nouveau sévèrement torturé, puis séquestré avant d’être relâché, toujours grâce à l’intervention des organisations de défense des droits de l’homme de Kisangani qui, chaque fois, montaient au créneau pour le besoin de la cause.

Le 7 février 2012, soit cinq jours après sa détention au cachot du commissariat de la police de Makiso, Frédéric Maindo Mwanya sera une fois de plus interpellé, cette fois-là par le Parquet de grande instance de Kisangani, et ce, au motif d’avoir subtilisé toutes les preuves de recrutement des jeunes boyomais à la cause de son frère Gabriel Maindo.

Dans l’entendement de celui qui est censé dire la Loi, M. Maindo devrait avouer les faits lui imputés si seulement il tient à sauver sa peau, faute de quoi il disparaitrait sans autre forme du procès. Explicitement, Frédéric Maindo devrait reconnaître les faits lui imputés gratuitement.

Le magistrat lui a aussi enjoint de lui indiquer l’endroit où il avait caché les pièces volées et de lui communiquer les noms d’autres complices impliqués dans la rébellion en gestation. N’ayant pas obtenu gain de cause, le magistrat ordonnera encore son incarcération.

Une pièce de près de 3 mètres carrés a servi pour accueillir Frédéric Maindo et 43 autres personnes dans des conditions inhumaines : chaleur suffocante, sans eau ni fenêtre ni lumière, encore moins les toilettes. Après les calvaires endurés au cachot du Parquet de grande instance de Kisangani, Frédéric Maindo sera transféré – sans mandat de dépôt ni procès-verbal d’audition – à la Prison centrale de Kisangani située dans la commune de Makiso.

Il obtiendra, sous condition, le 10 février 2012, une remise en liberté provisoire moyennant paiement d’une caution de 1.000$ US. Curieusement dans l’ordonnance, il est indiqué seulement 18.000 Francs Congolais, soit l’équivalent de 20$ US. Alors où est passé le reste d’argent ? Allez-y comprendre quelque chose !

Soumis à une présentation de routine, Frédéric Maindo Mwanya se présentera le 27 août 2014 au Parquet de grande instance de Kisangani pour, cette fois-ci, demander au magistrat une décision de mise en liberté définitive contre celle du février dernier. La démarche de Frédéric Maindo suscitera une très vive colère du magistrat à tel point que ce dernier intimera l’ordre aux policiers en faction au parquet de le châtier.

Tabassé au point de perdre connaissance, l’infortuné sera acheminé à l’hôpital du cinquantenaire de Kisangani sous la surveillance de deux policiers. Après son rétablissement, un des policiers lui permettra de se sauver. Depuis, la famille Maindo est sans nouvelle de leur rejeton !

(Sifya/L’Avenir)

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