Professeur Kabasele : « Kinshasa est une ville polluée (…) »

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Les experts aux questions environnementales tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences du changement climatique à Kinshasa. Le Professeur Albert Kabasele de l’Observatoire spatial des ressources naturelles et du climat est revenu sur cette problématique pour tirer la sonnette d’alarme sur le danger qui guète cette ville. C’’était pendant la COP22 que ce professeur nous a accordé cette interview évoquant aussi d’autres sujets d’actualités dans ce secteur.

Quelle a été l’implication de la Rdc dans la COP22 ?

Notre implication à la Conférence sur la lutte contre le changement climatique est liée à la qualité des projets que nous pouvons faire avancer pour arracher des financements. Je remercie tout d’abord les autorités congolaises pour avoir mobilisé un stand pour nous ici à Marrakech pour la COP22 et le stand en soi ne suffit pas. , Mais il nous faut des conférences et des « Side events » comme ce que j’ai présenté sur la vulnérabilité de l’éco-climatique de la ville de Kinshasa. Au-delà de ça, il faut monter des projets banquables qui peuvent être acceptés par le fonds vert.

Quel état de lieu faites-vous du changement climatique à Kinshasa ?

Kinshasa est une ville malheureusement polluée. Du point de vue réchauffement, nous sommes dans 1,8°, voilà l’état de réchauffement de la ville. Alors, actuellement le combat du monde est que l’émission ne dépasse pas ce niveau de 2°, mais nous en sommes déjà près. D’ailleurs, nous allons  bientôt le dépasser. A Kinshasa, Il y a beaucoup d’eaux usées, des déchets non traités, des immondices abandonnées partout ,… tous, subissent le fait de méthanisation qui produit un gaz à effet de serre dangereux qui s’appelle le gaz méthane qui est 25 fois plus polluant que le CO2. En plus de ça, la RDC n’est pas un cas isolé dans le monde ; nous coupons  nos arbres à perte de vie, nous habitons soit des avenues en sables ou en béton, pas de présence de la végétation,… tout ceci augmente des îlots de chaleur en plus de l’humidité on atteint les points de canicule qui font que les gens transpirent tous les temps à Kinshasa, on n’est pas en mesure de bien réfléchir puisque on vit comme si on nous étions dans une marmite d’eau bouillante. Il faut faire attention, car tout cela a un impact négatif sur la population. Donc, nous devons tout faire pour réduire nos émissions. Nous ne sommes pas un pays industriel, mais nos émissions viennent de la dégradation de notre environnement. Nous devons faire en sorte que Kinshasa devienne une ville écologique.

Vous affirmez que le pays n’apporte pas de projets concrets, qu’est-ce cela veut dire ?

Oui, les pays africains sont financés mais, n’accèdent pas au financement. Il y a une double responsabilité. Je prends le cas du projet du Mécanisme de développement propre (MDP) : c’était des procédures compliquées devenues inaccessibles aux africains. Mais il y a de plus en plus maintenant des ressources financières disponibles  dans : le Fond vert climat, le Fond d’adaptation climat, des partenaires comme la Suède, le Norvège, la Francophonie,… qui se montrent ouverts pour financer les projets. Mais quand on monte un projet, dans le cadre de la conférence des parties, nous devons quantifier le volume de gaz à effet de serre à séquestrer pour aider l’humanité à survivre et, c’est là que les Congolais n’arrivent pas. Nous ne maitrisons pas la cartographie numérique,  la télédétection. Même les Congolais qui sont spécialistes en climatologie à l’Unikin ou à l’UPN, ils  enseignent encore des trucs vieux : des géographies du cacao, premier producteur de noix de palme, les climats de la RDC, cours d’eau,… Non, aujourd’hui, on a besoin de quantifier, de récupérer les données in situ et d’en faire des modèles climatiques.

Pour la RDC, qu’attendez-vous de l’après COP22 ?

Vu que c’était une COP22 de l’action, je crois bien que la RDC aura la pédagogie de soumission de fonds. Notre façon de soumettre les fonds doit changer. Tout le monde envie la RDC et nous présente l’argent, mais les projets concrets manquent. Les demandes multiples faites à la RDC doivent être pris en compte. Que les scientifiques se ressemblent et qu’on monte des projets pour la transformation de déchets, pour le reboisement de nos villes,  pour des énergies renouvelables, pour de traitement des eaux usées, des projets avec impact à réduction à gaz à effets de serre et qu’on le quantifie,… voilà ce que le monde attend de nous. Ça va créer des emplois verts, diminuer la pauvreté, booster l’économie et voilà ce qu’on peut profiter de la COP.

(Propos recueillis par Onassis Mutombo)

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