Province du Haut Katang: Jean-Claude Kazembe éjecté

Qu’est-ce qui se passe dans la province sensible du Haut Katanga, jusqu’à provoquer l’éviction de son Gouverneur ? Sinon depuis un certain temps, un malaise était visible, d’autant que le Gouverneur Jean-Claude Kazembe Musonda n’était plus soutenu par sa famille politique, la Majorité Présidentielle.  N’ayant plus de soutien au sein de sa propre famille politique, Jean-Claude Kazembe n’avait plus le contrôle de la situation. C’est ainsi que la motion de censure contre lui ne pouvait qu’aboutir avec succès en sa défaveur et ce, y compris l’ensemble de son équipe gouvernementale provinciale du Haut Katanga.

En effet, après trois heures de débat, sur les 31 députés provinciaux que compte la province du Haut Katanga, 24 ont pris part active à cette plénière consacrée à l’examen et vote de la motion de censure, initiée par le député provincial Jean Mwandwe, et 7 députés provinciaux n’ont pas pris part au vote. Soulignons que cette séance plénière était convoquée hier mardi 18 avril 2017, au siège de provincial de l’organe délibérant au bâtiment du 30 juin, sous la présidence de l’honorable Mwelwa Nsambi wa Kasongo.

Tout a commencé par une forte inquiétude au sein  de l’Assemblée provinciale du Haut Katanga, exposée par l’auteur de la motion de censure, de l’honorable Jean Mwandwe. Ce dernier se dit victime de menaces et injures proférées par sa famille politique, le PPRD à travers le téléphone, peu avant de demander la protection du président de l’Assemblée provinciale.

Ensuite, s’en suivra le débat entre élus provinciaux sur la lettre du Gouverneur Jean-Claude Kazembe Musonda. Lettre adressée au Président de la République, dont le contenu n’avait pas plu aux députés provinciaux. Dans ce document, Jean-Claude Kazembe ne reconnaissait pas l’autorité de l’organe délibérant de sa province, et par voie de conséquence, il dit s’en remettre à l’autorité du Chef de l’Etat, celui-là même qui doit trancher sur les différends qui l’opposent avec l’Assemblée provinciale. Et par la même voie, il ne reconnait pas la compétence de l’Assemblée provinciale de statuer sur son cas.

Et enfin, la troisième partie du débat était consacrée à la motion de censure elle-même. Après trois heures de débat musclé, les élus du peuple provinciaux ont désavoué leur Gouverneur par un vote de 24 voix sur 24. A la même occasion, un délai de 48 heures lui est accordé pour déposer sa lettre de démission à la tête de la province cuprifère du Haut Katanga, au bureau de l’Assemblée provinciale.

Qu’est-ce qu’on lui reproche ?

Disons qu’il lui est lui reproché entre autres une mauvaise collaboration et entente avec ses collaborateurs, une gestion calamiteuse de la province, la passation de marchés en sa faveur, etc. Faits relevés par l’auteur de la motion, l’honorable Jean Mwandwe, approuvés par ses collègues qui ne se sont pas pliés à dédouaner Jean-Claude Kazembe au regard des accusations avérées. « Je lui ai reproché le manque de relation avec ses collaborateurs, le climat de travail qui n’était pas bon, tous les temps en conflit avec Mme la vice-gouverneur, une centralisation de gestion et passation de marché en sa faveur, la gestion financière trop catastrophique… », a déclaré l’auteur de la motion.  

La vice-gouverneur démissionne

Peu avant l’examen de la motion de censure, la vice-gouverneur Bijou Mushitu Kat n’avait pas attendu la destitution de son titulaire, pour anticiper le dépôt de sa démission au bureau de l’Assemblée provinciale, déplorant également le manque de collaboration avec son gouverneur, les rapports de travail trop difficiles, nous a-t-elle avoué par téléphone. « Je confirme avoir déposé ma démission ce matin pour des raisons personnelles. J’ai remarqué que les choses ne marchaient plus. J’ai démissionné en toute sincérité et honnêteté et je continue à soutenir le Chef de l’Etat », a déclaré Bijou Mushitu Kat, qui a pris à témoin la population du Haut Katanga, en démissionnant tête haute pour soutenir sa province. En même temps, elle a présenté ses remerciements au président Joseph Kabila qui l’avait soutenu pour faire partie de l’équipe devant diriger cette province, après la démission de Moïse Katumbi.  

Des sources sûres du Haut Katanga rapportent qu’au moment de l’examen de la motion de censure, le Gouverneur Jean-Claude Kazembe n’avait pas pris part au débat pour présenter ses moyens de défense. Il serait en dehors de la province et/ou de Lubumbashi, chef-lieu de la province. Une manière de saboter l’organe délibérant. Voilà qui a accentué la colère des députés provinciaux, et qui l’ont sanctionné sévèrement.

Cependant, en attendant l’organisation d’un autre scrutin en vue de l’élection des nouveaux animateurs de la province du Haut Katanga, la province sera administrée par le Directeur provincial, ont rapporté nos correspondants à Lubumbashi. Somme toute, Jean-Claude Kazembe, en sa qualité de député national, devra sans doute regagner l’hémicycle du Palais du peuple où, désormais il va siéger jusqu’à l’organisation prochaine des élections législatives.

(Pius Romain Rolland )

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