Province Orientale : les activités humanitaires de transition hypothéquées ?

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Au début de l’année 2010, la grande partie des réflexions sur les interventions humanitaires en Province Orientale tournait autour des activités de transition vers le développement tant les conditions sécuritaires dans plusieurs zones s’étaient améliorées. Cinq années plus tard, ces activités de transition sont loin de se matérialiser faute de financement et/ou d’acteurs de mise en œuvre. En parallèle, l’activisme des groupes armés persistent, ou mieux, prend de l’ampleur dans des nombreuses régions.

Ceci constitue un véritable défi tant dans la poursuite de l’action humanitaire que dans une probable mise en place des activités de transition. Dans le sud du Territoire d’Irumu, en Ituri, l’arrestation du leader du groupe armé Forces de résistance patriotiques de l’Ituri (FRPI), Cobra Matata, n’a pas résolu le problème du désarmement et de la démobilisation de cette milice. La grande question reste de savoir si l’option militaire lancée fin mai – début juin arrivera à pacifier cette région pour enfin songer à mettre en œuvre des projets de relèvement et de transition.

La région demeure à ce jour une des zones humanitaires prioritaires de la Province Orientale, abritant plus de 100.000 personnes déplacées internes. Le Territoire de Mambasa, dans le District de l’Ituri, constitue aujourd’hui une des plaques tournantes des groupes armés chassés de la Province du Nord-Kivu (ADF, FDLR, etc.). Ces derniers s’y livrent à l’exploitation illégale des minerais. Des affrontements récurrents entre l’armée et ces groupes sont à l’origine des déplacements de population et des exactions commises sur les populations civiles.

Dans les deux districts des Uele, on assiste à une recrudescence des attaques des présumés miliciens de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), bien qu’encore à petite échelle et leurs auteurs soupçonnés d’être juste à la recherche de survie. Il serait cependant illusoire de considérer la situation comme étant stabilisée pour autant qu’il y ait souvent mort d’hommes et que les attaques se rapprochent de plus en plus de grandes cités, dont Ango et Bondo. Cette situation est une grande préoccupation, surtout pour le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) qui y a programmé un rapatriement d’environ 3.000 réfugiés congolais en provenance de la RCA. Ce retour pourra davantage accroître les besoins humanitaires dans cette zone déjà en situation de précarité depuis le désengagement, faute de financement, de 18 organisations sur les 24 qui y travaillaient.

Pour un financement conséquent des activités humanitaires et de développement

Ce climat sécuritaire délétère exerce une pression énorme sur la réponse humanitaire déjà sous-financée. De nombreuses zones pourraient retomber dans une situation d’urgence, un scénario qui anéantirait tous les efforts consentis jusqu’à ce jour. C’est pour cette raison que la communauté humanitaire de la province ne cesse de plaider pour plus de moyen: d’une part, pour la poursuite de l’aide d’urgence dans les zones encore instables et, d’autre part, pour encourager les acteurs de transition et de développement à se positionner le plus rapidement possible.

Dans le cadre du Plan stratégique de réponse 2015, les humanitaires ont demandé USD 93 millions pour répondre aux besoins prioritaires de la province ; le quatrième grand budget provincial de l’année. La partie mobilisée à ce jour – USD 3,6 millions – est loin de permettre une réponse à la proportion des besoins.

L’Avenir/Ocha

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