Pour résoudre la crise politique en Rdc: Le Conseil de sécurité soutient l’accord

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Il n’y en aura pas deux dialogues, mais le seul qui a accouché de l’Accord politique de la Cité de l’Union africaine suffit, affirme la délégation de 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui s’est entretenue samedi, au Palais de la nation à Kinshasa, avec le Président de la République Joseph Kabila Kabange. Sinon, le dialogue doit rester permanent en ce que l’Accord politique laisse une clause à ceux qui ne l’ont pas signé, cas du Rassemblement, de rejoindre avec de propositions constructives. C’est ce qui est ressorti de la Conférence de presse animée tard dans la nuit de samedi dernier à Kempesky Hôtel, devant la presse nationale et internationale. François Delattre, Ismaël Abraao Gaspar Martins et Maman Sambo Sidikou, respectivement, ambassadeurs de France et d’Angola au Conseil de sécurité et Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Rdc.

A en croire ces diplomates, leur mission s’inscrit dans le schéma de la diplomatie préventive, au regard de la situation politique qui prévaut en République Démocratique du Congo. Après avoir échangé avec le Président de la République Joseph Kabila, Chef de l’Etat, les ambassadeurs ont écouté tour à tour les délégations des forces politiques en présence, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), notamment sur l’inclusivité élargie au Rassemblement quant à l’endurcissement de ce dernier à vouloir à tout prix le chaos, plutôt que d’apposer sa signature sur l’Accord du 18 octobre 2016 de la Cité de l’Union africaine. Cette visite a permis aux diplomates onusiens d’avoir une idée générale sur la situation politique en Rdc.

Economie de la visite du Conseil de sécurité

Pour Maman Sambo Sidikou, la visite du Conseil de sécurité est un encouragement à la MONUSCO pour faire mieux, pour être plus performante dans toutes ses composantes : militaires, civils et police. « C’est aussi un encouragement pour asseoir les meilleures relations possibles avec les autorités congolaises, pour qu’ensemble, nous réussissions à faire avancer encore le mandat que nous a donné le Conseil de sécurité par la dernière résolution, la 2277, en particulier en ce qui concerne la protection des civils, et l’approfondissement de la démocratie en République démocratique du Congo », dit-il.

Par ailleurs, le diplomate Angolais au Conseil de sécurité, Ismaël Abraao Gaspar Martins a déclaré les membres du Conseil de sécurité ont effectué le déplacement parce qu’ils n’ont pas voulu entendre de différentes déclarations faites par les acteurs politiques. Ils ont donc choisi de vivre la réalité au pays de Lumumba, la situation politique qui y prévaut. « Nous sommes venus et je dois dire personnellement, que parce que nous terminons notre mission, je sors de la Rdc très rassuré. Le Conseil de sécurité est venu ici dans le cadre de la diplomatie préventive. C’est-à-dire là où il y a des situations de crise, il faut agir de manière préventive, pour éviter que la situation se dégénère », a-t-il dit à la presse. Il a par la suite révélé qu’ils sont arrivés à la conclusion selon laquelle, toutes les forces en présence en Rdc ont exprimé la volonté d’éviter le pire, le chaos.

« Je dois aussi dire que les rencontres que nous avons eues, en commençant par le Premier ministre ce matin, le Président de la République, les partis du Rassemblement, de la majorité, la société civile qui est maintenant en réunion avec nous [les autres membres du Conseil de sécurité], on a vu presque tous les acteurs principaux de cette situation de crise pour tirer des leçons. La dernière rencontre que nous avons eue, nous avons démontré qu’il fallait chercher des remèdes, des solutions, avoir une feuille de route qui puisse ramener la Rdc, le peuple congolais à s’assurer que cette fois-ci, il peut y avoir une transition dans la paix, dans le respect de la Constitution. Le Conseil de sécurité est décidé de travailler avec les autorités congolaises, pour parvenir à cette solution paisible », a-t-il fait savoir.

A l’entendre parler, les pays de la sous-région, dont l’Angola, est également engagé à faire en sorte que les voisins soient dans une situation de sortie de crise, dans la paix, assurer la stabilité, etc. Et cela, ce n’est pas une chose qu’on fait dans deux, trois, quatre, ou cinq ans, c’est un processus, mais c’est un processus qui est bien engagé, à mon avis, avec l’accord qui a été signé. Ce n’est pas la fin, il faut le rendre plus inclusif, il faut [faire] participer tout le monde, il faut l’engagement de tout le monde pour [l’] exécuter, pour aller de l’avant avec le pas qu’il faut franchir pour éviter une crise qui s’annonçait très sérieusement dans ce pays.

Le diplomate français au Conseil de sécurité, François Delattre a insisté sur le sens de la mission qui est à placer dans le cadre d’un exercice important de diplomatie préventive visant à accompagner la Rdc sur le chemin exigeant de la stabilité, de la paix et de la démocratie. « Je voulais vous dire aussi que, sur un plan un peu plus personnel, je me sens également, comme mes collègues je crois, encouragé au terme de cette journée marathon qui nous a permis, non seulement de passer nos messages à l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, qui sont reçus en ce moment même par nos collègues, mais aussi d’écouter, de prendre note, d’être mieux conscients qu’on peut l’être depuis un bureau à New York, de la sensibilité de différents acteurs ici, de ce qui les sépare, mais aussi de ce qui les rassemble », martèle-t-il.

Il s’est dit très frappé par le caractère très approfondi de l’ensemble des échanges que nous avons eus qui se sont tenus tous sans exception dans un très bon esprit, je tiens à le souligner, l’écoute réciproque, le dialogue. Et s’il faut tirer quelques enseignements, il dit avoir senti une forte convergence dans la diversité, bien sûr, des interlocuteurs que nous avons rencontrés. Une forte convergence sur les trois grandes lignes suivantes : D’abord, le refus unanime de violence et la promotion du dialogue, c’est la base de tout et je crois que c’est une ligne qui rassemble l’ensemble des interlocuteurs que nous avons rencontrés.

Deuxièmement, la recherche d’une solution politique fondée sur le respect de la Constitution. C’est évidemment un élément clé de substance, et je crois que là aussi un élément rassemble l’ensemble des interlocuteurs que nous avons rencontrés. Enfin troisièmement, la forte conscience des interactions avec le contexte régional et international. C’est un élément qui m’a frappé. Beaucoup de nos interlocuteurs ont rappelé combien la Rdc est entourée, si je ne me trompe pas, par neuf voisins, ce qui en fait le pays d’Afrique ayant le plus de voisins.

Il n’y aura pas de chaos

« Il n’y a pas de chaos ici, il faut éviter le chaos. Il faut vous engager pour empêcher le chaos, le chaos est fait par les Hommes. Le chaos est fait par les jeunes surtout », insiste le co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies, Ismaël Abraão Gaspar Martins, avant de renchérir que j’étais jeune aussi, mais le chaos ce n’est pas la solution. C’était en réponse à une question, celle de savoir si le Conseil de sécurité des Nations Unies ne dispose-t-il d’un plan B pour éviter le chaos en Rdc pendant cette période post dialogue. Ici, la solution c’est un engagement ferme de la classe politique, un engagement ferme de l’électorat, un engagement ferme de tout le monde pour qu’on amène ce pays finalement à avoir une transition qui puisse se faire dans la stabilité. Et c’est possible oui, c’est [faisable] oui. Ça va se passer, je peux vous assurer avec notre appui et on pourrait y arriver, précise-t-il.

A Beni, pour mieux comprendre

Répondant à une question sur la situation sécuritaire à Beni, Maman Sambo Sidikou a dit être content que le Conseil de sécurité aille à Beni, d’abord parce qu’effectivement Beni est une zone martyre où beaucoup de gens sont morts, où se posent des problèmes sérieux de protection des populations. Il est bon que le Conseil de sécurité y aille pour voir comment il pourrait nous soutenir davantage dans notre travail de protection de la population civile.

« Dans cette zone, nous assistons à une guerre asymétrique. Nous nous organisons au niveau de la MONUSCO en collaboration avec les forces armées congolaises pour porter la guerre à ceux qui tuent et massacrent ; leur enlever l’initiative en allant les trouver où ils sont », dit-il, avant d’ajouter que cela suppose de la part du Conseil de sécurité un soutien plus intense à la Monusco. Que nous soyons mobiles, que nous ayons des forces spécialisées, équipées pour ce genre de guerre. Deuxièmement, on ne peut gagner ce type de guerre lorsqu’on n’a pas la population avec soi.

Ensuite, très franchement lorsqu’on regarde la région de Beni, on sait bien qu’elle est frontalière de l’Ouganda par exemple. Donc il y a aussi une dimension régionale dans cette affaire. C’est pour ça que le sommet de Luanda, le dernier sommet de la CIRGL a parlé de la nécessité pour cette région de prendre en charge ensemble sa sécurité. C’est-à-dire, il faut aussi que les pays voisins, tous les pays de la région aident le Congo à aider d’autres pays avant, à arrêter les massacres, à arrêter l’instabilité parce que l’instabilité au Congo, ça sera l’instabilité aussi dans les pays voisins.

(Pius Romain Rolland)

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