Pour un différend tranché par le bourgmestre de Matete: Deux églises voisines s’affrontent sur la 3ème rue Debonhomme

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« Tinda moto, tinda moto, ezwi ezwi, ezwi te, innoncent » (pour dire : envoie le feu dévorant, le feu dévorant, tant pis pour le coupable, malheur à l’innocent) chantaient, à gorge déployé, aux premières heures du matin, les fidèles d’une église en diagonal d’une autre ce dimanche 3 avril 2015, sur la 3ème rue du Quartier Debonhomme. Là, visiblement, les deux entreprises spirituelles sont en affrontement verbal et gestuel.

Les faits énonciateurs ont commencé un peu tôt. En effet, le même dimanche vers 1heures du matin, les croyants de l’église sans dénomination visible sont sortis sur l’avenue, pour prier en faisant des allés et venus, jusqu’à franchir le mur de l’Assemblée Chrétienne Dieu Restauré (Acdr) pour soit disant chasser les démons. Il ne s’est pas passé 10minutes depuis qu’ils se sont lancés dans leur exercice, les fidèles endormis au sein de l’Assemblée Acdr sont vite sortis pour accuser les autres de jeter de l’eau à l’intérieur de leur lieu de culte. La discussion se basant sur la sorcellerie se déclenche. Insultes et prophéties se sont entrechoquées, allant jusqu’aux heures avancées de la nuit.

L’histoire entendue renseigne que le pasteur responsable de l’Acdr est allé poser le problème devant l’autorité compétente, vu qu’il n’a pas d’instruments sonores et sentant le danger apparent, depuis l’année passée. Le bourgmestre de cette municipalité a, de ce fait, partagé les deux camps établissant un horaire précis qui oblige l’église sans dénomination visible à débuter le culte à 13h après que la première trouvée sur terrain ait terminé. Cette lettre du numéro un de la commune avait calmé un peu les esprits jusque le week-end dernier. Sur cette partie de la grande avenue, à part l’église catholique qui s’affiche au loin, il y a au moins quatre ” maisons de Dieu” qui se frottent sur une longueur de moins de 40 parcelles.

Défis contre défis, et Dieu dans tout ça ?

Durant la semaine, le jeune pasteur de l’église sans nom a lancé des défis, se disant qu’il  trouvait l’heure du culte (l’horaire proposé par le bourgmestre) inadapté pour la journée du dimanche. Dans la mesure où, les fidèles de son églises ne venaient plus nombreux aux heures d’après-midi. Ils avaient du mal à s’adapter à un tel horaire ! Un voisin a affirmé l’avoir entendu avancer un article de la constitution du pays qui garantit la liberté de culte. Pour lui, la lettre du bourgmestre était non avenue, mépris de l’autorité. D’ailleurs, il a prévenu ses fidèles qu’il s’en remettrait à un plus grand que le bourgmestre.

Contre toute entente, c’est à partir de 8heures du dimanche dernier que la sono de l’église sans nomenclature visible a commencé à retentir aux oreilles. Pendant ce temps,  le Pasteur de l’Acdr et les siens dépourvus d’instruments de musique, se sont retrouvés dans l’impossibilité d’organiser leur culte habituel. Que faire alors ? ils sont allés se plaindre auprès du Commandant du Sous-Commissariat de Police se trouvant sur la 1re rue.

Pendant que les louanges montaient, montaient aux allures d’un concert de Wenge musica, les voisins et les habitants du coin ont été surpris de voir des policiers armés et un inspecteur débarquer sur les lieux d’affrontements, en vue de constater les faits.

En ce moment, des curieux ont accouru pour assister au nouveau scénario qu’offrent les églises du réveil. « Moto, moto, feu, feu, nayebisaki bino ke ba susu bakoma ba girafe. Bako bela estomac », l’on pouvait entendre sortir de baffles de l’église sans nom lors du prêche. (Entendez : feu, feu, je vous ai prévenu que d’autres deviendraient des girafes (au cou allongé), pour guetter. Ils souffriront de la gastrite (à force de soucis).

Abordant le chef d’avenue, l’inspecteur est arrivé sur place pour constater le « Saka yonsa » et le « djalelo » assortis des quolibets et des chansons pour nuire à l’autre. Et l’officier de la police a saisi la balle au bond, pour interroger des voisins qui ont vécu plus d’une fois toutes les péripéties de l’évènement. Pour une énième fois, cela vient inciter les observateurs à se poser des questions sur le suivi des règles qui régissent les églises en RDC.

A ce sujet, il faut noter qu’en 2005, Jean Kimbunda, alors gouverneur de la ville province de Kinshasa, avait signé une note circulaire, dans laquelle l’autorité urbaine enjoignait les bourgmestres et les Commandants de Police à lutter contre le tapage diurne et nocturne. L’ancien membre du collège des conseillers du Chef de l’Etat, Kimbembe Mazunga agissant en son temps sous la casquette de gouverneur a.i, de Kinshasa avait arrêté, dans le souci de maintenir la tranquillité publique, à cent (100) mètres l’écart entre deux églises sur un même périmètre.

 

Retenez-le :

 

 

(Onassis Mutombo)

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