Province du Kwilu: Kalvary ou le parcours miraculé d’un vétérinaire originaire du village Mpene-Munkoko

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Il est dans la vie courante, des circonstances dans lesquelles l’individu, sous l’instinct de survie, effectue des prouesses dont il pourrait douter si on lui demandait de refaire. Tout, en effet, se passerait à la manière des Fakirs. Ces ascètes asiatiques qui font rêver. En effet, le professeur John Mayingi dispense le cours d’anglais dans une école salutiste de la place. Dans un entretien avec la presse le week-end dernier, il a relaté ce qu’il a lui-même qualifié de ‘’parcours miraculé d’un vétérinaire originaire du village Mpene-Munkoko’’. Pourquoi miraculé ? L’orateur d’expliquer : il s’agit de l’histoire vécue d’un va-nu-pieds qui franchit les frontières des Etats-Unis, comme pour se soustraire au courroux d’un patron et ses associés, après une faute de service qui a décimé une centaine de têtes d’un cheptel. Et à la base de l’affaire, le jeune vétérinaire sous l’effet d’hallucination, (le débat reste ouvert), a laissé sa famille en larmes, notamment les frères Kutesa Aimé et Faustin, ses oncles. En effet, le concerné se nomme Kalvary Faustin, natif de 1988, dans le district du Kwilu province du Bandundu (avant le démembrement issu de la décentralisation territoriale, la dernière en date qui a fait passer le pays de onze (11) à  vingt-six (26) provinces). Ce jeune qui deviendra plus tard vétérinaire, a quitté son pays par la pointe des pieds, après avoir été reconnu coupable d’un accident de service ayant rasé un important cheptel.

Quand l’obtention du diplôme d’Etat ouvre des perspectives, Kalvary fait ses premiers pas dans la vie

Je suis infirmier vétérinaire de formation. Après l’obtention du certificat d’études primaires à l’Institut Kwango au Bandundu, j’ai décroché mon diplôme  d’Etat en 2007. Après ma formation universitaire, j’ai travaillé comme vétérinaire au Ministère de l’Agriculture sans cependant, y être engagé. Je me suis lancé alors dans une carrière personnelle, en prestant des services (c’est-à-dire soigner des animaux pour le compte des tiers). Heureusement pour moi, j’ai fini par être embauché dans une ferme, propriété d’une notabilité locale. C’était une ferme de taille non négligeable, comprenant environ mille huit-cents têtes du bétail.

Le 4 février 2016, après avoir traité à peu près cent et cinq (105) animaux, je reçois un téléphone le jour suivant, très tôt le matin que tous les animaux sont morts. Embarrassé, je descends à la ferme pour faire des investigations sur l’incident. Je me suis rendu compte que le produit injecté était normal, la cure aussi. Sur ces entrefaites, je me dois la vie sauve grâce au sens d’humanité du chef de cheptel, communément appelé ‘’Kapita’’ (pour dire le capitaine de l’équipe). Celui-ci, en effet, m’a demandé de m’effacer instamment, affirmant que ce qui était advenu allait soit me coûter la vie soit m’entrainer en justice, au regard de la taille de l’incident et du statut d’officiels des personnalités qui avaient placé leurs capitaux dans cet investissement. J’ai donc été informé de ce qui se tramait contre moi face à la culpabilité, aussi ai-je pris la résolution de me sauver en me soustrayant illico. Le 4 mars de la même année, ma mère interpellée autour de cette affaire puis sommée de me livrer quand bien même en réalité, elle n’aurait pas su me localise. Bien entendu l’infraction étant individuelle. Bien par ailleurs, je ne devrais pas être inquiété pour autant, puisque ce qui est advenu était un accident de travail.  Un cas similaire est survenu en 2002 à un vétérinaire du ministère de l’Agriculture, qui n’a plus laissé de trace après avoir accidentellement tué des animaux. Depuis lors, personne au pays n’est au courant de la suite de cet événement ni du sort de l’inculpé.

Entre un bref séjour à Matadi et le périple américain en cascadeur

Le 4 avril 2016, dans la logique de me soustraire j’ai rejoint, en effet, la ville portuaire de Matadi où je suis abrité pendant quelques heures chez le prénommé Fiston, une vielle connaissance. Je me détermine alors à embarquer dans un navire et me retrouve, un mois plus tard, à Sao Paulo au Brésil. De là, j’ai sollicité un secours financier à ma famille. C’est alors que je me suis rendu compte que pour mes proches biologiques, je n’étais plus en vie. Ils avaient porté le deuil en souvenir de moi. Pour eux donc, je n‘étais plus du monde des vivants.

Du Brésil, j’ai pris un bus pour le Pérou. De là, je suis parti en Equateur (Ecuador) puis en Colombie, où je me suis fait embarquer dans une pirogue en pleine forêt, pour atteindre le Panama. De là, j’ai emprunté un bus pour le Costa Rica, et tour à tour le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala. Le 3o juillet de l’année en cours, j’ai débarqué à Mexico. En fin de compte, j’ai atteint la frontière des Etats-Unis d’Amérique en Californie.

(Lepa)

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