Pour le Collectif des signataires de l’Accord de la Cité de l’UA: Le Rassemblement rattrapé par ses propres turpitudes

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Le Rassemblement croit dur comme fer qu’il a droit en tout et pour tout. Créé dans des conditions particulières en juin 2016 à Genval dans la banlieue de Bruxelles en Belgique  à l’issue d’un conclave des forces politiques et sociales dites du changement, pilotées par Etienne Tshisekedi, dans le but de renverser le pouvoir de Joseph Kabila, le Rassemblement, à en croire le collectif des signataires de l’Accord de la Cité de l’UA, n’existe pas juridiquement au regard des textes qui régissent les activités politiques en République Démocratique du Congo. Seule l’opposition politique dispose d’une loi n°07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition.

Il faut dire que le regroupement de fait qui regroupe pour l’essentiel des transfuges de la Majorité présidentielle, est connu pour son radicalisme politique, lequel a coûté des centaines de vies humaines à l’occasion des manifestations organisées en date du 19 au 21 septembre ; 19 et 20 décembre 2016 par le Rassemblement contre le Chef de l’Etat Joseph Kabila.

Cependant, la personne d’Etienne Tshisekedi est une fois de plus utilisée pour blanchir tous ces opérateurs politiques qui logiquement devraient assumer les deux mandats de l’actuelle Chef de l’Etat puisqu’ils ont, estime-t-on, pour la plupart, travaillé avec lui avant de le renier pour des intérêts inavoués. « Au tour de lui, tous ces nouveaux opposants semblent avoir retrouvé comme d’habitude une virginité politique après avoir été lavés dans la blanchisserie de l’UDPS », précise la déclaration faite à ce sujet.

De la haine à l’insurrection vers la mort à la recherche du pouvoir

Pour le collectif signataire de l’Accord de la Cité de l’Union africaine, le Rassemblement farouchement opposé au Dialogue, cette plateforme politique avait choisi la voie de l’insurrection allant jusqu’à faire renoncer à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) aux négociations entamées par ces ténors avec la Majorité présidentielle à Venise, Ibiza et Paris, au coût des espèces trébuchantes.

Convaincus que ce schéma suicidaire n’était pas approuvé par une bonne partie de la population, ses principaux dirigeants ont fait volte-face après la clôture du Dialogue national facilité par Edem Kodjo, saisissant par la suite, la passerelle offerte par la Cenco, qui sous prétexte de la recherche  de l’inclusivité, a organisé un autre Dialogue après la signature de l’Accord du 18 octobre 2016. « Le Rassemblement s’est appuyé sur  cette brèche pour reprendre une situation totalement perdue après la nomination et l’investiture avec une majorité confortable du gouvernement Badibanga contre toute attente, le Rassemblement, a obtenu grâce à l’Accord du 31 décembre 2016, signé au Centre interdiocésain, la gestion de la Primature. Ce poste longtemps convoité par le Rassemblement exige cependant un soutien considérable de la représentation nationale en vue de permettre au Premier ministre issu de ses rangs d’obtenir l’investiture et de mener à bien sa mission », précise le collectif.

L’UDPS ne reconnait jamais le Parlement et ses élus nationaux

A la recherche de la Primature contre toute attente, la question que l’on puisse se poser est celle de savoir, devant quel Parlement le Premier ministre du Rassemblement devra-t-il présenter son programme d’action, si jamais la Primature tant convoitée leur revienne ? En 2006, les membres du Rassemblement ont battu campagne contre la Constitution, estimant par ailleurs, que c’est un document élaboré en Belgique ; qui a vendu nos terres, le pays aux étrangers, etc. Au lendemain de la présidentielle et les législatives nationales, l’UDPS n’ayant pas reconnu la victoire de Joseph Kabila s’est inscrite dans le schéma de tout récuser, notamment l’Assemblée nationale au point d’exclure du parti les élus nationaux ayant été sur la liste de l’UDPS.

C’est ici qu’il faut faire remarquer au regard de la Constitution de la République qui dispose à ce sujet en son article 78 que : « Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la Majorité parlementaire, après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement », indique la loi fondamentale.

A lire ces dispositions constitutionnelles, le Rassemblement dont le chef de file n’a jamais reconnu l’actuel Parlement, risque de buter devant l’impossibilité de réunir la majorité nécessaire autour du futur Premier ministre qu’il présentera au Chef de l’Etat pour nomination conformément au compromis politique du Centre interdiocésain.

Deux hypothèses pour parvenir à la démission du Premier ministre

Bien plus, malgré l’euphorie qui s’observe dans ses rangs, les choses ne semblent pas aussi faciles qu’on le croit. Pour nommer un nouveau Premier ministre, le poste doit être vacant. Ce qui n’est pas le cas actuellement. La Constitution elle-même dispose qu’il y a vacance à la Primature dans deux hypothèses seulement.

La démission volontaire de l’actuel Premier ministre, une hypothèse peu probable dans les conditions actuelles où Samy Badibanga Ntita, député national le mieux élu de la Circonscription de Mont Amba, chef de file d’un grand groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, n’a aucune intention de se faire marcher sur les pieds. « Aucun gouvernement de la République n’a connu autant d’adhésion populaire, ni parlementaire que celui de l’équipe Samy Badibanga, par le simple fait, premièrement il est élu national, ensuite participant au Dialogue et signataire de l’Accord de la Cité de l’Union africaine », souligne les signataires de l’Accord du 18 octobre 2016.

Deuxième possibilité, la chute du gouvernement par motion de censure. Encore une hypothèse inimaginable dans ce contexte où plus de 300 députés nationaux qui ont soutenu et continuent à faire confiance à Samy Badibanga ne sont pas en toute logique disposé à vivre un tel scenario, puisque par la motion d’approbation qui est l’acte par lequel l’Assemblée nationale approuve le programme du gouvernement et prend acte de son investiture, le Gouvernement Samy Badibanga jouit de la confiance du Parlement auquel l’UDPS ne reconnait jamais.

Le Rassemblement, une plateforme sans existence légale

La question qu’il faut se poser est  sans doute celle de savoir comment le Rassemblement des forces sociales et politiques aura-t-elle la Primature ? Combien de députés nationaux, provinciaux et sénateurs compte-t-il ?

Tenez, le Rassemblement qui regroupe en son sein plusieurs forces désavouées par les bases de leurs partis politiques respectifs en ce que, les anciens chefs de partis ayant rallié les partis à l’opposition sans en référer à la base, ont pour sort leur désaveu. Cette plateforme, non seulement n’a pas d’existence légale, mais elle n’a pas non plus assez des députés nationaux qui soutiendraient son Premier ministre à l’Assemblée nationale. Tout compte fait, la plateforme de Tshisekedi n’a que 30 députés nationaux, l’UDPS n’ayant pas reconnu ses élus depuis le début de la deuxième législature de la troisième République. « L’attribution de ce poste au Rassemblement n’est que la conséquence d’un arrangement particulier. Il apparait clairement qu’un arrangement pris par 32 citoyens n’a aucune valeur ni pouvoir de contredire toute une Constitution. Parlant de cet arrangement justement, il faudra  dire que le Rassemblement est au bord de l’implosion. Chacune de ses différentes tendances ne jure que par ce poste stratégique », précise les signataires de l’Accord.

Etienne Tshisekedi entretient le flou, Mubake plus arrogant contre Joseph Kabila

Selon certaines indiscrétions, la nomination de Samy Badibanga est le fruit de la proposition d’Etienne Tshisekedi, face aux nombreux candidats venus hier soir de la Majorité présidentielle, faute de proposer son propre fils à la Primature pour ne pas être rattrapé par ses propos fustigeant la monarchie républicaine.

Tous les yeux sont rivés sur le Sphinx  de Limete, qui doit comme le fait le Saint Père en toute discrétion, désigner l’oiseau rare. Celui-là, estiment certains observateurs et analystes bien que proposé, en sera pas immédiatement nommé par le Chef de l’Etat tant les préalables évoqués ci-haut n’auront pas trouvé solution. A en croire toutes les déclarations faites dans la presse ces derniers jours par différents cadres du Rassemblement, il ne fait l’ombre d’aucun doute, qu’il y a péril en la demeure.

Au-delà de sa cohésion interne qui est mise à rude épreuve, l’arrogance de certains cadres de cette plateforme politique (Ndlr Valentin Mubake, JeanMarc Kabund, Martin Fayulu, Lisanga Bonganga, Félilx Tshilombo, Christopher Ngoyi, Olivier Kamitatu, etc. risque de jouer contre eux dans quelques mois. Toutes ces personnalités ignorent superbement que le Premier ministre est nommé par le Chef de l’Etat. L’unique élu est Joseph Kabila, alors qu’ils ont entretenu un flou autour de son élection estimant par ailleurs qu’Etienne Tshisekedi on lui aurait volé ses voix. Qui va nommer le Premier ministre du Rassemblement au Gouvernement central ? Le Rassemblement est rattrapé par ses propres turpitudes.

Quant aux Evêques membres de la Cenco, ils ont fait leur travail, en dépit des injustices qui les entourent. Après leur rencontre vendredi 06 janvier avec le Premier ministre Samy Badibanga, les princes de l’Eglise catholique se sont rendus compte que leur tâche n’est pas facile. Ils sont appelés à corriger les erreurs, s’il y en a eu dans leur Accord, pour ne pas jeter comme de mal propres 67 dignes filles et fils du pays, qui n’auront eu comme tort que d’avoir participé au Dialogue national de la Cité de l’Union africaine pour éviter le chao à la République Démocratique du Congo. « Les 67 membres du Gouvernement sont autant congolais que ceux du Rassemblement. Il n’est donc pas question d’une victoire des uns sur les autres. Il faut donc négocier avec Samy Badibanga et les siens. Chose pas facile et inespérée ! », a conclu le collectif des signataires de l’Accord du 18 octobre.

(Pius Romain Rolland)

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