Présentation des vœux aux membres de la FEC Albert Yuma : « 2017 doit être une année de l’engagement des réformes de structures »

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Comme chaque année, la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) aux opérateurs économiques, s’est déroulée le 19 janvier dernier, au Chapiteau fête parfaite, dans la commune de la Gombe. C’était en présence des invités de marque, surtout du Premier ministre Samy Badibanga. L’occasion était donc indiquée pour la FEC de dresser le panorama de l’année écoulée, de faire le bilan des actions passées et de formuler ses propositions pour l’année à venir. Tout ceci, dans un contexte dominé par la présence d’un cadre politique, qui va sans doute être encore affiné par les négociations en cours au Centre interdiocésain, qui permet au Gouvernement d’Union Nationale de tracer des perspectives ambitieuses et réalistes pour l’avenir, devant mener, entre autres, à de futures élections, crédibles, libres et transparentes. Bien d’autres défis attendent le Premier ministre, au premier rang desquels la situation économique et sociale du pays dont dépend sa stabilité et sans laquelle, malheureusement, toutes les prévisions ne resteront que de vaines spéculations.

Quel héritage pour 2016 ?

Au cours de son discours, Albert Yuma s’est appuyé sur une triple conviction, dont la première, c’est que le développement économique de la République Démocratique du Congo doit résolument être fondé sur son développement local et cesser d’attendre des cours mondiaux des matières premières son salut. La seconde, c’est que, comme nous l’avons demandé depuis de nombreuses années à la FEC, s’inscrivant en cela dans la direction donnée par le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, que ce développement économique passe en priorité par l’investissement agricole et industriel du pays afin de fournir de manière durable à nos populations, emplois, pouvoir d’achat et dignité. Bien sûr, vous aurez compris que quand je parle d’investissement agricole, il ne s’agit pas d’aller verser des centaines de millions de dollars dans du sable. La troisième, c’est que pour pouvoir développer un secteur économique performant qui finance par l’impôt les biens publics de la Nation, les opérateurs économiques doivent pouvoir s’appuyer sur un Etat fort, qui les comprend, les accompagne et les protège.

Le n°1 du patronat congolais a démontré qu’à l’exception d’années fastes, entre 2012 et 2015, tirées par une croissance que d’aucuns considèreront bientôt comme une anomalie de l’histoire économique mondiale, les attentes n’ont pas été au rendez-vous. Certes, l’Etat a bénéficié de recettes fiscales exceptionnelles générées par des cours extrêmement élevés, mais cela a-t-il changé durablement le quotidien des Congolais, ou cette situation n’aura-t-elle été finalement qu’une parenthèse dans les difficultés vécues au quotidien par nos concitoyens, qui comme nous pouvons le voir aujourd’hui réapparaissent à mesure que les cours retrouvent des valeurs plus conformes à celles que nous avions toujours connues sur des périodes longues.

« Le FMI et la BM nous renseignent, une nouvelle fois malheureusement, que l’activité économique a enregistré un léger recul en 2016 comparé à 2015. La croissance mondiale se situerait à 3,1% en 2016 contre 3,2% en 2015. Pour les pays avancés, la croissance ne serait que de 1,6%, contre 2,1% l’année passée », dit-il, avant de mentionner que cette situation est une nouvelle fois justifiée par la baisse des cours mondiaux des produits de base, la permanente dégradation des perspectives pour les pays avancés ainsi que par un environnement politique mondial extrêmement tendu au Moyen-Orient, en Europe, voire entre les grands de ce monde que sont les USA, la Russie et la Chine, dont les relations sont assez incertaines et à tout le moins attentistes.

On pourrait penser que la reprise des économies émergentes qui ont connu une relative reprise en 2015, leur croissance a été estimée à 4,2% en 2016 contre 4% une année auparavant, pourrait nous permettre de tirer notre épingle du jeu.  Malheureusement ce n’est pas le cas. L’Afrique subsaharienne, n’en a pas profité pas avec une croissance plafonnée en 2016 par la BM ou le FMI entre 1,4% et 1,6% poursuivant ainsi sa tendance baissière inférieure à la moyenne mondiale.

Ce ralentissement est naturellement consécutif à la persistance des niveaux bas des cours des matières premières et frappe plus durement les pays exportateurs qui avaient fait de la rente le seul axe de développement. Il n’est d’ailleurs pas inutile de constater que les prévisions 2017 en Afrique, mettent en haut du tableau, avec des objectifs de croissance égaux ou supérieurs à 5%, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, le Sénégal ou l’Ethiopie, qui ne sont pas majoritairement des pays exportateurs, bien au contraire, mais qui sont ceux, comme l’a indiqué l’économiste en chef de la Banque Mondiale « les pays qui disposent d’un cadre de gestion macro-économique plus solide et d’une réglementation plus favorable aux activités commerciales. Leurs exportations sont plus diversifiées et leurs institutions plus efficaces ».

Une fiscalité  comparée à une hydre à 29 têtes…

Comme dans ses habitudes, Albert Yuma n’a pas été tendre, pour observer que la fiscalité est une hydre à 29 têtes qui traque sans relâche les entreprises du secteur formel, entrainant défiance et souhait d’échapper à une contrainte perçue comme injuste. « Nous avons donc besoin prioritairement d’un choc fiscal, qui permette sa simplification, sa prévisibilité et son application impartiale par les agents de l’Etat. La  fiscalité via la maximisation des recettes de l’Etat ne peut pas être la seule boussole, ni la variable d’ajustement permanente d’un Etat qui n’a pas pris les mesures structurelles nécessaires à la création de richesses, quand les revenus des matières premières le lui aurait permis », explique-t-il.

Voilà pourquoi la FEC souhaite un Etat qui lutte contre la complexité et la multiplicité des taxes et législations diverses. Les opérateurs doivent s’acquitter  de leurs contributions directes et indirectes ainsi que de nombreuses taxes parafiscales, à la Direction Générale des Impôts, à la Direction Générale des Douanes et Accises, à la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations ainsi qu’aux différents et multiples services d’assiette.

La FEC demande au Gouvernement de faire réaliser une étude devant aboutir, à moyen terme,  à unifier et restructurer le dossier fiscal, à l’instar d’autres pays, afin que l’opérateur économique se retrouve devant  un seul interlocuteur en matière fiscale. Dans l’attente d’une telle réforme, la FEC souhaiterait que le Gouvernement d’union nationale applique les recommandations du FENAT 2016 notamment celle se rapportant aux travaux de toilettage des Ordonnances-lois portant nomenclatures des impôts, droits taxes et redevances des provinces et du Pouvoir central afin de mettre fin à la redondance et réduire sensiblement leur nombre. Nous demandons donc, qu’il soit mis fin à la révision récurrente des lois fiscales par les lois de finances…

Des perspectives pour l’avenir

A en croire Albert Yuma, l’année 2017 devrait être pour la Rdc une année éminemment politique avec l’organisation des élections présidentielles et législatives nationales et provinciales, conformément à l’accord de la Cité de l’UA, complété par les conclusions des pourparlers directs facilités par l’Eglise catholique. « Nous demandons urgemment à tous les acteurs politiques congolais de taire leurs divergences et de mettre sous le boisseau leurs intérêts personnels afin de permettre au pays de sortir de sortir de la léthargie, dans laquelle il se trouve plongé depuis plusieurs mois désormais. Si nous avons tenu à vous présenter aujourd’hui nos priorités économiques, c’est parce que nous pensons que nous devons ensemble, dès maintenant nous mettre au travail pour la transformation de notre pays », dit-il.

Le vœu le plus ardent du monde des affaires est qu’une fois les divergences politiques totalement réglées, l’année 2017 soit celle de l’engagement des réformes de structures, rendues possibles par la participation de toutes les composantes politiques et de la société civile congolaises au Gouvernement d’Union Nationale, avec pour objectif principal de s’attaquer au mal majeur qui ronge le pays, la pauvreté. Les exigences de mobilisation de financement pour ces élections – les chiffres varient entre 1 milliard et 1,2 milliards, suscitent quelques inquiétudes auprès des opérateurs économiques, qui craignent une augmentation de la pression fiscale pour la réalisation des prévisions budgétaires de l’Etat.

Le niveau de recettes à mobiliser tel que prévu dans le projet de loi de finances 2017 reste à ce jour incompatible avec les besoins financiers de couverture des élections à venir. Par ailleurs, nous devrions, au vu de la crise sociale aigüe dans notre pays, nous interroger tous ensemble sur quelle sera la première priorité pour nos populations pour 2017 ? La Fédération des Entreprises du Congo, en sa qualité de partenaire privilégié du Gouvernement, l’invite à éviter à recourir à tout expédient qui viendrait, un peu plus contraindre les entreprises et n’aurait pour effet que de détourner l’investissement congolais vers des économies plus protectrices.

(Jean-Marie Nkambua)

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