Promotion humaine et lutte contre la pauvreté: L’Egypte dit « non » à l’extrémisme

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Ce phénomène a très longtemps rongé la société arabe, avec tous ses effets collatéraux extrêmement néfastes. Aujourd’hui, plus que jamais, dans sa nouvelle politique d’enraciner la culture démocratique au pays, l’Egypte dit « non » à l’extrémisme. Des efforts considérables se poursuivent quant à ce, pour circonscrire l’extrémisme, propager la culture de l’indulgence et de la diversité, enraciner la liberté de l’opinion et d’expression, tout en établissant la justice sociale et la démocratie. Pas plus tard que lundi 6 avril 2015, le Président Abdel Fattah El-Sissi a examiné les efforts devant être déployés pour rectifier le discours religieux.

La Région arabe se trouve aujourd’hui dans une phase décisive de son histoire et fait face à une multitude de défis. Parmi lesquels, l’état d’inconsistance et de reformulation des régimes politiques qui a suivi les révolutions populaires éclatées dans certaines contrées arabes, et la propagation d’organisations extrémistes (terroristes), dont l’Etat islamique en Irak et Syrie (Daech ou ISIS) qui continue de commettre les crimes les plus atroces à ce jour, arborant des préceptes islamiques.

Au cours de cette phase, des discours, qu’ils soient religieux, doctrinaux ou politiques, recèlent un extrémisme et une haine sans précédent. S’ensuivent, une variété de pratiques violentes rarement connues auparavant ; une tendance accrue aux guerres civiles ; des différends à caractère tribal, sectaire et élitiste suscités et réanimés. Le tout jumelé d’une prolifération d’aspects de polarisation dans beaucoup de sociétés arabes reposant sur des bases doctrinales, religieuses et ethniques.

Pour les intellectuels égyptiens, tous ces aspects laissent voir un présage de division géographique et une menace de perte de l’identité nationale à tous les citoyens, aussi différents et variés soient-ils. L’extrémisme est un phénomène répandu qui prend de l’ampleur, harcelant la société humaine ancienne et récente. L’extrémisme religieux n’en est qu’une facette. Il va sans dire que les discours jusqu’au-boutistes et le militantisme lui sont étroitement liés.

Il en découle un recours à la violence, un refus du différend allant jusqu’à le taxer d’incrédulité et parfois même l’exclure. Reste à dire que l’extrémisme ne sévit pas seulement dans le domaine religieux, mais s’étend dans les domaines social, politique et culturel, lesquels sont envahis eux-mêmes par la polarisation, l’unilatéralisme de la pensée, l’arrogance, la fierté méprisante, l’illusion de détenir la vérité absolue, et la guerre des antipodes, qui rétrécissent les espaces communs pouvant exister entre citoyens, les pouvoirs politiques et les courants de pensée.

De la conférence « Vers une stratégie arabe exhaustive pour lutter contre l’extrémisme »

Dans son discours prononcé au 25ème sommet arabe tenu au Koweït du 25 au 26 mars 2014, M. Adly Mansour, alors d’Egypte par intérim, avait plaidé pour l’organisation d’une conférence devant regrouper les penseurs et les intellectuels du monde arabe, pour l’élaboration d’une stratégie arabe exhaustive en vue d’affronter le phénomène de l’extrémisme. Cette charge confiée à la Bibliotheca Alexandrina a été mise en œuvre et concrétisée du 03 au 05 janvier 2015 sous les auspices de l’actuel Président démocratiquement élu de la République arabe d’Egypte, M. Abdel Fattah Al-Sisi.

C’est au cours de cette conférence intitulée « Vers une stratégie arabe exhaustive pour lutter contre l’extrémisme », que ressort une analyse profonde (dont un extrait vous est présenté en sus de cet argumentaire) du phénomène de l’extrémisme sous ses multiples aspects : religieux, politique, médiatique, culturel et éducatif. C’était une conférence reflétant une diversité arabe dense au niveau des appartenances politiques et intellectuelles, des convictions religieuses, des tranches d’âge et des sexes.

Elle a donc offert un modèle de dialogue basé sur le respect de la différence, la diversité créatrice et l’acceptation d’autrui. Ce qui est supposé être la méthode d’interaction à adopter dans les problèmes de la culture arabe, loin de tout militantisme et à distance des pensées rigides, du refus de la diversité et de l’exclusion du différent.

Quelques causes principales de l’extrémisme

À l’issue de ces assises, les participants qui étaient à plus de 250 intellectuels du monde arabe, ont décelé plusieurs causes principales de l’extrémisme, regroupées en sept points. Entre autres, l’éducation et la conduite sociale enracinée reposant sur la culture de l’arrogance, le refus de l’autre et la tendance à l’amoindrir. S’y ajoutent la récession de l’esprit critique et l’inexistence de la culture de la participation.

Aussi, des discours religieux fanatiques basés sur les fausses interprétations et les explications erronées qui vont à l’encontre des préceptes de l’Islam et des valeurs spirituelles nobles de toutes les religions dont l’amour, la pitié et l’indulgence. Comme autres principales causes de l’extrémisme, la pauvreté, l’illettrisme et l’ignorance. Cette trilogie, selon les intellectuels arabes, pousse la personne à suivre aveuglément les discours religieux falsifiés et défigurés, les fatwas, les interprétations insensées, les opinions émanant d’esprits étroits et bornés, … bref, tout cet environnement hostile à la culture de la différence.

La femme est souvent au premier rang des victimes de l’extrémisme. Ceci est dû au processus chancelant du développement culturel et social dans les sociétés arabes, ont attesté les participants à cette conférence.

On cite aussi comme cause de l’extrémisme, l’absence d’efficacité des chefs et des dirigeants, ceux qui sont ingéniés à mélanger originalité et contemporanéité, à moderniser la structure des sociétés arabes sans se détacher de leurs racines « civilisationnelles » et leurs origines culturelles. La propagation des plates-formes médiatiques locales et régionales émettent un discours incitant à l’extrémisme et à la haine et nuisent à la pensée religieuse modérée, ignorant les valeurs spirituelles nobles communes entre toutes les religions.

Les causes de l’extrémisme sont aussi les conséquences néfastes et négatives des pensées léguées, des habitudes sociales et des valeurs culturelles, qui ont produit des défigurations culturelles et sociales renforçant le sentiment de supériorité et de fierté vis-à-vis du différent, et attisant les feux sectaires, ethniques et doctrinaux.

Des recommandations pour circonscrire l’extrémisme

Les discussions entretenues au cours de cette conférence de la Bibliotheca Alexandrina ont abouti à diverses recommandations précises pivotant autour des axes principaux qui peuvent faciliter le combat du phénomène de l’extrémisme et de le circonscrire. Notamment par rapport aux discours religieux ; à la culture, à l’éducation et aux médias.

Entre autres recommandations, l’engagement les institutions religieuses à s’attaquer aux valeurs qui circulent dans la société surtout entre les jeunes. Figurent au premier rang de ces valeurs, les interprétations déformées des deux conceptions du « Djihad » et de l’apostasie aussi bien que le statut de la femme, l’appel au changement par la violence, et le refus de l’Etat de droit et des institutions.

Ouvrir la voie à l’« Ijtihad » et à la connaissance authentique des fins de la charia. Reconnaître la perspective historique de la législation et la développer pour la rendre compatible avec les exigences de l’époque. Relancer les efforts des innovateurs parmi les intellectuels musulmans de renom, tout en veillant à leur compatibilité avec les chartes des droits de l’homme. Remettre à jour la culture des ulémas, tout en l’agrémentant de connaissances récentes et de pensées modernes.

Réviser les lois, les règlements et les pratiques administratives de manière à faciliter l’élan de la pensée libre et de la créativité dans la société, à enrayer les obstacles qui entravent la liberté d’opinion, et à couper court à toutes les tentatives de tutorat intellectuel et de censure religieuse. Etablir un observatoire pour lutter contre l’extrémisme pour affronter la pensée extrémiste, et regrouper les initiatives culturelles visant à le combattre.

Consacrer des budgets suffisants pour financer un fonds voué aux projets de développement culturel et de lutte contre l’extrémisme, à la consolidation duquel contribuent les Etats aisés de la Ligue Arabe et les Etats donateurs. Faire appel à l’unification des systèmes éducatifs – au moins au niveau du cycle primaire – et à la réduction du dualisme entre l’éducation civile, l’éducation religieuse et l’éducation étrangère. Enraciner la culture de la démocratie.

Moderniser les systèmes et les programmes éducatifs, dans le but de renforcer les valeurs du pluralisme et de la coexistence humaine. Rendre disponibles les connaissances de base concernant l’histoire des civilisations et des religions. Améliorer le niveau de la prise en charge de conscience des dangers de l’extrémisme et de l’isolation intellectuelle. Mettre en valeur la contribution de tous les Arabes dans l’établissement de la civilisation arabe bien que différents au niveau de la religion.

Etablir des programmes de recherche auxquels participent les institutions arabes, pivotant autour du phénomène de l’extrémisme sous tous ses aspects. Epurer les programmes d’éducation religieuse de toutes les idées encourageant l’extrémisme et la violence ou reposant sur l’assimilation erronée des textes religieux, dans le but d’élaborer un seul système conciliant le religieux et le civique destinés au cycle primaire.

Lancer une initiative arabe invitant à réviser les critères professionnels et éthiques. Promulguer les lois incriminant la publication des matières médiatiques diffusant la haine et incitant à la violence. Engager les médias arabes à coproduire des émissions médiatiques réfutant la pensée extrémiste.

Bannir la pauvreté pour lutter contre l’extrémisme

Outre les quatre domaines ci-dessus mentionnés, les participants se sont penchés sur d’autres sujets tels la consolidation du pluralisme religieux, la mise en valeur de la contribution des chrétiens arabes dans l’édification de leurs patries, le renforcement de la citoyenneté et la préservation du statut de l’Etat de droit national constitutionnel moderne. A été également traité, l’affrontement de tous les aspects de violence et de discrimination auxquels la femme est sujette sur les deux plans juridique et professionnel.

Prenant en considération que la femme, les enfants, les minorités ethniques et les non-musulmans, sont les premiers citoyens à souffrir de l’extrémisme et du terrorisme dans la région arabe, les participants ont jugé que les mesures sécuritaires, bien que nécessaires pour affronter l’extrémisme, restent insuffisantes. Ceci exige qu’à la sécurité soit liée la croissance, que la pauvreté, le chômage et la marginalisation sociale qui sévissent dans beaucoup de contrées arabes soient sérieusement affrontés et que les expériences démocratiques sans faille soient accrues.

Les participants à la conférence tenue à la Bibliotheca Alexandrina ont souligné que, cette initiative de l’Etat égyptien doit représenter un début véridique pour une action culturelle commune qui doit s’étendre sur toutes les contrées arabes et soutenue par la Ligue Arabe. Ils ont aussi souhaité que la lutte contre l’extrémisme soit un des domaines de l’action arabe commune aux niveaux culture, éducatif, médiatique et sécuritaire.

Ce, partant de la conviction de base que l’avenir de la région arabe dépend de sa capacité de circonscrire l’extrémisme, d’arpenter le chemin de la rationalité, de la croissance, de l’indulgence et du progrès, l’action arabe connaîtra un rythme accéléré.

Lepetit Baende

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