Pourparlers du Centre interdiocésain: Kabila a fait preuve de bonne foi

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*Les travaux reprennent ce mercredi 

Les discussions directes entre signataires de l’Accord de la Cité de l’Union africaine et le Rassemblement doivent encore se poursuivre. La fumée blanche tant attendue du Centre Interdiocésain n’a pas apparu sous la médiation des princes de l’Eglise catholique. Ces derniers, sur invitation du Saint-Père de Rome, se sont rendus au Vatican, en laissant les trois commissions dans un goût d’inachevé. Les participants à ces pourparlers sont loin d’harmoniser les divergences qui les opposent sur les faits mineurs, surtout que l’avenir de la République semble suspendu à cause des intérêts mesquins, en attendant les conclusions des travaux.

C’est la raison pour laquelle la CENCO a mis en contribution le Président de la République, Joseph Kabila Kabange et le président du comité de sage du Rassemblement, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. La Majorité présidentielle ayant accordé beaucoup de concessions, la balle est dans le camp du Rassemblement qui doit faire de même, pour une transition apaisée en Rdc.

A ce sujet, Azarias Ruberwa, signataire de l’Accord de la Cité de l’Union africaine, a indiqué qu’il y a des avancées significatives dans l’une ou l’autre commission, en même temps qu’il y a des points sur lesquels il faille travailler. « Je pense que l’urgence aujourd’hui, c’est de concevoir un message commun qui puisse donner la paix des esprits, de sorte que la journée du lundi, rien ne se passe de mauvais ; qu’il n’y ait pas de Congolais de n’importe quelle province, de n’importe quelle commune de Kinshasa qui soient tués, ou qui meurent à cause des divergences politiques. C’est extrêmement important », a-t-il lancé, dans un appel à l’apaisement sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.

Toutefois, le Président national du RCD/Goma a mentionné les divergences qui existent entre les participants du Centre interdiocésain, notamment sur le calendrier électoral, les séquences des élections, mais aussi au niveau des institutions. Ces matières, précise-t-il, font partie des négociations sur lesquelles, ils attendent des négociations directes et indirectes au niveau de hautes autorités morales de l’une ou l’autre composante.

Quant à l’avenir politique du Premier ministre nommé Samy Badibanga, au regard de plusieurs interrogations, Azarias Ruberwa a confirmé que la question n’est pas débattue dans ce sens au sein du Centre interdiocésain. Pour lui, les composantes débattent au niveau des Institutions, c’est-à-dire Président de la République, de la même manière à la Cité de l’Union africaine où, il y avait des divergences par rapport à l’actuel Chef de l’Etat. « Nous sommes arrivés à faire asseoir l’idée de la Constitution (Ndlr article 70 ; alinéa 2) ; au niveau du gouvernement, il y a des questions qui sont discutées par rapport aux demandes de ceux qui n’étaient pas au Dialogue de la Cité de l’Union africaine, notamment le Rassemblement. A mon avis, les résultats de négociation vont constituer un paquet sur les demandes et les attentes des uns et des autres »,  a-t-il confié.

Par ailleurs, s’agissant des sanctions de l’administration Obama aux officiels congolais, et la psychose des ambassadeurs qui  traversent  l’autre rive du fleuve, Azarias Ruberwa a été un  clair, lorsqu’il déclare qu’ils ne vont pas vider Kinshasa, encore moins le Congo parce que le 19 décembre, ils seront toujours là, avec le peuple congolais. « Les divergences politiques ne devraient pas conduire à la mort d’hommes. Je pense qu’il faille refuser catégoriquement ça ! On va trouver un message commun, mais il est vrai qu’il y a des divergences, mais il est vrai qu’il y a la volonté politique de travailler sur ces divergences, et de trouver un compromis. Donc, laisser les étrangers apprécier de leur façon et organiser leur mouvement de départ et de retour, mais assumons que nous devrons vivre en paix, quelles que soient nos divergences. Nous avons l’obligation de trouver un compromis parce que la Nation vaut plus que les intérêts individuels », a-t-il souligné. Et de poursuivre qu’il y a la recherche des compromis sur certains éléments et que les matières qui n’auront pas connu de conclusion, seront reprises dans les jours qui viennent.              

Pour sa part, Steve Mbikayi affirme qu’il y a toujours des points de divergence, en ce qu’il souhaite que les Evêques continuent leur mission de bons offices après leur voyage de Rome pour l’instant, même si les participants sont optimistes.

En outre, le Président national du PT/NCPS a rejeté l’idée selon laquelle, la classe politique veut prendre le peuple en otage pour faire passer la date du 19 décembre. « Tout le monde est d’avis que nous devons faire la paix ; on peut continuer à discuter même après le 19 pour avoir la paix totale », a-t-il indiqué. De poursuivre que le Evêques continuent leur mission de bons offices, en ce qu’ils ont vu le Président de la République Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi parce que les avancées sont attendues de la rencontre de ces deux personnalités.

Steve Mbikayi garde quant à lui, l’espoir qu’à la conclusion, une issue heureuse va couronner ces discussions, en ce qu’il reste optimiste. Dans sa sagesse, il a privilégié la voie de la solution pacifique  plutôt que d’étaler les divergences qui les opposent au Rassemblement. « Nous  n’avons pas besoin de venir dire les points de divergences, nous avons besoin de solutions. Je crois que nous  ne sommes pas là pour allumer le feu ; mais pour essayer de tempérer la situation,   calmer les esprits parce que la démarche continue. Il est aussi évident qu’il y a des extrémistes, des radicaux qui voudraient toujours prendre de positions pour inciter les gens. Nous, nous sommes venus ici pour essayer de trouver un terrain d’entente. Il y aura un moment où nous allons débattre des questions qui ont été soulevées par le Chef de l’Etat et M. Tshisekedi et il n’y a pas lieu de pouvoir donner des conclusions », a-t-il indiqué.

Lecture biaisée de la Constitution

Tout le monde a cru, que les travaux ne prendraient que 72 heures, à en croire les participants du Rassemblement au regard des thématiques y afférentes. Convoqués le 08 décembre 2016 à la demande du Chef  de l’Etat en application de l’article 24 de l’Accord politique, les travaux ont pris la tangente, face à l’intransigeance des uns et des autres devant leurs positions initiales. Pour la Majorité présidentielle et l’opposition signataire de l’Accord, l’Accord du 18 octobre a tout prévu, avalisé par la Communauté internationale et le peuple congolais représenté à ces assises d’une part, mais d’autre part, le Rassemblement ne jure que sur le chaos et les appels à l’insurrection populaire, du fait de la lecture biaisée des dispositions constitutionnelles. Faire application de l’article 64 par le Rassemblement est une erreur monumentale, puisque personne n’a usurpé le pouvoir par la force. L’exercice des postes de responsabilités au niveau des institutions passe par le mandat électif. Est élu, ne peut qu’être remplacé par un autre élu. Donc, personne au Rassemblement n’a été élu président de la République pour prétendre inviter le peuple à l’insurrection populaire.

Cependant, le même article à son alinéa 2, peut être fatal à tous ceux qui invitent le peuple à l’insurrection. « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi ».

Partant de l’article 73 de la Constitution qui stipule « Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice ».

Cette disposition ne peut être d’application que si seulement si, la Commission électorale nationale indépendante disposait du fichier électoral fiable en même de faire appel au corps électoral. Malheureusement, ce dernier (2006-2011) semble être corrompu, infecté et indigeste selon les dires d’acteurs politiques de l’opposition ayant rejeté à trois reprises les calendriers de la CENI

Donc, cette disposition constitutionnelle n’est valable que si le Congo disposait de fichier électoral susceptible de convoquer le scrutin. Sa violation ne peut être constatée si seulement si le fichier électoral existe et que le corps électoral n’est pas convoqué. En ce moment, l’on peut prétendre évoquer qu’il y a violation manifeste de cette disposition.

Etant donné que la Ceni ne dispose d’aucun fichier électoral, il est illogique d’affirmer qu’il y a eu violation de la Constitution et que le Chef de l’Etat a l’intention de se maintenir au pouvoir.

Soulignons que les négociations visent cependant,  à trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue d’une présidentielle pour désigner un successeur à Joseph Kabila, en ce que les détracteurs du président l’accusent gratuitement d’avoir orchestré le report de l’élection, mais aussi  lui prêtent des intentions de vouloir envisager de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

La CENCO, comme la communauté internationale, ont fait part de leurs craintes d’une flambée de violences en l’absence de solution politique avant la fin du mandat de M. Kabila. Mais dans la sagesse et  maturité du peuple congolais, la date du 19 décembre est une date comme toute autre, date qu’il n’importe guère de d’envenimer.

(Pius Romain Rolland)

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