Procès des présumés terroristes Kamwina Nsapu: Après ‘’la supposée’’ agression d’un avocat, les assurances du Parquet

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L’audience d’hier au Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, siégeant à la prison militaire de Ndolo, dans la commune de Barumbu n’a pas connu son dénouement normal. L’affaire a été renvoyée à ce jeudi 22 février 2018, parce que les avocats, sous le choc de l’agression d’un de leurs, samedi dernier, ont sollicité et obtenu une remise. Est-ce vrai que l’avocat a été agressé, ou c’est une manœuvre pour retarder le déroulement normal du procès? A ce stade, il n’y a qu’une enquête qui peut fixer les uns et les autres, si réellement il y a eu oui ou non agression.

Me Joice Mukengeshayi a-t-il réellement été agressé chez lui samedi dernier, tel que révélé par Me Maimouna, avocate de la défense, hier à l’audience foraine du Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, siégeant à la prison militaire de Ndolo, dans la commune de Barumbu ? Telle est la question qui a dominé les débats hier, et le Tribunal qui est l’Eglise au milieu du village, n’avait pas d’autre choix que de renvoyer l’affaire à ce jeudi 22 février 2018. Ce, afin d’apaiser les esprits qui visiblement étaient surchauffés.  Même le Ministère public, dans son avis, a visiblement compris que les avocats étaient sous le choc. « Les avocats comparaissent de manière conservatoire. Si le procès est organisé, c’est parce qu’il y a certains citoyens qui ont troublé l’ordre public », dit-il, avant de préciser que Me Joice Mukengeshayi a porté plainte et il est même prévu une descente sur terrain. « Nous lui assurons que le Parquet fait son travail et nous sommes pour la courte remise », renchérit-il.

A la question de savoir si la partie civile Rdc était d’accord avec le Tribunal au sujet de la remise, le Bâtonnier Mbere a précisé que la partie civile ne décide pas des remises. « C’est le Tribunal qui vient de décider de remettre la cause à une autre date. Un avocat, conseil des prévenus a été victime d’agression chez lui à domicile. Il estime que cette agression a un lien avec sa comparution dans l’affaire dite Kamwina Nsapu. Est-ce vrai ou faux ? A ce stade, on ne connait  pas encore. L’enquête va suivre son cours et nous serons fixés », dit-il, avant d’ajouter que si c’est le cas, nous, avocats de la partie civile, dénonçons avec la dernière énergie qu’on attaque un confrère parce qu’il fait son  travail d’avocat.

Est-ce une fuite en avant pour retarder le bon déroulement du procès ? Et le Bâtonnier de répondre qu’un procès à des dessous de carte. Et c’est fait pour quelle fin ? On ne connait rien, martèle-t-il. Et d’insister qu’à ce stade, c’est imprudent de faire un commentaire, laissons l’enquête suivre son cours normal. « Mais je rappelle qu’on ne doit pas s’attaquer aux avocats, avocat de la partie civile, comme des prévenus ».

Pour sa part, Me  Kande Prospère, avocat de la défense, se dit très sidéré d’entendre un  bâtonnier tenir ces genres des propos pour un avocat qui a été agressé chez lui à la maison. « Nous sommes avocats, nous appartenons à un même corps.  Lorsqu’un membre du corps a un problème, c’est tout le corps qui doit subir ce problème-là. Le confrère Mukengeshayi Joice a été attaqué chez lui à la maison et ces inciviques-là lui ont promis de revenir, nous ne savons pas si ça sera quand. En vertu de ce principe de solidarité  entre avocats, nous avons souhaité, sous les émotions, que l’audience soit renvoyée à ce jeudi, pour que le confrère se remette dans ses états », explique-t-il, tout en précisant que nous voulons obtenir des garanties auprès des organes attitrés de l’Etat pour que ces genres d’actes ne puissent plus se reproduire. La beauté du droit, c’est lorsqu’il y a la contradiction. Il y a la partie de la défense, la partie civile et le Ministère public, du choc de ces idées-là, la vérité jaillie. Mais lorsqu’une des parties n’arrive pas à être à la hauteur à cause de ses émotions pour pouvoir aller avec ce procès, ça pose problème. « C’est pourquoi nous avons fait acter notre comparution sous réserve, afin que cette situation soit tirée au claire et nous allons revenir jeudi. Que le Ministère public nous donne des garanties que ces choses-là ne peuvent plus se répéter », ajoute-t-il.

A la question de savoir s’il y avait des preuves pour corroborer cette thèse, Me Kande répond que la même nuit, le confrère  a appelé le Ministère public au téléphone et ils ont échangé. Le lendemain, il a discuté longuement avec le confrère dans son bureau et on lui a promis de commettre une garde chez lui. C’est encore une insécurité. « Je crois qu’avec l’auditorat, ils mèneront les enquêtes afin que ces inciviques soient arrêtés, pour qu’ils répondent de leurs actes. Parce qu’aujourd’hui ça peut être moi, demain le Ministère public, ou l’un des membres de la composition. Il faudrait faire un effort pour que ces genres d’actes ne puissent plus se répéter. Ça va nous aider d’aller jusqu’à la fin de ce procès », dit-il. Le rendez-vous est pris pour ce jeudi et on ose croire que les émotions vont être apaisées pour permettre aux avocats de la défense de bien assister leurs clients.

(JMNK)

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