Pour Lokola Michel

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« La non-organisation des élections dans les délais n’a pas été prise en charge par la constitution du 18 février 2011 »

Le Quotidien L’Avenir a eu l’opportunité de s’entretenir avec le député Michel Lokola, élu de Katako-Kombe, autour du processus électoral et de la tenue du dialogue national inclusif, qui constituent les sujets politiques d’actualité en RDC. Aussi, le journal a-t-il voulu obtenir de ce Haut cadre du Parti Lumumbiste Unifié sa réaction concernant la Décision renouvelant la composition du Bureau Politique de PALU, Décision prise par le Chef du parti Antoine Gizenga. Les lecteurs apprécieront sans doute, ci-dessous, le sens d’analyse et d’objectivité au travers des réponses aux questions, pourtant embarrassantes et délicates posées.

L’Avenir : Honorable, vous venez de vos vacances parlementaires, passées dans votre fief électoral de Katako-Kombe. Peut-on connaitre brièvement l’essentiel des activités que vous avez menées au cours de celles-ci ?

Michel Lokola : J’ai passé au total 4 semaines de mes vacances parlementaires auprès de mes électeurs. Je l’ai fait en me conformant aux dispositions de l’article 124 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui obligent au Député national de séjourner, d’une façon ininterrompue, pendant un mois au mois, dans sa circonscription électorale. J’y ai été essentiellement pour faire rapport, comme souvent le cas, à la population des activités parlementaires de la session passée et d’avantage recueillir ses plaintes qui devront faire l’objet de mon rapport à déposer au Bureau de l’Assemblée nationale.

Pour me résumer, j’ai mené une campagne de sensibilisation de deux lois : loi portant Statut de l’autorité coutumière et la loi portant Organisation et Fonctionnement de la Commission Nationale des Droits de l’Homme dont l’implantation des antennes dans les Territoires se fait encore attendre. J’ai aussi mené avec succès, la campagne de soutien au Dialogue national inclusif, sans oublier l’animation des structures du PALU, afin de les mettre à la hauteur des enjeux électoraux à venir.

A propos du dialogue, comment justifiez-vous sa tenue au moment où une partie de la classe politique le rejette au motif qu’il s’agit d’une manœuvre pour maintenir le Président Joseph Kabila au pouvoir ?

Je soutiens la tenue de ce forum non parce que mon Parti ou la majorité le recommande, moins encore parce que une frange de l’opposition le rejette. Je ne m’inscris pas dans une démarche dialectique de ce genre. Je soutiens le dialogue tout simplement parce qu’il s’impose par ce temps qui court et qui nécessite pour notre pays, un consensus large autour de la problématique de l’organisation des élections nationales. Il faut un calendrier électoral consensuel ; une démarche politique et civile nationale qui comblera le vide juridique au cas où les élections, devenues hypothétiques, ne seraient pas organisées dans le délai constitutionnel. Hypothétiques parce qu’objectivement, même si la CENI disposait aujourd’hui des ressources financières et matérielles nécessaires, il faut intégrer la dimension temporelle dans la réalisation des opérations qui concourent à la matérialisation des élections attendues. Donc il devient impossible d’organiser les élections nationales en novembre 2016. C’est pourquoi le dialogue devient incontournable. On doit se parler en faveur d’une rallonge qui devrait être déterminée de manière républicaine ; c’est-à-dire doter le pays d’un calendrier pour tout ce qui ne va pas trop heurter les sensibilités et les attentes des uns et des autres.

Vous parlez d’un vide juridique ? Votre opinion est contraire à celle qui estime que la constitution du 18 février 2006 a tout prévu ; au cas où l’élection du Président de la République ne serait pas réalisée en novembre 2016, il est souvent évoqué le recours à l’article 70, pour les uns, et l’article 75, pour les autres …

Je crois que, même si on n’est pas juriste ou constitutionaliste, le bon sens permet de saisir l’intelligence des dispositions des articles que vous venez d’évoquer. A mon avis, le recours à ces articles n’est pas indiqué dans la situation virtuelle de non organisation des élections en novembre 2016. Cela, pour la bonne et simple raison que  pour l’article 70, la constitution n’a pas prévu un autre cas de figure d’accession aux fonctions présidentielles que les élections. Si non, elle renfermerait une contradiction et aurait, même dans ce cas, fixé la nouvelle date de convocation des élections. Il faut savoir que le processus électoral est tellement complexe et sensible pour que la survenance de certains faits retarde la proclamation des résultats définitifs au-delà de la date de fin mandat de Président de la République. Tel est le cas d’un contentieux qui peut amener à l’annulation du vote ou au recomptage de voix dans certains bureaux de vote.

En ce qui concerne l’article 75, son recours ne peut être évoqué que lorsque l’un des événements créant la vacance à la tête de l’Etat survient au moment où le mandat du Chef de l’Etat court encore.

Pour moi, la situation de non organisation des élections dans les délais constitutionnels qui devient de plus en plus évidente n’a pas été prise en charge par la constitution du 18 février 2006. D’où, j’insiste sur la nécessité de trouver un consensus politique national qui nous évitera le rapport de force entre les parties.

Si vous récusez le recours à l’article 70 de la constitution, que dites-vous alors des Députés provinciaux et des Sénateurs qui sont en fonction au moment où leurs mandats sont largement dépassés ?

Si vous lisez attentivement les articles 103 et 105 concernant les mandats des Députés provinciaux et des Sénateurs, vous allez vous rendre compte qu’ils ne sont pas écrits dans les mêmes termes que l’article 70. Ici, il est dit que le mandat du Sénateur ou du Député Provincial expire à l’installation du nouveau Sénat ou de la nouvelle Assemblée Provinciale.

Le G7, dans son communiqué du 20 février courant, suggère l’idée des négociations directes entre acteurs politiques plutôt qu’à celle du dialogue prôné par le Chef de l’Etat. Il préconise aussi une courte transition axée sur l’organisation des élections sans le Président Kabila. Quelle est votre opinion ?

Non. L’organisation des élections est une donnée déterminante du modèle de démocratie choisi par le peuple congolais. Il s’agit d’une question d’intérêt national qui concerne les politiques et la société civile. Je suis du même avis que le Gouvernement sur ce point. En effet, le dialogue inclusif est un concept le mieux indiqué, quelle que soit la voie à emprunter pour sortir le pays de l’impasse actuelle. Aussi, l’implication du Président de la République dans le processus d’organisation des élections que nous voulons apaisées est-elle plus que nécessaire.

Pendant que vous étiez en vacances parlementaires, le Secrétaire Général Antoine Gizenga a pris la décision renouvelant la composition du Bureau politique du PALU. Cette décision a été froidement accueillie dans certains milieux du Parti. Quelles sont vos appréhensions à ce sujet ?

Je préfère être le plus bref dans ma réponse à cette question. Je ne vais pas aller par quatre chemins pour vous exprimer toute ma déception lorsque j’ai pris connaissance du contenu de cette Décision qui a été prise par le Chef du Parti, le 18 février 2016. Pour moi, cette Décision devrait être rapportée, étant donné qu’elle porte un coup à la grandeur du PALU.

Propos recueillis par

(Pius Romain Rolland)

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