Province de Maïndombe: L’honorable Etibako préconise le consensus

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Après le découpage, l’accès au pouvoir et l’exercice du leadership pour relever le défi dans le concert des provinces. Parlant de la province de Maïndombe, l’honorable Edi Etibako préconise le consensus. L’élu de Bolobo (dont l’interview suit) lance un appel pressant : « Nous devons nous en tenir au consensus. Ceci fera de Maïndombe une grande province, parce qu’il y a consensus et qui va partir jusqu’aux rotations des mandats politiques futurs », a-t-il dit.

De quoi a-t-il été question au cours de l’entretien que vous avez eu avec la communauté banunu bobangi de Kinshasa ?

Des enjeux du récent découpage, nous avons parlé de la province de Maïndombe. Pour rappel, trois nouvelles provinces sont issues de l’ancienne province du Bandundu : le Maïndombe, le Kwango et le Kwilu. J’ai expliqué à ma base tribale, les enjeux sur cette province, en rappelant l’histoire : les banunu bobangi qui est un peuple jadis glorieux, aujourd’hui, presqu’anéantis. Avec la nouvelle province, nous sommes obligés de réactiver la puissance de notre province.

Vous êtes l’élu de Bolobo. Qu’attendez-vous concrètement de la communauté locale de Kinshasa ?

Notre peuple s’appelle banunu bobangi. Kinshasa, c’est plutôt Nsasa qui est notre village. Les deux noms : banunu et bobangi ont été identifiés par les Blancs. Dans la langue zanzibarite, les banunu, cela signifie les vieillards. Et les bobangi, les gens venant de l’Oubangui.

Comment se fait-il que des vieillards et des gens venant de l’Oubangui se retrouvent depuis lors, à Bolobo ?

A l’époque, avant l’arrivée des Blancs, nous étions les maîtres, le peuple glorieux, les détenteurs de la civilisation le long du fleuve. Nous régnions en maîtres. Les bobangi avaient un marché d’esclaves : Ntambu. Au cours du temps, cela est devenu Kintambu. Le préfixe « Ki » émanant des bazombo (peuple marchand provenant d’Angola), qui venaient y acheter des esclaves. Au lieu de Ntambu, ils disaient Kintambu. C’est comme les baluba pourraient dire Tshintambu, voire Tshinsasa. Et les bakongo, Kintambu ou Kinsasa.

La nouvelle province est là, sur quoi les banunu bobangi vont-ils s’appuyer pour se préserver des lendemains meilleurs ?

Je rappelle à ma base que nous venons de loin, et cela est tout à fait normal.

Il ne faut pas qu’on dise quelque part, en ironisant, que les banunu bobangi, c’est un peuple ancien succès et sans terre !

Tel que le monde est fait par Dieu, il y a des époques. Au départ, les Grecs étaient des grands. Aujourd’hui, ils pleurent. Les Portugais aussi. Pour l’heure, ce sont les Etats-Unis qui règnent. Et c’est pareil pour les banunu bobangi. Hier, c’était notre temps. Peut-être que demain, il nous serait donné de reprendre le devant de la scène.  Ce n’est pas du tribalisme ; cela relève de la discrimination positive. Pour la perspective d’avenir, moi à la tête en tant que rassembleur de toutes les tribus, même les voisins. A Bolobo, nous avons le peuple batende, le voisin direct aux banunu bobangi dans l’ex cité de Bolobo. Le peuple bateke est le voisin indirect. Pour nous, en effet, les uns et les autres sont nécessaires. L’on ne peut pas se développer dans ce contexte précis, sans ses voisins. Cela relève de la discrimination positive.

Quel message adressez-vous à votre base de Bolobo ?

Bolobo a été érigé en ville, des personnes aux intentions douteuses ont écrit des lettres d’opposition. Quant à nous, nos villages seront érigés en villes, à l’instar de Ntambu devenu Kintambu et de Nsasa dont découle Kinsasa. Il y a aussi Boma. Ce sont les banunu et les baboma transposés là-bas par Stanley qui ont créé cette ville, et non les bakongo. Pour les  perspectives d’avenir, je préconise le consensus. J’appelle d’abord les leaders de la province de Maïndombe à prendre conscience. Nous ne devons pas vivre comme jadis où le Kwilu s’arrogeait tous les avantages. Maïndombe devra émerger en consensus. Le partage du pouvoir doit être équitable entre toutes les communautés. Et je ferai en sorte que ma province se retrouve au gouvernorat de Maïndombe. Cette province est composée de la fusion de deux anciens districts : Le Plateau et Le Maïndombe. Si le gouverneur doit sortir de l’ancien Maïndombe, le Vice-gouverneur, du Plateau et vice-versa. Pour l’Assemblée provinciale, c’est idem, le consensus. Ceci fera de Maïndombe une grande province, parce qu’il y a consensus et qui va partir jusqu’aux rotations des mandats politiques futurs.

Quand vous préconisez le consensus, qu’en est-il de la supériorité numérique des voisins ?

La supériorité numérique à laquelle vous faites allusion crée un déséquilibre. La configuration du district de Maïndombe : le territoire de Kutu a 7 députés provinciaux, suivi d’Inongo 5 députés provinciaux et les restes ont soit un soit deux députés. Quant au Plateau : Bolobo 2, Yumbi 2, Mushi 2, Kwamuth 1. Le déséquilibre est perceptible : 17 et 7 députés provinciaux. D’où, la nécessité de nous en tenir au principe du consensus. Nous avons le fleuve, ils ont le lac et des rivières. L’on ne peut franchir Kinshasa sans passer par le fleuve. Donc, chacun en ce qui le concerne est puissant.

(Payne)

 

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