Pour lutter contre les faux produits médicaux: Félix Kabange annonce des mesures draconiennes

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A la suite de la question orale avec débat initiée par le député national Clément Kanku Bukasa relative à une forte invasion des faux médicaments et des médicaments périmés mettant ainsi en danger la santé de la population, le ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi devrait répondre aux trois préoccupations soulevées notamment sur l’état de lieux du secteur des médicaments importés et fabriqués sur place ; les dispositions que le Gouvernement prend pour protéger le peuple contre les faux médicaments, les charlatans, les médicaments périmés et les médicaments mal conservés et vendus par des personnes non habilitées, et enfin les dispositions à prendre pour réglementer l’exercice de la vente des médicaments à travers les pharmacies et d’autres dépôts pharmaceutiques.

Le ministre a brossé succinctement l’aperçu historique de la RD Congo depuis la colonisation jusqu’aux années 70, qui avait un secteur pharmaceutique bien régulé par l’ordonnance loi n°27 bis Hyg de 1933 portant exercice de la pharmacie qui avait contribué très efficacement à la prise en charge des maladies pour une meilleure protection de la santé et du bien-être de la population. « Ce système disposait de deux réseaux d’approvisionnement et de distribution qui étaient le réseau public non lucratif et le réseau privé lucratif. Le réseau public s’approvisionnait et distribuait les médicaments à travers le Dépôt Central Médico-Pharmaceutique (DCMP) qui était implanté dans toute la colonie et servait les hôpitaux et les centres de santé de l’Etat », a-t-il précisé, avant d’ajouter qu’après la transformation du DCMP en une entreprise publique en 1987, il sera liquidé après faillite en 2002.

C’est dire que le réseau privé lucratif quant à lui était constitué des dépôts pharmaceutiques et d’une industrie pharmaceutique locale qui alimentaient les pharmacies ouvertes au public, les pharmacies internes des sociétés, les hôpitaux et centres de santé privés. « Au cours de la décennie 70, au lendemain de la zaïrianisation, les dépôts pharmaceutiques et laboratoires ont été cédés aux personnes n’ayant pas qualité et la vente illicite des médicaments sur la place publique a commencé à être signalée. Cette vente illicite des médicaments s’est généralisée avec les pillages des années 90, période pendant laquelle on a noté l’ouverture anarchique des pharmacies. La liquidation du DCMP en 2002 n’a fait qu’empirer la situation », indique le ministre.

Etat des lieux du secteur du médicament

Il est évident que l’arrivée dans le secteur des opérateurs économiques asiatiques, a entrainé l’importation des médicaments dénommés « for export only » de qualité douteuse à bas prix. La conséquence ce que, dans le domaine pharmacologique, la loi est obsolète et lacunaire car, héritée de la colonisation. C’est alors que l’Etat éprouve beaucoup de difficultés pour faire régner l’ordre dans ce secteur. Pour pallier à cette difficulté, le ministre de la Santé publique a annoncé du haut de l’hémicycle qu’il sera déposé incessamment le projet de loi portant exercice de la pharmacie. « Le Gouvernement a initié la réforme du secteur de la santé qui a abouti à la formulation de la Politique pharmaceutique nationale (PPN) en 1997, à la création du Programme National d’Approvisionnement en Médicament Essentiels en juillet 2002, à la création du Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle en nombre 2002, et la promulgation du plan Directeur Pharmaceutique National (PDPN) en 2005 », a reconnu le ministre. Partant de cette réforme, entre 2003 et 2005, 10 Centrales de distribution régionales ont été implantées qui sont de structures chargées de l’acquisition dénommée Fédération des Centrales d’Approvisionnement des Médicaments Essentiels (FEDECAME). Mais à ce jour, 16 Centrales sont implantées sur les 23 prévues pour la couverture totale du territoire national. C’est ainsi qu’à travers la politique pharmaceutique nationale, le Gouvernement a pris l’engagement d’assurer la qualité des médicaments, d’améliorer l’accessibilité aux médicaments de bonne qualité et de promouvoir la production locale.

L’Asie plaque tournante d’importation des médicaments douteux

Le ministre soutient que parallèlement au réseau public, le privé lucratif qui rend disponible près de 80% de besoins en médicaments du pays et constitué des importateurs, des distributions répartiteurs qui importent 90% des médicaments essentiellement génériques en provenance de la Chine et de l’Inde et 10% des spécialités pharmaceutiques en provenance de l’Europe. Les fabricants locaux fournissent 20% des besoins en médicaments du pays. Cette production locale repose sur 26 laboratoires dont 19 à Kinshasa, 3 à Lubumbashi, 2 à Bukavu, 1 à Mbuji-Mayi et 1 à Luozi. « Ce réseau est caractérisé par la prolifération des établissements pharmaceutiques non conformes, la concurrence déloyale, l’absence de l’éthique et le non respect de la règlementation en vigueur. Face à cette situation, le ministère de la Santé publique a initié depuis 2013 une mission de contrôle des bonnes pratiques de fabrication dans le secteur de la production afin d’amener l’industrie locale à réunir les conditions minimales devant lui permettre de fabriquer des médicaments de bonne qualité », a indiqué le ministre.

Quant à la prolifération des établissements pharmaceutiques, le ministre de la Santé qui a été attentif à la réglementation et très rigoureux pour n’avoir autorisé que 14 établissements sur 48 dossiers de demandes d’autorisation d’ouverture reçues en 2013 et 2014. C’est alors que pour renforcer le contrôle et la lutte contre les médicaments contrefaits, des kits de minilab ont été mis à la disposition de toutes les provinces, et pour faciliter la traçabilité du médicament délivré et la détection automatique des lots contrefaits et non autorisés, le ministère de la Santé grâce à un partenariat public-privé va mettre en place un système d’estampillage en apposant sur tout médicament circulant en RD Congo une étiquette holographique de sécurité à 3 niveaux.

Mesures prises

Pour la protection de la population contre les faux médicaments, les charlatans, les médicaments périmés et les médicaments mal conservés et vendus par des personnes non habilitées, le Gouvernement par le ministère de la santé a pris des dispositions de renforcement du contrôle de qualité des médicaments à travers les laboratoires certifiés ; saisi des lots des médicaments identifiés comme faux ou contrefaits à travers les grandes villes du pays. « Ces opérations se font avec le concours de la Police Nationale Congolaise. Une unité spéciale de la police a été détachée au ministère de la Santé pour mener les activités de saisi sur terrain. En collaboration avec le ministère de la Santé de l’Inde, plus de 400 échantillons ont été prélevés sur les produits importés de l’Inde ou produit par les indiens en RDC en attendant les résultats », confie le ministre.

Ainsi donc, l’assainissement du secteur pharmaceutique exige des actions multidisciplinaires, à tous les niveaux et des moyens conséquents. Et la lutte contre les charlatans qui évoluent comme tradi-praticiens, leur enregistrement se fait à deux niveaux pour arrêter le charlatanisme, notamment l’enregistrement professionnel d’une part qui se fait au niveau des associations des Tradi-praticiens reconnues et d’autre pars l’enregistrement administratif qui se fait à la Direction des établissements de soins à l’issue duquel une licence d’art de guérir de la médecine traditionnelle est délivrée au tradi-praticien ayant rempli les conditions requises », précise Félix Kambange.

C’est aujourd’hui lundi 11 mai que le ministre de la Santé publique va fournir des explications aux préoccupations soulevées par 19 députés nationaux pour plus de 50 questions et recommandations aux élus du peuple. Préoccupations relatives à la gestion de l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa, les autres formations médicales, la contrefaçon des produits pharmaceutiques aussi bien la réglementation dans le secteur de la pharmacie.

(Pius Romain Rolland)

 

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