Procès Chebeya en appel

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Les avocats des parties civiles fustigent le mal jugé au premier degré

Le procès Chebeya en appel est arrivé au stade de la plaidoirie. Hier à la prison de Makala, la Haute Cour militaire a entendu la plaidoirie des avocats des parties civiles (veuves Chebeya et Bazana) qui ont fustigé le mal jugé au premier degré quant à l’évaluation des préjudices causés. Lundi 10 août prochain, elle entendra la plaidoirie d’autres parties civiles (frères et sœurs des deux défunts) avant le réquisitoire du ministère public.

Après avoir entendu la déposition des prévenus lors des précédentes audiences, la Haute Cour Militaire a entendu hier jeudi 6 août à la prison de Makala la plaidoirie des avocats des parties civiles.

Le Collectif des avocats a vertement fustigé l’arrêt rendu par le premier juge. Raison pour laquelle ils ont interjeté appel à la Haute Cour Militaire.

Me Kabengela s’est longuement étendu sur les postulats qui sont des preuves irréfutables ayant entouré le double assassinat de Floribert Chebeya et Bazana. S’appuyant sur des indices précis (relevés des appels téléphoniques), il a dit que tous les prévenus présents et absents ainsi que les civilement responsables constituent une association des malfaiteurs qui ont intentionnellement brouillé les preuves. Il les a tous qualifiés de « délinquants à col blanc » qui, selon lui, sont des gens qui connaissent parfaitement les faiblesses de la justice afin de les exploiter à bon escient à leur profit. Ils avaient des rôles bien précis pour accomplir leur forfait.

Les préjudices causés aux veuves Chebeya et Bazana

Me Régine Sesep Mukansien s’est longuement étendue sur la nature des préjudices causés aux veuves Chebeya et Bazana.

Ce sont notamment des préjudices sexuels, affectifs, moraux, matériels, financiers, psychologiques, … Car elle s’est séparée brutalement de l’homme de sa vie qu’elle attendait voir le soir. Le préjudice moral subi repose au fait que les prévenus ont présenté son mari comme un coureur de jupon, alors qu’il ne l’était pas. Préjudice financier parce qu’elle ne pouvait plus bénéficier des avantages que lui apportait son mari pour tenir le ménage et éduquer les enfants. Préjudice psychologique parce que cette image de l’assassinat de son mari  lui laissera pendant longtemps des souvenirs indélébiles.

Le Collectif des avocats a été scandalisé et a nettement fustigé la modicité des dommages-intérêts accordés aux veuves par le premier juge, lesquels dommages-intérêts sont très dérisoires.

VSV et RENADHOC gravement préjudiciés

Le collectif des avocats a soutenu que les victimes sont non seulement l’Etat congolais (dont la loi pénale a été violée) mais aussi des personnes physiques et morales.

Me Elie Mbikaye a parlé des préjudices subis par des personnes morales que sont la Voix des sans voix (VSV) et le RENADHOC (Réseau national des Droits de l’Homme au Congo). A l’en croire, le Renadhoc est une plate-forme des ONG des Droits créé le 26 août 2000 à l’initiative de Floribert Chebeya. Il y a joué un grand rôle, celui de formateur et de concepteur des organisations des Droits de l’Homme. Fort de son expertise en la matière de 30 ans, il était considéré sur le plan international à telle enseigne que tout projet qu’il initiait (même n’étant pas de VSV) trouvait immédiatement du financement. Et pourtant, souligne-t-il encore, il n’était pas juriste (il était commercialiste de formation à l’Institut Supérieur de Commerce) mais il avait un esprit clairvoyant doublé d’une grande intelligence.

Ainsi, VSV comme Renadhoc, dira-t-il, ont subi la perte d’un fondateur, perte d’un formateur, perte de son expertise de 30 ans en matière des Droits de l’Homme, perte d’une source de financement, perte d’un stratège en matière d’élaboration d’un projet des Droits de l’Homme. Il ne s’appartenait plus.

Au jugement du premier degré, Me Elie Mbikaye dit avoir exigé des dommages-intérêts à hauteur de 1 million de Dollars US par province (le Renadhoc est présent sur toute l’étendue du territoire national). La somme est à multiplier par 11. « Maintenant que le nombre de  provinces passe à 26, faites le calcul », dit-il. Cette somme est modique et presqu’insignifiante au égard à la carrure de Chebeya, conclut-il.                         

(Denis Lubindi  )       

 

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