Présidentielle et députation nationale: Le jour J

Les partis et regroupements politiques congolais pensaient qu’on n’arriverait pas à la date du 25 juillet 2018, qui marque le dépôt des candidatures à la députation nationale et à la présentielle. Voilà qui justifie l’impréparation de certains et le retard pris dans l’organisation des congrès, soit dans le choix des candidatures uniques à l’opposition, tout comme à la Majorité présidentielle (Front Commun pour le Congo).

Mais en suivant hier le Rapporteur de la CENI sur les antennes de la Rtnc, tout le monde s’est rendu compte de l’évidence, et les retardataires ne s’en prendront qu’à eux-mêmes. En effet, la CENI, dans le cadre de ses activités prévues dans le calendrier électoral publié le 05 novembre 2017, annonce, pour aujourd’hui mercredi 25 juillet 2018, l’ouverture des Bureaux de Réception et Traitement des Candidatures pour les élections présidentielle et législatives nationales.

Durant son passage à la chaine nationale, le Rapporteur de la CENI a indiqué que pour l’élection présidentielle, l’unique bureau sera ouvert au siège de la CENI, soit sur le Boulevard du 30 juin, en face de l’ex-ONATRA. Mais pour les législatives nationales, au total 169 BRTC seront ouverts sur toute l’étendue du territoire national. Soit là où ont été enregistrées les candidatures à la députation provinciale.

Soulignons que les BRTC ont, entre autres activités, le retrait des formulaires, dépôt, réception, traitement et enregistrement des candidatures. Voilà qui pousse la CENI à rappeler aux différents candidats que le dépôt des candidatures n’est pas à confondre avec la campagne électorale qui est prévue au mois de novembre prochain. De même, les infrastructures de la CENI sont inviolables. Le même jour,  la Centrale électorale va publier la liste provisoire des candidats députés provinciaux après traitement des candidatures. Cette étape sera suivie de l’affichage, avant le contentieux électoral.

Qui sont prêts?

En République démocratique du Congo, il est difficile à ce jour de dire que tel parti ou regroupement politique est bien préparé, par rapport à d’autres, pour affronter les échéances électorales à venir. Si le PPRD, le parti au pouvoir avait promis d’organiser son congrès pour se choisir un candidat, cette idée n’est plus avancée. En retour, tout le monde a assisté à la naissance du Front Commun pour le Congo (FCC), plate-forme devant avoir un candidat unique et un programme commun, avec un objectif noble, l’emporter à tous les niveaux et doter ainsi le pays d’une majorité parlementaire forte pour continuer le développement et la reconstruction du pays.

Entre-temps, du côté du pouvoir en place, les yeux des uns et des autres sont rivés sur le président de la République, Joseph Kabila Kabange, celui-là même qui a affirmé lors du Congrès du 19 juillet dernier que la constitution de la République sera respectée et les élections se tiendront à la date indiquée. « Le cap des troisièmes consultations électorales, fixées en décembre prochain, reste donc maintenu. Notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque », a-t-il indiqué dans son discours sur l’état de la nation. C’est aussi le président de la République qui doit annoncer le dauphin, pour lui permettre non seulement de déposer sa candidature en temps utile, mais aussi de bien préparer son équipe de campagne. Mais qui va être cet oiseau rare ?

Du côté de l’opposition, les choses ne sont pas aussi faciles qu’on puisse le croire. En effet, des voix se lèvent de partout pour appeler l’opposition à l’unité, en se choisissant un candidat unique qui défendra un programme commun. Mais qui va prendre le risque de réunir cette opposition disparate, d’autant plus qu’elle n’a jamais été organisée, suite à sa pluralité ? C’est là la question, et c’est aussi là que les Romains s’empoignèrent.

Sinon, il y a des intentions, mieux des présomptions de bonne foi chez certains parmi eux qui ne cessent de militer pour une candidature unique. Car, une chose est d’appeler à cette option, une autre est d’avoir la bonne foi et de ne pas jouer le jeu de dupes. Jeu selon lequel, on accepte de faire passer le temps et de se présenter tardivement avec une candidature pour enregistrement à la CENI.

En réalité, si l’opposition s’organise et s’impose des conditions objectives pour n’importe quel candidat à la présidentielle, il y a lieu qu’elle constitue un poids politique non des moindres face à la Majorité présidentielle. Grâce à ce compromis, les opposants peuvent se répartir le pays selon les régions (Nord-Centre-Est-Ouest-Sud) et faire du mal au pouvoir en place. Mais si cette union sacrée n’a pas lieu, l’adversaire risque de profiter de toutes ces faiblesses et faire très mal à l’opposition.

Au-delà tout ce qui a été dit, l’opposition doit cesser d’amuser la galerie et poser des actes qui prouvent qu’elle veut réellement aller aux élections. Car à ce jour, des conditions du genre ce que l’on a entendu il y a deux jours, ne valent plus la peine d’être rappelées à tout moment. Sinon, que servira le remplacement du Rapporteur de la CENI, à quelques mois des élections ? Ou bien, comment la CENI va-t-elle écarter la machine à voter, sans pour autant repousser les élections déjà prévues pour le 23 décembre 2018 ?

19 437 dossiers déposés pour les provinciales

Dans un communiqué parvenu à la rédaction du Journal L’Avenir, la CENI informe l’opinion nationale qu’elle a commencé la délibération de 19 437 dossiers des candidats déposés à la députation provinciale. De cette délibération, la Plénière de la CENI a constaté que 40 partis et regroupements politiques n’ont pas fait parvenir les originaux de leurs preuves de paiement ainsi que des formulaires C5, C6 et C7 au niveau de certains Bureaux de réception et traitement des candidatures, en remplacement des documents scannés.

Pour se conformer aux prescrits des articles 18 alinéa 2 points 1 et 9, et 20 alinéa 1 points 1 et 8, la CENI invite les responsables de partis et regroupements politiques concernés de déposer les originaux de dits documents au BRTC ou au Secrétariat exécutif provincial (SEP), du ressort de a circonscription concernée, dans un délai de 48 heures, c’est-à-dire, au plus tard le 25 juillet 2018, sous peine d’irrecevabilité des dossiers de candidature déposés.

 

(JMNK)

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