Président honoraire de la CSJ: Le professeur Kisaka reçoit des hommages dignes

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L’honorable Pius Muabilu et l’un des collègues de l’illustre disparu s’inclinent devant le corps inerte du défunt/Ph. Fred Lutumba
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Après le monde académique et scientifique, mercredi dernier à la sortie du corps, hier c’était le tour du monde judiciaire et professionnel d’honorer le professeur Kisaka-kia-Ngoy, décédé depuis le 27 juin 2017 à Kinshasa. Et ce, avant son enterrement au cimetière de la Nécropole entre Terre et Ciel, dans la commune de la N’Sele. A la Cour Suprême de Justice, c’était une audience solennelle à laquelle ont pris part une assistance composée des autorités du pays, toute la hiérarchie judiciaire, la famille du de cujus et des amis et connaissance. Tout a commencé par l’extrait du rôle annoncé par le Greffier, qui ne comportait qu’un seul point : en cause, l’audience funéraire du professeur Kisaka, président honoraire de la Cour Suprême de Justice. Trois interventions ont ponctué cette cérémonie. Il s’agit de celle du Bâtonnier qui a présenté son éloge, le Procureur Général de la République qui a fait ses réquisitions, pour sa part, le président de la Cour Suprême de Justice s’est contenté de son oraison funèbre.

Dans son éloge, le Bâtonnier a expliqué comment, une fois de plus, la mort a frappé  la grande famille judiciaire. A quelques mois, la mort ne se cesse de roder et vient frapper à la porte. A la Cour Suprême de Justice, tout le monde s’écrie : nous avons perdu un Baobab, pour les professeurs, c’est une bibliothèque qui s’écroule. « Devant cette situation, l’on peut affirmer que la mort nous a pris l’un des meilleurs. Quelle parole d’espoir prononcer pour sa famille ? Sil était musicien, ils le pleureraient en jouant de la musique ; s’il était joueur, un match serait organisé en son hommage ; le militaire, on le couronne de grades. Mais nous, c’est avec notre verbe que nous allons le pleurer », dit-il.

En appui à son argumentaire, il a cité Hamadou Ampate Bâ qui écrit : «  Les morts ne sont pas morts… ».  Et de renchérir, nous avocats, c’est par nos conclusions que nous allons l’accompagner. Mais quelle conclusion prendre, se demande-t-il.  Sur quel thème pouvons continuer à être lié à lui ? Sinon, Kisaka a contribué largement à cet avancement. Il arrive souvent que même nos clients nous induisent en erreur. Mais nous avons un serment, nous plaidons en âme et conscience. « La démarche de l’avocat demeure la découverte de la vérité. Mais nous pouvons dire que le roman et la vérité s’accompagnent mais ne s’épousent pas. Nos conclusions sont toujours orientées et emportent nos convictions ». Et de marteler : il est certain que nous n’avons pas d’armes pour nous défendre contre la mort, c’est une réalité inéluctable. Nous honorons le professeur avec les armes dont nous disposons. La meilleure façon d’affronter la mort, est de continuer avec l’intégrité comme symbolisée par le maître Kisaka. Allez-y fièrement, car nous sommes convaincus, comme le dit 1 Timothée 4, 7 : «J’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai gardé la foi », dit-il.

Les réquisitions du PGR

Dans ses réquisitions, le Procureur Général de la République a indiqué, oui, il a tiré sa révérence, une vie bien remplie vient de s’éteindre. Qui était-il ? Il a répondu en disant que le professeur Kisaka-kia-Ngoy a exercé concomitamment comme professeur de Droit à l’Université de Kinshasa et à la Faculté de Droit de l’Université Protestante du Congo (UPC). Il a eu à publier beaucoup d’articles scientifiques, sans oublier le fait qu’il a dirigé  plusieurs TFC et mémoires. Il était aussi sollicité pour animer  et participer à des conférences au pays et à l’étranger.

Comme fonctions judicaires, il a été rappelé à l’attention de l’assistance que le professeur Kisaka a commencée comme Greffier au Tribunal de Grande Instance de Jadotville (Likasi), avant d’entreprendre les études de Droit. Fort de ce parcours, il s’engagea dans la magistrature, où il a gravi tous les échelons jusqu’à présider la Cour Suprême de Justice.  C’est en 2008 qu’il a été mis à la retraite. Il a été bénéficiaire de l’éméritat. « Lorsque j’observe le cursus, il n’a jamais exercé comme Officier du Ministère Public (OMP). En ce moment, je me souviens de vous comme de celui qui avait horreur de la médiocrité. Vous aimiez la rigueur et la méthode », dit-il, avant de se remémorer le discours que le professeur Kisaka tenait à l’endroit des nouveaux étudiants : « le juriste doit faire la différence partout où il est. C’est ce sens élevé de dignité que nous voulons conjuguer au présent. Laissez- moi vous dire que vous avez mérité de la patrie et celle-ci vous est reconnaissant ». Votre nom sera lié à ce corps », précise le Procureur Général de la République. Et ce, avant de demander à la Cour de prendre acte de cette réquisition et d’ordonner la levée du corps.

Dans son oraison funèbre, le président de la Cour Suprême de Justice, s’adressant à l’assistance, a dit ceci : « Vous nous faites  l’honneur par votre présence. Soyez rassurés de notre profonde gratitude. Il a souligné que la coquette biographie du Prof’ révèle qu’il fut un grand magistrat assis ». Devant l’éventail de la carrière, il a atteint l’apogée, jusqu’à devenir président de la Cour Suprême de Justice. Avant de préciser qu’il a cumulé sa fonction avec l’enseignement. Sur le plan international, il fut correspondant de l’Onu, sans oublier ses multiples participations aux conférences et colloques. Pendant tous ces temps, il a assumé plusieurs responsabilités qui exigeaient d’énormes capacités intellectuelles. Il s’est  donné une bonne morale grâce au milieu dans lequel il a vécu et sa discipline personnelle. Puisse son exemple inspirer nos compatriotes qui y trouveront le meilleur en Rdc. C’est avec un cœur pensé que la Cour Suprême de Justice lui rend hommage. Et de rappeler que de son vivant, Kisaka avait cru en son créateur qui avait dit dans Jean 10, 9 : « C’est moi qui suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira, et il trouvera de quoi se nourrir ».  Et dans Jean 10, 27-28, Jésus dira ceci : « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle. Elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher à ma main ». Par la suite, la Cour Suprême de Justice, toutes sections réunies a pris acte du décès du professeur Kisaka et ordonné la levée du corps pour enterrement au  cimetière.

(Jean-Marie Nkambua)

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