Projet Inga III : la Société civile interpelle le Gouvernement sur le retard accumulé

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Le 23 mai 2014 au Sénat, M. Bruno Kapandji Kalala, alors ministre des ressources hydrauliques et électricité, a donné des réponses détaillées aux questions et préoccupations formulées par les sénateurs autour des projets Grand Inga et Inga III. Ce dernier avait indiqué que la pose de la première pierre pour le lancement officiel des travaux de construction de la centrale hydroélectrique Inga III basse-chute interviendrait en octobre 2015.

Et, à partir de janvier 2016, devait en principe commencer la construction de cette centrale et ligne de transport. Ces travaux titanesques devraient normalement durer au moins cinq ans, soit jusqu’en décembre 2020, où il était prévu d’avoir la production des premiers mégawatts (Mw) de ce nouveau barrage sur Inga.

Voilà qu’aujourd’hui, le pays vient d’accumuler toute une année de retard en dépit du traité (d’une valeur contraignante) signé avec l’Afrique du Sud pour l’achat de 2.500 Mw sur les 4.800 que doit produire le barrage d’Inga III basse-chute. Entre autres raisons, à notre sens, il y a des contraintes institutionnelles, le contexte politique qui n’est pas favorable, la sélection du développeur du projet qui se fait encore attendre, et voire la non-réalisation des études complémentaires, etc.

A savoir que M. Bruno Kapandji dans ses réponses aux sénateurs, avait souligné la nécessité de mener une vingtaine d’études complémentaires au préalable, dont des études d’impacts environnementaux et sociaux, lesquelles sont vitales et doivent obligatoirement être réalisées avant de lancer les travaux de construction du barrage d’Inga III. D’autres études ont été exigées par les candidats développeurs.

La Société civile, très impliquée dans l’évolution du projet Grand Inga, s’inquiète par rapport à ce retard que prennent les travaux dans la construction du barrage. Ce, en dépit du délai imparti du traité signé avec l’Afrique du Sud qui a été validé par le Parlement de la République en 2014. Elle estime que la Rdc court le risque de perdre ce client potentiel pour n’avoir pas rempli les termes du contrat.

Quant à l’interpellation de la Société civile

Voilà pourquoi, elle attire l’attention du Gouvernement de la République par rapport au retard accumulé pour la construction du barrage d’Inga III, vis-à-vis du traité signé avec l’Afrique du Sud. Aussi, elle exige au Gouvernement de la République de disponibiliser des moyens pour que les études complémentaires soient réalisées.

Sinon, renouer le dialogue avec le groupe de la Banque mondiale en vue de la réalisation de ces études. Etant donné qu’en juillet dernier, le groupe de la Banque mondiale avait suspendu le décaissement des financements au titre de son assistance technique portant sur le développement du projet hydroélectrique Inga 3 basse-chute et de quelques sites de taille moyenne en Rdc.

La Société civile, préoccupée par le sort des populations locales d’Inga et des villages environnants, ne conçoit pas le début des travaux sans ces études complémentaires. Surtout, des études d’impacts environnementaux et sociaux qui sont très capitales pour la mise en œuvre de ce nouveau barrage. Lesquelles études complémentaires, plus de vingt-cinq, devront durer six mois.

La Société civile encourage le Gouvernement de développer la mix-énergie, c’est-à-dire, combiner l’hydroélectricité avec d’autres formes de l’énergie propre, en se servant de l’atlas des énergies renouvelables.

En outre, la Société civile lance un appel pathétique en faveur de la réhabilitation du barrage de Zongo 1, qui se trouve depuis quinze ans en état d’abandon total. Sur les cinq groupes que compte ce barrage, deux seulement fonctionnent et les trois autres sont en arrêt. La Société civile appelle les partenaires de venir à la rescousse de ce barrage de Zongo 1.

Enfin, la Société civile voudrait connaître l’état des lieux de l’assistance financière de la BAD qui a notamment servi à la réalisation de l’étude de préfaisabilité (EDIRA : étude de développement d’Inga et des réseaux associés) réalisée par les firmes AECOM et EDS-France. Elle recommande également au Gouvernement de la République d’accorder des moyens nécessaires à l’ADPI (Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga) pour l’aider à s’organiser.

Quid du projet Inga III basse-chute

En plus de ses immenses richesses du sol et du sous-sol, la République démocratique du Congo possède également une forte potentialité énergétique. Rien que pour l’hydroélectricité, le pays regorge une capacité de 100.000 mégawatts (Mw). Cela, sans compter les autres énergies telles que solaires, éoliennes, etc. Cependant, il y a un paradoxe : malgré cette forte potentialité énergétique de la Rdc, aujourd’hui on évalue à seulement 15 % la moyenne de la population congolaise qui a accès à l’énergie électrique.

Pourtant, l’amélioration progressive des conditions de vie des populations congolaises passe également par la réforme et la libéralisation du secteur de l’Electricité. Voilà pourquoi, l’Etat congolais s’investit dans le cadre du Partenariat public-privé, à la construction d’autres centrales hydroélectriques en plus de ceux qui existent déjà dans le complexe énergétique d’Inga dans la province du Kongo-central.

Dans ce seul site d’Inga, se concentre une capacité de production de 40.000 mégawatts d’énergie électrique, sur les 100.000 Mw du potentiel énergétique que regorge la Rdc pour l’hydroélectricité. A ce jour, deux barrages existent dans le site : Inga 1 (d’une capacité de 351 Mw avec six tribunes dont deux seulement fonctionnent) et Inga 2 (d’une capacité de 1424 Mw avec 8 tribunes dont 5 en fonction), construits pendant la deuxième République.

Selon des experts, pour utiliser toute capacité de 40.000 Mw du site énergétique d’Inga, il faudrait construire des barrages jusqu’à Inga 8. D’où le projet Grand Inga. Aujourd’hui, le Gouvernement s’attèle à réaliser une troisième centrale hydroélectrique dans ce site énergétique d’Inga.

Il s’agit du barrage d’Inga 3 basse-chute et également Inga 3 haute-chute, d’une capacité de 4.800 Mw dont 2300 seront destinés à la satisfaction de la demande intérieure. C’est-à-dire, 1300 Mw serviront à l’industrie minière de l’ex Katanga, et 1.000 Mw seront donnés à la SNEL (Société nationale d’électricité) pour la consommation domestique de la population. Et les 2.500 Mw sont déjà accordés à l’Afrique du Sud par la signature du traité indiqué ci-haut.

Pour le Gouvernement, c’est la première phase de l’aménagement du Grand Inga en une série de projets hydroélectriques. L’entrée en opération de ces différents ouvrages devrait améliorer significativement le taux de la desserte en électricité de la Rdc, qui, quoiqu’étant passé de 9 à 15% ces trois dernières années, reste encore faible par rapport à la moyenne africaine de 30%.

C’est ainsi qu’il a été créé en date du 13 octobre 2015 par Ordonnance présidentielle, l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-Rdc) qui est l’autorité compétente notamment pour la promotion, le développement et la mise en œuvre du projet hydroélectrique Grand Inga.

Les travaux pour la construction de ce grand barrage devront durer au moins cinq ans. Le projet comporte donc sept phases. Le coût pour sa réalisation oscille autour de 12 milliards de dollars américains.

Un consortium privé (ou développeur du projet) se chargera de ce fait, de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures sur le site. Au départ, six développeurs étaient en lice. Quelques temps après, ils sont restés à trois.

Puis, il ne reste actuellement que plus deux groupes de développeurs dans le processus compétitif de sélection : les chinois Sinohydro et Three Gorges Corporation (exploitants du barrage chinois des Trois Gorges, actuellement le plus important au monde) et les espagnols Activadades de Construccion y Servicios (ACS), Eurofinsa et AEE. Le groupe des coréo-canadiens Daewoo, Posco et SNC Lavalin ayant désisté en juin dernier.

De la mobilisation de la Société civile

Signalons par ailleurs que la Société civile est très engagée au suivi des projets Grand Inga et Inga III basse-chute. Dans ce cadre, elle mène des plaidoyers en diverses directions pour que ce projet Inga 3 Bc profite plus à la population congolaise.

Le Centre national d’appui au développement populaire (CENADEP) et le Réseau PRODDES (Promotion de la démocratie et des droits économiques et sociaux) avaient mis sur pied la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes de l’action publique (CORAP). Celle-ci a ciblé comme première réforme, celle du secteur de l’électricité à travers l’étude de faisabilité du projet Grand Inga (développement du Site d’Inga, d’Inga 3 à Inga 8, pour plus de 100 milliards de dollars américains).

A partir de la CORAP, est née l’idée de mettre en place le Projet d’appui au plaidoyer pour l’accès inclusif à l’énergie. Et la fondation OSISA (Open society initiative for southern Africa) a accepté de financer ce projet.

Dans le cadre de ce projet, des acteurs de la Société civile recommandent au Gouvernement d’indemniser les populations affectées par la construction des barrages Inga 1 et Inga 2, et aussi, celles qui seront affectées par la construction du barrage Inga 3. Ils réclament une implication totale de la Société civile et des communautés locales dans toutes les phases du projet. « Que les populations concernées soient également informées en temps réel de tout ce qui se fait dans la mise en œuvre du projet ».

Ils exigent également des études complémentaires au préalable (dont les études d’impacts environnementaux et sociaux) avant le démarrage du projet, et cela, jusqu’à Inga 8. Enfin, ils encouragent le Gouvernement à développer aussi beaucoup plus de micro-barrages, barrages à taille moyenne, et d’autres énergies renouvelables.

Lepetit Baende

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