Pour un environnement sain à Kinshasa: Nécessité de doter l’Hôtel de ville des moyens conséquents

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Une vue des maires de quelques villes africaines
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La journée mondiale de l’environnement, qui a été célébrée hier, est une occasion de jeter un coup d’œil sur la façon dont le Gouvernement central, mieux l’Hôtel de ville de Kinshasa prend à bras-le-corps la gestion  non seulement de l’urbanisation, mais aussi de tous les aspects y relatifs. Cette journée est en lien avec  l’agenda de l’Afrique et l’atelier  co-organisé dernièrement par la Banque mondiale et l’Initiative des médias d’Afrique (AMI). C’était pour renforcer les capacités de soixante quinze journalistes issus de 42 pays africains sur la façon de couvrir l’urbanisation et le développement durable en Afrique subsaharienne.

La Rd Congo, un pays de plus de 70 millions d’âmes, a connu trois Premiers ministres en 6 mois. Dans ce contexte, l’aspect environnemental ne pouvait qu’être gravement affecté. Et ce, vu que le programme de l’Union européenne dans la ville province de Kinshasa, dont la mission était de vider les décharges publiques pour un environnement sain, arrivait à terme. Censé reprendre la gestion des immondices, l’Hôtel de ville a été buté à un problème de financement, avec les conséquences que tout le monde peut envisager.

A l’occasion de cette journée mondiale, l’occasion nous est donnée pour non seulement insister sur la nécessité pour le Gouvernement de financer l’évacuation des immondices, mais aussi de pousser l’Hôtel de ville et à travers cette institution, le Gouvernement provincial de Kinshasa, de développer ses propres stratégies pour rendre à cette ville son attraction d’autrefois. Ceci, parce que selon Rolland White, expert de la Banque mondiale en charge des questions urbaines, lorsqu’une ville est incapable de bien gérer ses déchets dures, cela conduit à la pollution, aux maladies, etc.  Disons que la ville de Kinshasa n’échappe pas au contexte général des villes africaines, caractérisé par un développement rapide mais qui ne tient pas compte de l’urbanisation.

Qu’en pense le Dr Attali de la Côte d’Ivoire ?

A l’occasion de la conférence sur le développement urbain durable, qui s’est tenue à l’hôtel Hyatt Regency, toujours à Dar es-Salaam, le Quotidien L’Avenir avait approché Dr Attali Kofi, urbaniste et Directeur général de l’Agence d’urbanisme et  de prospective du district autonome d’Abidjan, une agence qui s’occupe des questions de planification et de développement de l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire. C’était pour savoir quelles leçons il a pu tirer de l’expérience des villes comme Dar es-Salaam (Tanzanie), Kampala (Ouganda) et Durban en Afrique du Sud.

« Pendant ces deux jours, je peux dire que les villes africaines font face aux mêmes défis. Le problème que nous avons en commun, c’est l’étalement urbain. Nos villes se développent dans tous les sens, ce qui accroit le coût d’urbanisation et les difficultés pour les populations pauvres d’accéder aux services de base », dit-il, avant de renchérir que par rapport au thème de la conférence, le plus grand défi qu’on a, est celui relatif aux questions environnementales qui sont au cœur du développement. L’on vient de se rendre compte qu’en termes de planification urbaine, il faudrait mieux intégrer les questions environnementales. Et ce, parce qu’il y a toute la question de la dégradation de l’environnement.  Les espaces verts sont complètement envahis par des bâtiments, alors que nous avons besoin de ces espaces-là à l’intérieur de la ville. A l’extérieur de la ville, poursuit-il, nous avons aussi besoin de ces forêts qui font la ceinture verte et nous donnent beaucoup plus d’oxygène. Malheureusement quand on regarde autour de nos villes, il n’y a plus d’espace vert.  Selon lui, les Gouvernants devraient se préoccuper de la question de la gestion des bidonvilles, car on ne doit pas laisser les gens s’installer n’importe où. Parce que souvent, ils sont là même au risque de leur vie. Et souvent quand on leur parle, ils n’arrivent pas à comprendre. Ça aussi, il faut que la plupart des gouvernements mettent en place des politiques, pour que ces gens-là accèdent au logement.

Dans ce contexte difficile, comment être résilient ?

L’expert ivoirien en Urbanisme estime qu’il  faille changer de trajectoire, parvenir à intégrer parfaitement toutes les questions environnementales dans la planification de nos villes. Quand on regarde ce qui est fait en Afrique du Sud, toutes les questions écologiques sont intégrées dans la planification, précise-t-il. En Côte d’Ivoire par exemple, on a eu deux documents de consultation très importants, qui sont le schéma directeur  du grand Abidjan et le schéma de transport. « Ce qu’on a pu faire avec l’appui de la coopération technique japonaise, au niveau de la croissance d’Abidjan, l’on veut réduire l’étalement de la ville. Si on ne peut la stopper, il faut diminuer cet étalement. C’est ce qui nous a amenés à l’adoption d’une politique de croissance urbaine intelligente, qui va s’appuyer d’abord sur ce qui existe, ce qui est déjà construit. Ce qui va nous amener peut-être à une politique de rénovation urbaine, c’est-à-dire, une densification de la ville qui existe », martèle-t-il. Mais pour que cela soit possible, il faut une volonté politique réelle. Il y a beaucoup de maisons qui sont basses, et dont le stock est très détérioré. Il faut mettre en place une politique d’élévation, pour construire beaucoup plus en hauteur. Car, on a souvent l’impression que nous, les noirs, on n’aime pas habiter en hauteur !

Face à la difficulté pour de nombreux Etats à financer leurs plans d’urbanisation, quelle issue ? Pour lui, il ne faut jamais désespérer. « Je crois que l’avenir est très prometteur, avec l’appui de nos gouvernements, surtout avec la décentralisation. Qu’on donne beaucoup plus de moyens à la gestion de proximité, aux autorités  territoriales », dit-il, avant d’ajouter que le pouvoir central est là pour appuyer  et doit travailler main dans la main avec les autorités territoriales. Il ne faut pas que la gestion de ces problèmes là soit le seul fait des Ministères.

Avant de terminer cet entretien, l’expert ivoirien  n’a pas manqué de préciser qu’il faut que la gestion de l’environnement soit intégrée. Pour ce faire, il y a nécessité, a-t-il insisté, de travailler de concert, c’est-à-dire, les urbanistes doivent travailler avec les spécialistes en transport. Parce que le défi est tellement important. C’est le cas des défis pour l’accès à l’eau potable, le drainage, l’évacuation des déchets, les réserves nationales, etc.

(Jean-Marie Nkambua, de retour de Dar es-Salaam)

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