Processus électoral en RD Congo: A quel jeu joue l’opposition ?

par -
0 521
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Les réactions fusent de partout depuis la déclaration de l’opposition relative à sa non-participation aux élections locales, municipales urbaines et provinciales. Ces scrutins constituent un arriéré législatif auquel tous les acteurs politiques partant de leurs formations politiques et discours voudraient être épurés.

Cependant, l’on constate que cette prise de position soutenue hier ne fait plus l’unanimité au sein de cette formation politique plurielle. De l’avis des uns, la Commission électorale nationale indépendante qui est un organe d’appui à la démocratie a violé délibérément la Constitution de la République en publiant le calendrier global ; tandis que les autres estiment que la Ceni a agi en toute indépendance, au regard des prérogatives qui sont les siennes.

Partant de cette confusion, les analystes et observateurs politiques ne cessent de se demander à quel jeu joue l’opposition. Cette dernière, après la publication du calendrier partiel par la Ceni, était montée au créneau, appuyée par certaines missions consulaires en République démocratique du Congo, pour exiger hic et nunc le calendrier global des scrutins.

Double jeu

Répondant à la pression de l’opposition qui accusait la Majorité présidentielle de fraude, la Commission électorale nationale indépendante a publié le calendrier dit global, réclamé à cor et à cri par l’opposition et leurs maîtres nostalgiques de l’impérialisme. Au lendemain de la publication, la même opposition saute la première en décriant le fait que le calendrier publié par la Ceni est anticonstitutionnel. C’est ici le lieu que les observateurs et analystes des questions électorales et voire même de questions juridiques s’interrogent pour savoir quelle disposition constitutionnelle la Ceni a-t-elle violé en publiant le calendrier global. Et laquelle de disposition constitutionnelle conférait-t-elle à l’opposition d’en exiger le calendrier global ou partiel ?

A en croire les avertis, la Ceni est une institution indépendante. Elle est la seule institution habilitée à organiser les élections. Les tentacules, les manœuvres de l’opposition n’ont qu’une seule réponse : la crainte d’affronter le peuple aux élections. C’est du moins ce qu’a soutenu et remarqué le député national du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadari. « Vous savez que les hommes politiques congolais sont capables de tout, parfois pour des intérêts personnels et égoïstes au détriment de l’intérêt du plus grand nombre. Je suis dans cette salle depuis la transition avec mes collègues dans toutes les institutions et les avis de tout le monde. Il fallait toujours commencer les élections à la base »,a-t-il argumenté.

Donc, de tous les forums et les réunions, ce sont les élections à la base qui furent sur les lèvres de tout le monde. Et si aujourd’hui l’on organise ces élections, pourquoi doit-on en faire un problème et conditionner la participation aux élections ?

Nul n’ignore qu’avant l’élaboration desdits calendriers qui font jaser la scène politique congolaise, l’Abbé Président de la Ceni avait sillonné tous les états-majors des partis politiques pour recueillir leurs avis et considérations. Comble de chose, les mêmes acteurs qui ont été contactés se rétractent aujourd’hui par rapport à ce calendrier, que l’opposition exige consensuel. En quoi le consensus est-il devenu un mode de gestion dans un système ? La consensualité ne peut être envisagée que dans un système transitoire, mais au regard de l’exigence, de l’obligation faite par l’opposition, nous sommes en droit de nous demander si réellement l’opposition veut réellement les élections dans ce pays.

Partant de toutes ces observations, il est établi que les petits partis politiques sans ancrage politique à la base sont ceux-là même qui posent de très sérieux problèmes dans la sphère politique congolaise. Car, organiser les élections à la base (locale, municipale, urbaine et provinciale), c’est signer la mort certaine de ces partis politiques non implantés sur l’ensemble du territoire national. Puisque pour les spécialistes de la question, sur plus de 400 partis politiques enregistrés au ministère de l’Intérieur, seuls une dizaine d’entre eux peuvent réellement concourir aux 7 scrutins (Ndlr le PPRD, l’Udps, le Palu, le MLC, le MSR, le CNC, l’ECT, l’Unadef, l’Unadec, l’Unc, l’Afdc,). Ils sont à même de présenter les candidats à la base, étant donné leur notoriété et implantation sur le territoire national.

Le reste des partis, en réalité, sont les partis en mal de positionnement dont l’organisation des élections à la base constitue leur disparition totale. Telle est le leitmotiv de ces partis qui ne veulent pas que soient organisées les élections à la base. Loin de faire l’apologie des uns et des autres, la réalité et la vérité sont deux concepts têtus que les exclus d’autres formations politiques bien qu’ils siègent à la Chambre basse du parlement, ces élus du peuple qui se sont servis de l’électorat de certains leaders politiques ne cessent de s’interroger sur l’avenir politique de l’après mandat de 2011.

L’Udps rejoint la position de Joseph Kabila

Nous ne cessions d’affirmer que seul le chef de l’Etat veut voir ces élections s’organisées en vue de léguer à la postérité congolaise la vraie démocratie à la base. Et pour devoir de mémoire, la lutte même de M’Zée Laurent Désiré Kabila consistait à donner le pouvoir à la base, donc respecter la forme de la pyramide, et non la renverser comme ça se fait.

Dire aujourd’hui que les élections à la base constituent une violation de la constitution, c’est méconnaître réellement la Constitution. D’ailleurs, du haut de la tribune à Goma, Félix Tshisekedi Tshilombo affirme que l’Udps va aligner les candidats à tous les niveaux des élections. Quoi de plus normal de nous interroger sur le sort de ceux-là qui prétendent représenter le parti de Tatu Tshikas à l’Assemblée nationale, qui se sont joints à ceux-là qui ont déclaré n’avoir pas pris part aux prochaines élections ! Parlent-ils au nom de quelle formation politique ? Il en va de même du MLC qui va aligner ses candidats aux scrutins. Les prétendus présidents des partis politiques sans ancrage à la base ont-ils raison ou tort que les élections ne soient pas organisées ? De toute évidence, la réalité et la vérité sont têtues. La crainte de l’opposition, c’est la peur des élections à la base.

(Pius Romain Rolland)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse