Pour manquement grave à leur devoir et à la déontologie

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  1. Kamitatu et P. Lumbi révoqués

Les autres signataires doivent tirer les conséquences de leur acte

*A travers deux ordonnances signées hier par le Président de la République Joseph Kabila Kabange, MM. Olivier Kamitatu et Pierre Lumbi, respectivement ministre du Plan et Mise en œuvre de la Révolution de la modernité, et Conseiller du chef de l’Etat en charge de la sécurité, ont été révoqués de leurs fonctions, pour manquement grave à leur devoir et à la déontologie

*C’est une réponse du berger à la bergère, qui découle du Mémorandum adressé par sept partis politiques de la Majorité présidentielle au Président de la République et Autorité morale de la MP. Le sort des autres signataires ne fait plus de doute : ils doivent tirer eux-mêmes les conséquences de leur choix de quitter la Majorité Présidentielle pour rejoindre les rangs de l’Opposition.

Croire que l’Autorité morale de la Majorité présidentielle allait passer sous silence le Mémorandum du 14 septembre 2015, qui frise la traitrise et qui fait allégeance à l’Opposition, document adressé par sept partis politiques membres de la coalition au Président de la République, c’était sans connaître son souci de faire respecter la discipline au sein de cette importante famille politique et d’éviter que le loup ne s’installe dans la bergerie. Surtout que ces deux personnalités ont entrepris un travail de sape, en combattant leur propre famille politique de l’intérieur.

Réponse du berger à la bergère

C’est ainsi qu’à travers deux ordonnances signées par le Président de la République, MM. Olivier Kamitatu et Pierre Lumbi, respectivement ministre du Plan et mise en œuvre de la Révolution de la modernité, et Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, ont été révoqués de leurs fonctions, pour manquement grave à leur devoir et à la déontologie.

Il s’agit là d’une réponse du berger à la bergère, qui découle du Mémorandum adressé par sept partis politiques de la Majorité présidentielle au président de la République et Autorité morale de la MP. Ce document a été signé par Yves Mobando, pour le compte du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) ; Olivier Kamitatu, l’Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC) ; José Endundo, le Parti Démocrate Chrétien (PDC), Banza Maloba, l’Avenir du Congo (ACO) ; Antoine-Gabriel Kyungu, l’Union Nationale des Fédéralistes du Congo (UNAFEC) ; Charles Mwando Nsimba, l’Union Nationale des Démocrates Fédéralistes (UNADEF) ; Christophe Lutundula, l’Alliance des Démocrates pour le Progrès (MSDD, ADP/M).

Bien avant la signature de ces deux ordonnances par le chef de l’Etat, une réunion a été organisée dans la matinée d’hier par le Bureau Politique de la Majorité Présidentielle (MP), avec son Allié le PALU sous la présidence de l’honorable Aubin Minaku, Secrétaire général de la MP pour examiner le contenu du Mémorandum du 14 septembre 2015 adressé par 7 partis membres de la coalition au Président de la République et Autorité Morale de la MP.

A l’issue de cette réunion, la MP a publié une déclaration dans laquelle elle estime que les signataires veulent se positionner par rapport à l’avenir qu’ils estiment appartenir à l’opposition et à des tireurs de ficelles étrangers. Il est donc permis de se demander pourquoi subitement ces sept partis politiques ont-ils partagé les positions jadis défendues par la Communauté internationale et l’Opposition politique en République démocratique du Congo ? Qui en est le vrai tireur de ficelles, qui se permet de déstabiliser ainsi les institutions de la République ? Sinon, à en croire certaines sources, les signataires auraient perçu de grosses sommes d’argent en échange à leurs signatures.

Des conséquences politiques

Dans sa conclusion, la MP estime clairement que, les auteurs du Mémorandum se sont auto exclus de cette famille politique et ils l’ont manifesté en quittant eux-mêmes la séance du bureau politique avant la fin de celle-ci. Ils ont, en quelque sorte, scié la branche sur laquelle ils sont assis. Dans cette logique, ils doivent donc tirer les conséquences du choix stratégique opéré en faisant simplement le constat qu’ils ont choisi de quitter la Majorité présidentielle pour rejoindre les rangs de l’Opposition.

C’est pour respecter cette disposition, croit-on savoir, que M. Olivier Kamitatu, ministre du Plan et de la mise de la Révolution de la modernité a été révoqué, de même que l’Autorité morale du Mouvement social pour le renouveau, désormais ex-conseiller spécial du chef de l’Etat en charge de la sécurité. Il reste à d’autres d’emboiter le pas, surtout l’honorable Charles Mwando Nsimba, premier vice-président de l’Assemblée nationale. Et là, il est permis de croire que l’Assemblée nationale, au cours de cette session de septembre, essentiellement budgétaire, ne manquera pas d’inscrire cette question à son ordre du jour. Un mouvement qui devra s’étendre dans toutes les autres institutions, dans lesquelles ont retrouverait encore les moutons noirs.

Dans ce contexte, quelles seront les conséquences sur la cohésion sociale tant recherchée par les Congolais ? Quelle sera la suite des événements ?

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du Bureau politique de la Majorité présidentielle :

(JMNK)

 

DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE

KINSHASA, le 16 SEPTEMBRE 2015

  1. Le Bureau Politique de la Majorité Présidentielle (MP) s’est réuni ce mercredi 16 septembre 2015 avec son Allié le PALU sous la présidence de l’Honorable Aubin Minaku, Secrétaire Général de la MP pour examiner le contenu du Mémorandum du 14 septembre 2015 adressé par 7 partis membres de la coalition au Président de la République et Autorité Morale de la MP.
  2. Le Bureau Politique de la MP et le PALU ont noté l’attitude inélégante des auteurs du mémorandum qui les a conduit à donner une publicité tapageuse à des analyses qui devaient être discutées en interne. Il en est de même de la volonté délibérée de surenchérir sur les peurs irrationnelles entretenues par une certaine opposition, un véritable paradoxe de la part des auteurs qui se déclaraient pourtant toujours sociétaires de la Majorité Présidentielle.
  3. Affirmant vouloir consolider la démocratie et la paix civile et épargner le pays d’une crise politique aux conséquences imprévisibles, les signataires reprennent à leur compte les procès d’intention faits par l’opposition à l’Autorité Morale de la MP accusé de vouloir réviser ou changer la constitution tout en décriant le passage de 11 à 26 provinces prévu par ladite constitution. Ils dénient au parlement le droit de réviser la loi électorale et refusent l’organisation des électrons locales et municipales qui, à leur avis, affaibliraient la cohésion nationale et ralentiraient le processus de démocratisation qui ne serait pas opérationnelle à la base.
  4. Les signataires se situent ainsi aux antipodes des options concertées au sein de la MP et ses alliés notamment celles du passage effectif de 11 à 26 provinces et de la résorption des arriérés électoraux de 2006 et 2011 avant les scrutins provinciaux, sénatoriaux, législatifs et présidentiel qui priveraient l’opposition d’un argument de campagne contre la Majorité au pouvoir pendant ces deux quinquennats. A l’instar de l’opposition, ils font état de « doutes de plus en plus grands » qui auraient gagné de ce fait la société congolaise et qui auraient écorné le « contrat de confiance entre le pouvoir et le peuple ». Dans le paragraphe 4 de leur mémorandum, devenus tout à coup « neutres», ils font état des « échecs et des erreurs » et évoquent l’action positive de transformation structurelle de la société congolaise et de l’économie du pays sous le leadership du Président Kabila qu’en la conjuguant au passé et en l’engloutissant dans les grosses vagues des préoccupations dites « insatisfaites » (inégalités, pauvreté).
  5. A l’évidence, les auteurs du mémorandum ont pris fait et cause pour l’opposition. Nul n’ignore en effet que l’agenda électoral chahuté n’est pas l’œuvre de la majorité comme ils le prétendent et que les contraintes auxquelles ils font allusion avaient été exprimées en leur temps par le gouvernement et la MP en vain face à une opposition intraitable. En lieu et place des solutions alternatives crédibles, ils préfèrent s’adonner à instrumentaliser des peurs irrationnelles pour un objectif de positionnement politique. Alors que le respect de la constitution a toujours été une constante dans les déclarations et les actes du Président, le mémorandum fait croire le contraire, exposant gratuitement notre Autorité Morale à la vindicte publique. Les félicitations de l’opposition aux signataires en font foi.
  6. Le auteurs du mémorandum affaiblissent les institutions de la République en s’en prenant véhémentement au parlement où la MP est majoritaire pour avoir adopté une loi en matière de répartition des sièges pour les élections locales et municipales et à la Cour constitutionnelle pour avoir pris un arrêt ordonnant au gouvernement de prendre les mesures exceptionnelles susceptibles de mettre un terme à l’anarchie dans la gestion des nouvelles provinces. Comme s’II fallait une autorisation particulière pour que ces institutions publiques exercent leurs attributions constitutionnelles.

Il appert clairement que les auteurs du mémorandum se sont auto exclus de la MP. Ils l’ont manifesté en quittant eux-mêmes la séance du Bureau Politique avant la fin de celle-ci.

Le mémorandum livre à cet égard une perception dichotomique de la Majorité Présidentielle. Pire, il jette l’opprobre sur la Majorité en confortant l’idée selon laquelle celle-ci aurait des visées anti-démocratiques que les signataires se sont donné la mission de pourfendre.

En fait, ils désespèrent de la Majorité Présidentielle et de son Autorité Morale et veulent se positionner par rapport à l’avenir qu’ils estiment appartenir à l’opposition et à des tireurs de ficèles étrangers dont l’ingérence dans les affaires domestiques au Congo-Kinshasa est un lieu commun.

Vu ce qui précède, il ne reste aux signataires qu’à tirer les conséquences du choix stratégique qu’ils ont ainsi opéré en faisant simplement le constat qu’ils ont choisi de quitter la Majorité Présidentielle pour rejoindre les rangs de l’opposition.

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