Prétendue marche des laïcs catholiques: Et si Aubin Minaku avait raison !

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La marche pacifique que projetaient les laïcs catholiques, le 31 décembre 2017 avait suscité des contestations et réactions en sens divers. La Majorité Présidentielle, à travers son Secrétaire général, Aubin Minaku, s’était donné le devoir d’avertir la population face aux dérapages évidents qui pouvaient subvenir lors de cette manifestation. Puisque les forces de l’ordre étaient déjà à pied d’œuvre pour faire échec à toute manœuvre de rébellion. Le souci étant d’éviter les erreurs du passé, et surtout de prévenir que le sang ne puisse plus couler. Au regard de la tournure prise par les événements, nombreux sont unanimes pour dire que le président de l’Assemblée nationale avait raison.

Comme d’aucuns ne l’ignorent, le 31 décembre 2016, un Accord historique a été signé entre les acteurs politiques afin de faire accoster en douceur le bateau du processus électoral en cours en Rdc. Œuvre humaine certes, mais l’Accord de la Saint-Sylvestre avait le mérite de régler pacifiquement et sans énerver la Constitution, la question du retard pris dans l’organisation des élections générales sensées de tenir en novembre 2016.

Une année après la signature de cet accord, la Coordination des laïcs catholiques, avec l’appui du Rassemblement des forces politiques et sociales de l’Opposition, ont appelé à une marche populaire pour exiger l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016 avec à la clé, l’organisation des élections en 2018. Cet appel des catholiques-opposants semblait néanmoins forcer une porte pourtant ouverte par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a déjà publié le calendrier global qui fixe la tenue des scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux au 23 décembre 2018.

Bien plus, l’organisation de la marche du 31 décembre allait visiblement à l’encontre de la déclaration de l’Union africaine du 07 novembre 2017 et celle du Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui ont tous, au lendemain de la publication du calendrier de la CENI, appelé les acteurs politiques congolais à faire preuve d’esprit de responsabilité, et à s’abstenir de tout propos ou acte de nature à générer des tensions.

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont même prévu des sanctions contre les acteurs politiques et sociaux congolais dont les propos et actes entraveraient la mise en œuvre de l’Accord et l’organisation des élections en temps voulu. Face au risque d’embrasement du climat social et politique à quelques mois des élections, certains acteurs politiques ont préféré appeler la population au calme et à la patience. En tout état de cause, il est important que les uns et les autres évitent de brûler la case commune, qui est la Rdc, déjà fragile.

Aubin Minaku avait refusé que le sang coule

Le Président de l’Assemblée nationale, intervenant en sa qualité de Secrétaire général de la Majorité présidentielle, avait réagit le vendredi 29 décembre 2017, par rapport à la marche dite pacifique que projetaient les laïcs de l’Eglise catholique le dimanche 31 décembre 2017 pour d’exiger la démission ou le départ du Président de la République Joseph Kabila, et en vue d’une transition sans lui.

Aubin Minaku Ndjalandjoko a estimé que le pays se trouve aujourd’hui en pleine démocratie, instaurée notamment et particulièrement grâce au leadership assumé par Joseph Kabila Kabange depuis 2001. Et l’exercice des libertés fondamentales est établi. « Mais dans tout pays, tout Etat de droit, tout Etat organisé, il y a point d’abus de droit en l’espèce. Parce que, assumer sa liberté de manifester, c’est très bien. Mais il faut en même temps respecter le droit de la collectivité, de l’Etat congolais, le droit du prochain. C’est cela assumer réellement la démocratie », avait-il souligné.

Aubin Minaku a rappelé que pour la Majorité présidentielle, c’est vraiment contradictoire que de faire un appel à une manifestation pacifique pour faire partir le Président de la République, élu et exerçant ses fonctions sur base de la Loi fondamentale jusqu’en ce moment, jusqu’au jour où, il y aura un autre président élu.

« Ceux qui appellent la population à pouvoir aller prier, je n’ai aucun pouvoir pour dire le contraire. Parce que, communier avec son Dieu à chaque instant de sa vie, c’est un devoir sublime pour tout être humain. Mais ceux qui veulent instrumentaliser les chrétiens, particulièrement catholiques, pour les récupérer après l’eucharistie, et les conduire dans un schéma de coup d’Etat (puisque, faire partir un Président de la République établi démocratiquement ça s’appelle coup d’Etat), conduire les chrétiens vers une démarche devant aboutir à un coup d’Etat, c’est dangereux », avait avertit le premier des députés nationaux.

Les Kinois appelés à faire attention

Le speaker de la Chambre basse du Parlement, « en tant que chrétien, en tant que patriote, partisan de la paix », avait déjà prévenu les chrétiens, les citoyens, Kinois et autres, sur toute l’étendue de la République, à « pouvoir faire très attention ». « Je me souviens encore d’un certain 16 février (1992, je crois) quatre garçons d’une même famille, moi-même et mes trois frères, dans la rue pour une action de démocrates. Je me souviens encore de ce qui s’était passé ce jour-là. Nous étions sortis à l’insu des parents, dans la rue. Je ne voudrais pas que des scènes pareilles se répètent », s’est-il souvenu.

Il avait ainsi avisé que : « …Si c’est une marche pacifique, et je suis convaincu que beaucoup de Kinois pensent à une action pacifique, ils sont de bonne foi, j’en suis convaincu. Mais lorsque derrière des pauvres citoyens démocrates, il y a des groupes parallèles qui poursuivent une fin de coup d’Etat, c’est dangereux. N’utilisez pas des pauvres citoyens pour une fin insurrectionnelle ! »

Le président de l’Assemblée nationale de la Rdc avait avertit que l’Armée, la Police, les services de sécurité avaient des renseignements concernant une certaine idée insurrectionnelle. Et comme dans tout pays à travers le monde (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Belgique…), face à des personnes qui s’organisent malignement pour renverser le pouvoir établit démocratiquement, avait-il prévenu, les forces de l’ordre vont chercher s’organiser pour barrer la route « à ces rebelles », à tous ceux qui veulent organiser un coup d’Etat, violenter la Constitution.

« Et donc, les forces de l’ordre seront debout. Parce qu’on ne peut pas permettre un coup d’Etat », avait déclaré le secrétaire général de la Majorité présidentielle. « Depuis plusieurs mois, les uns et les autres, particulièrement les amis de l’Opposition, à juste titre, ont exigé la publication d’un calendrier électoral. Aujourd’hui, à la suite de nombreuses difficultés et contraintes, notamment, le dossier malheureux dans le Grand Kasaï, il n’était pas possible d’organiser les élections avant le 23 décembre 2018. Le calendrier électoral a été publié, à la demande des politiques. L’Union africaine a pris acte. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris acte. Aucun Etat, en Occident, en Europe, en Afrique, n’a rejeté ce calendrier. Tout le monde se focalise maintenant pour que ce calendrier électoral soit effectivement mis en œuvre », avait-il tenu à remémorer ses chers frères et sœurs Kinois.

Minaku a dénoncé ceux qui ont peur des élections

Le président de l’Assemblée nationale a estimé que le peuple congolais va assumer ce qu’on appelle le pouvoir du souverain primaire le 23 décembre 2018. « Dans ce contexte, commencer à appeler la population à marcher, soit disant pour une transition sans Kabila, attention : c’est une attitude anti-démocratique, contre la démocratie », avait fustigé l’élu d’Idiofa.

Il a dénoncé que « c’est simplement une réaction de ceux qui ne croient pas en réalité aux élections, ceux qui pensent que pour organiser les élections, eux doivent être à la tête de l’Etat et non Joseph Kabila Kabange ». Pour Aubin Minaku, c’est un débat entre politiciens. « Les élections seront organisées le 23 décembre de par la Constitution de la République. C’est Kabila Kabange qui est président de la République », a-t-il affirmé.

Et de marteler : « La population doit savoir qu’après 2006, après 2011, beaucoup de politiciens ont peur d’affronter la réalité des urnes. Beaucoup ne sont pas sûrs d’eux-mêmes, ils ne sont pas démocrates. On pense que pour accepter les élections, il faut qu’eux- mêmes gèrent la République. Aussi longtemps qu’ils ne sont pas au gouvernement, ils n’accepteront pas les élections. C’est là le débat entre politiciens ».

Puisqu’on parle des laïcs, sans vouloir juger les gens, Aubin Minaku se demandait de savoir, de quels laïcs s’agissait-il. D’autant plus que, a-t-il dit, les catholiques, les protestants, les musulmans, se retrouvent au sein de la Majorité présidentielle tout comme dans l’Opposition.

Toutefois, le premier des députés nationaux avait conseillé en ces termes : « Lorsque vous menez un combat noble, il faut avoir la capacité de transcender les approches partisanes. Aujourd’hui, lorsqu’on fait fi du calendrier électoral, lorsqu’on fait fi que les élections seront organisées le 23 décembre 2018 et qu’on partage les mêmes stratégies, les mêmes tactiques que ceux qui sont dans une approche plutôt de coup d’Etat, on dessert notamment l’Eglise. On dessert tout le monde parce qu’on gêne ».

Il a estimé quant à lui qu’il valait mieux pour l’Eglise d’avoir la capacité d’être suffisamment neutre pour laisser les uns et les autres, chrétiens de la Majorité et chrétiens de l’Opposition, essayer de s’assumer, de donner des conseils chacun dans son camp, sur fond des convictions chrétiennes. Fustigeant la marche, M. Minaku avait déclaré : « Je ne pense pas que ce soit le schéma. J’insiste beaucoup sur cet élément : nous ne pouvons plus souhaiter un jour martyr à l’instar du 16 février. Souhaiter que le 31 décembre soit un jour martyr, ça signifie préméditer que le sang des Kinois, des Congolais puisse couler. On regrette après une action pacifique, une réaction disproportionnée, il y a des martyrs, c’est après. Mais organiser de manière anticipative, préméditée, qu’une journée devienne une journée martyr, ce n’est pas une approche chrétienne », a-t-il dit.

D’après lui, son appel était simple et logique : « chacun a le droit de manifester. Il y en a qui ne sont pas d’accord avec la manière dont la Céni est en train d’être gérée avec le Gouvernement, ils ne sont pas en bref d’accord avec la gouvernance de la Majorité actuelle. Et il y a en a ceux qui n’aiment pas voir le sang couler comme moi. Seule ma maman peut témoigner ».

Aubin Minaku prévient face à un cliché dangereux

Le président de l’Assemblée nationale se voyait donc dans l’obligation de démontrer à la population que telles que les choses s’organisent de part et d’autre, le sang pouvait couler et ça ne servait à rien, « puisqu’il y a un calendrier électoral qui nous lie, qui lie le président de la République, qui lie toutes les institutions et qui lie la Céni notamment ».

De poursuivre : « d’un côté certains disent que c’est une manifestation pacifique au sortir d’une célébration eucharistique, c’est bien. Mais de l’autre, il y en a qui disent qu’il y a des groupuscules organisés de manière autonome notamment pour venir faire mal aux chrétiens, faire couler le sang des chrétiens et endosser cela au pouvoir établi. C’est ça le cliché d’aujourd’hui ».

Il avait démontré et prévenu qu’« Il y a des chrétiens qui peuvent sortir de bonne foi pour aller prier et marcher avec bible et chapelets. Mais il y a des groupuscules qui veulent utiliser ces chrétiens qui sont pourtant de bonne foi pour que le sang coule. Ces groupes là sont dans une approche de coup d’Etat qui appelle une réaction des forces de l’ordre pour protéger le pouvoir établi, ce qui est logique dans un Etat ».

Et de conclure, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale avait avisé que : « Et alors devant un cliché dangereux pareil, que doit faire celui qui ne veut pas que le sang coule ? C’est avertir la population. Voilà pourquoi, j’ai décidé comme secrétaire général de la Majorité présidentielle, au nom du bureau politique de la Majorité et en mon personnel aussi, j’ai décidé d’avertir, d’attirer l’attention de la population à Kinshasa et partout ailleurs au Congo, nous n’avons pas besoin de voir le sang des Congolais couler. Et donc à chacun d’avoir une attitude responsable, éviter de provoquer, parce que derrière les hommes de bonne foi, il y a des groupes dangereux qui sont en train de s’organiser ».

(Lepetit Baende)

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