Procès contre les ADF: Lorsque des prévenus s’enfoncent

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Ayant consacré les audiences de la semaine écoulée sur les deux sommets du Triangle, selon la théorie du Ministère Public, celle d’hier lundi 05 mai courant a été orientée sur l’autre sommet du Triangle. En effet, la Cour Militaire Opérationnelle a tourné son attention particulière sur Mwami Mbunguma Kitobi et les membres de sa bande, inculpés avec lui dans l’affaire des massacres de civils à Ngadi, Kadou et Vemba.

Le Ministère public, revenant sur ses PV dressés lors de l’instruction préjuridictionnelle, a d’abord fait comparaître les prévenus Kahindo Kangeneti Philemon (tradi-praticien/phytothérapeute) et Kambale Saliboko Lambert. Les deux prévenus avaient été dénoncés, avant leur l’arrestation, par Mwami Mbunguma. Le prévenu Kangeneti a prétendu qu’il ne comprenait pas pourquoi il était déféré devant la Cour Militaire Opérationnelle, alors qu’il était déjà bénéficiaire de la loi d’amnistie pour faits de guerre et mouvement insurrectionnel.

Kangeneti dit avoir été arrêté et acheminé par le passé à Kinshasa, en rapport avec l’attaque du Camp militaire Ozafe de Beni par les May-May en mai 2013. Il a produit toutes les pièces lui délivrées par l’Auditorat Général après signature de son acte d’engagement et de l’acte de son amnistie.  Prenant la parole quant à ce, le Ministère Publique a rappelé que Kangeneti est actuellement poursuivi pour des faits nouveaux et non pour lesquels il a été amnistié. Il est poursuivi en lien avec les massacres des civils à Ngadi et Kadou, du 15 octobre 2014.

Selon le prévenu Mwami Mbunguma Kitobi qui avait dénoncé Kangeneti, il l’a soupçonné du fait que ce dernier lui avait approché pour demander 250$, afin qu’il mette fin aux massacres dans son entité. Les propos de Mwami Mbunguma ont été rejetés à bloc par le prévenu Kangeneti. Mais, pour en persuader la Cour, Mbunguma a sollicité la comparution de son témoin Didi Vuma (un notable local). Cette demande a été acceptée par la Cour dans le souci de matérialiser la vérité.

Revenant sur l’une des cotes du dossier (PV), le Général Mukuntu Kiyana, Officier du Ministère Public, a demandé au prévenu Kangeneti s’il se rappelle de la question qui lui était posée au sujet du no.de téléphone:0818139869, retrouvé dans son agenda. En réaction, le prévenu a indiqué qu’il avait mentionné que c’est le Président national de l’Association Kyaghanda (de la communauté Nande), M. Balinde Musavuka, qui le lui avait donné à Kinshasa.

Par ailleurs, le prévenu Kangeneti a souligné qu’il lui avait été posé la question de savoir si quelles relations il entretenait avec l’honorable Mbusa Nyamwisi Antipas. Et en réponse, il dit avoir indiqué qu’il soignait certains membres de sa famille. C’est à ce titre qu’à sa libération de Ndolo, il l’avait contacté pour solliciter son assistance quant à sa survie qui était devenue précaire. Kangeneti a annoncé que l’honorable Mbusa Nyamwisi l’a référé à son tour au près de l’honorable Arsene Mwaka qui lui a parvenu, par le biais de ses collaborateurs, 40$.

Revenant sur le prévenu Mbunguma, l’OMP l’a reposé la question de savoir pourquoi il avait aussi dénoncé le prévenu Kambale Saliboko Lambert en disant que ce dernier pourrait être l’assassin de son cousin Bambiti. En réponse, Mwami Mbunguma a indiqué que  c’est en considérant la  réapparition soudaine dans son champ, dans la contrée où les massacres des civils ont été perpétrés aussi que  l’assassinat de Bambiti, alors que celui-ci avait disparu avant les événements.

Le prévenu Saliboko Lambert s’est dit surpris des déclarations de Mbunguma. Il a rejeté toutes ses accusations. Dans ce cas, s’interroge-t-il, pourquoi la famille de feu Bambiti (chef de Kadou) pourrait-elle accuser Mbunguma sans faire allusion à lui?  Afin de montrer que tous les prévenus s’accusent mutuellement, chacun tirant la couverture de son côté, le Ministère Public a invité à la barre un autre: Mr Jean-Marie Mbula Olenga, cousin de Mbunguma (chef de colline Kasinga).

A la question de savoir qui selon lui est l’auteur intellectuel des massacres de Kadou et de la mort de Bambiti, le prévenu Jean-Marie Olenga sans hésiter pointe du doigt Mwami Mbunguma. Il le désignant comme étant aussi leur chef de bande. Mais à ces affirmations, Mwami Kitobi se dit à son tour scandalisé par pareilles accusation. Il invite son aîné Jean-Marie à dire la vérité devant la Cour. Pour ne citer que ces illustrations, l’organe de la loi fait voir la complexité des prévenus. Il fait observer leurs accusations croisées, les complicités et la duplicité de nombreux d’entre eux.

Quoi qu’il en soit, dit le Général Mukuntu Kiyana Timothée, «le sang des victimes de massacres de Beni Ville et Territoire crie vengeance. Il se fera justice. Et c’est ce qui explique toute cette confusion entre les accusés». Le Premier Président de la Cour Militaire Opérationnelle a rappelé que la Cour tient à la manifestation de la vérité. Elle creusera pour juger en toute responsabilité, condamner le cas échéant ceux dont la culpabilité sera établie.

(Avec le Cepadho)

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