Pour sauver l’économie congolaise: Lufu parmi les priorités du gouvernement Badibanga

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Depuis deux ou trois ans, un marché s’est développé au point de mettre mal à l’aise une bonne partie de l’économie formelle en République Démocratique du Congo. Il s’agit du marché « Lufu ». Une contrée angolaise, frontalière à la province du Kongo Central. On y trouve presque tout : riz, farines, lait, savons, huiles, ciment, électroménagers, jus, boissons sucrées, bières, etc.

Au début, l’on avait pensé à un feu de paille et l’autorité économique avait minimisé les conséquences de ce marché-pirate sur l’économie nationale. Petit à petit, les kinoises, avides d’information et soucieuses de faire des bonnes affaires ont pris le chemin de Lufu pour s’approvisionner.

D’énormes quantités de biens de consommation courante ont déferlé petit à petit sur le marché Kinois et celui du Kongo Central. Le ciment de Lufu, vendu au prix bas, constitue l’attraction de plusieurs Kinois qui construisent même si le gouvernement à travers le ministère de l’économie a tenté de limiter les dégâts. Il en est de même du lait, sucre, savon et même de la bière que l’on trouve partout à Kinshasa. Ces produits relativement moins chers ont limité sensiblement les importations de l’étranger et inquiètent les tenants des supermarchés. Ils sont vendus dans des conditions qui ne garantissent pas l’impôt ni les taxes qui frappent pourtant ceux vendus à Kinshasa et Matadi.

Autrement dit, les hommes d’affaires qui achètent à Lufu semblent jouir d’un régime de faveur. Plus d’une fois l’autorité provinciale du Kongo Central, ainsi que le gouvernement ont tenté de règlementer ce marché pirate. Il y a un défi majeur pour l’état congolais : doit-il laisser prospérer ce marché qui permet au Kinois de s’approvisionner à un bon prix ou doit-il le supprimer pour protéger l’emploi intérieur ?

La boisson de Lufu commence petit à petit à menacer la boisson sucrée et même la bière locale. Sachant le rôle social que jouent les brasseries installées à Kinshasa, il est important que le gouvernement fasse tout pour sauver ces emplois en limitant sensiblement l’entrée de ces boissons étrangères. Dernièrement, la société Brassicole, la Bralima qui opère depuis plusieurs années en RDC, a annoncé la fin de la production dans la ville de Boma au Kongo Central. Ce, pour des raisons de vente des boissons de Lufu, en provenance d’Angola, à bas prix que ceux de l’usine en question.

Si rien n’est fait, les congolais en général et les Kinois en particulier deviendront dépendants des angolais après avoir été conquis par les chinois, les libanais, les indiens, les turcs et plusieurs autres nationalités étrangères.

Un pays ne peut se permettre de tout acheter chez les autres, ne produisant rien ? La question mérite plusieurs réflexions dans les cercles économiques, pour connaitre les facteurs qui expliquent qu’un sac de ciment produit sur place coute plus cher qu’un sac de ciment importé. Dans un marché libéral comme le nôtre, la population a une seule tendance naturelle : s’approvisionner là où c’est moins cher. La même guerre économique fait rage entre les produits de grandes puissances économiques, notamment entre la chine et les Etats-Unis d’Amérique.

Si hier, les africains se soignaient en suisse, la concurrence a fait changer les choses aujourd’hui. L’inde est le nouvel hôpital des africains qui y dépensent moins d’argent qu’en suisse.

Même le Congo Brazzaville est confronté à cette même difficulté des produits importés qui coutent moins chers que ceux qui sont produits localement. Il est question d’envisager un dosage savant qui ne bloque pas totalement l’entrée des produits importés, mais qui ne permet pas non plus à n’importe quel produit de s’introduire sur le marché. Les grands hommes d’affaires congolais doivent être soutenus par le gouvernement. Sinon, le risque est considérable de les voir s’envoler ailleurs et y placer leurs sous. Ils doivent être protégés contre la concurrence déloyale.

C’est dans cette même optique que le petit commerce doit absolument être réservé aux nationaux. Une concurrence dans ce secteur écraserait la petite classe sociale qui n’aurait aucune activité commerciale dans son propre pays.

(Simon Kabamba)

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