Projet de loi de finances 2018: La société civile décèle quelques faiblesses

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Les organisations de la société civile ont présenté dernièrement à Kinshasa, le rapport d’analyse du projet de loi de finances 2018. Une activité qui contribue à la matérialisation de l’objectif global du Projet de Renforcement de la Redevabilité et de la gestion des finances publiques (PROFIT-CONGO), qui consiste à améliorer la crédibilité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques au niveau central, provincial et celui des Entités territoriales décentralisées. Ce projet est géré le Comité d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF), bénéficiant d’un appui financier de la Banque mondiale, de la coopération Britannique et du Royaume de Belgique.

Dans son mot, le Bishop Abraham Djamba, Directeur exécutif du Réseau Gouvernance Economique et Démocratie (REGED) a noté que le Gouvernement et le Parlement de la République Démocratique du Congo a consenti des efforts remarquables pour répondre aux requêtes incessantes de la société civile de participer aux différentes étapes du processus budgétaire, à savoir l’élaboration, l’examen et adoption, l’exécution et le contrôle. La société civile salue cette ouverte qui permet la collaboration avec les institutions publiques, facteur essentiel pour faire avancer le pays dans les questions de gouvernance des finances publiques.

Cependant, dit-il, il est à constater que ces avancées dans l’implication de citoyens au processus budgétaire au niveau central n’ont pas encore entrainé nos provinces et nos entités dans cette voie. Il serait temps et urgent, pour des raisons évidentes, d’étendre cette pratique à ces deux niveaux de gouvernance de notre pays.

De son côté, M. Baby Vangu a, au nom du Coordonateur du Comité d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF), rassuré que cette expérience ne va pas s’arrêter là, car les résultats de PROFIT-CONGO dans les appuis à la Société civile doivent s’étendre aux provinces et ETD de son rayon d’action, tel que le recommande le Gouvernement dans son engagement avec les partenaires financiers dont la Banque mondiale, la Coopération britannique et le Royaume de Belgique.

Le Coordonateur a.i du COREF a aussi salué le professionnalisme et le militantisme du REGED, qui aujourd’hui présente à l’opinion nationale, à travers les représentants des médias ici rassemblées, les résultats de l’analyse du projet de loi des finances 2018, par ailleurs déjà coulé en termes de loi des finances par le vote du Parlement et récemment promulguée par le président de la République.

Du projet de budget 2018

Disons que l’analyse du projet de loi de finances 2018 par la société civile est menée, cette fois encore, dans un contexte particulier de son histoire où le pays est confronté aux multiples défis majeurs (politiques, économiques, sécuritaires et sociaux). Aussi, dans son programme d’action, le Gouvernement s’est fixé quatre objectifs, à savoir : œuvrer à l’organisation des élections crédibles, libres, transparentes et apaisées ; arrêter la dégradation de la situation économique du pays ; amélioration des conditions de vie de la population ; restauration de la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national.

Au sujet de l’organisation des élections, les prévisions de dépenses 2018 pour la CENI se chiffrent à 966.546.601.546 Fc, soit 533.002.427 Usd au taux moyen de 1813,4 Fc pour un dollar. La société civile constate qu’en dépit de ses recommandations faites sur le prote de loi de finances 2017 à ce propos, les dépenses exceptionnelles de la CENI, présentées comme celles liées aux opérations électorales représentent 95% des allocations lui accordées qui ne sont toujours pas ventilées dans le PLF 2018. Ce qui traduit un déficit de transparence des finances de la CENI.

A propos de l’arrêt de la dégradation de la situation économique du pays, la société civile constate que 19% seulement des prévisions budgétaires ont été réservées aux activités d’ordre économique. Les allocations budgétaires relatives à ces mesures ne sont pas perceptibles dans le PLF 2018. Dans l’entretemps, les paramètres de l’amélioration du climat des affaires sont en train de se détériorer, hypothéquant ainsi les opportunités du Gouvernement à améliorer la mobilisation de ses recettes. A titre d’exemple, les sociétés comme Nestlé, Bralima (Boma et Mbandaka) ont fermé et plusieurs entreprises sont pratiquement en cessation de paiement avec risque de mettre les employés en congé technique.

Dans le même rapport, la société civile constate que le PLF 2018 ne prend pas réellement en compte l’amélioration des conditions de vie de la population. Et même si 2018 demeure une année électorale par excellence, la société civile note que le budget réservé à la sécurité ne représente que 4,5% du budget global, pendant que 2018 est une année électorale qui nécessiterait plus de moyens.

(JMNK)

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