Pour le bien de tous: Matata Ponyo conseille aux acteurs politiques de bâtir un consensus au-delà des courants partisans

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Matata Ponyo, nommé Premier ministre par l’ordonnance n°12/003 du 18 avril 2012, ne pouvait pas faire la remise et reprise avec Samy Badibanga sans pour autant remercier le Chef de l’Etat pour la confiance qu’il a placée en sa personne pour conduire le Gouvernement au cours de son second quinquennat. Cadre choisit, la Primature, en présence de quelques ministres et de la presse tant nationale qu’internationale.  Il dit avoir mesuré  durant ces années d’exercice combien son soutien personnel a été important au regard de l’ampleur des défis à relever pour le développement du pays. Il faut dire que sa désignation à la tête du Gouvernement central coïncidait, sur le plan interne, avec la nécessité de consolider les avancées du processus démocratique résultant des premières élections libres post-transition en 2006, et sur le plan international, avec une poussée sans précédent de la croissance économique en Afrique avec comme corollaire, le défi de sa redistribution, de son inclusivité.

C’est dans cette perspective que le Programme d’action du Gouvernement de 2012 à 2016 s’est articulé autour des principaux objectifs stratégiques ci-après :   Poursuivre et finaliser les réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’Etat ; Consolider la stabilité macro-économique et accélérer la croissance et la création des emplois ; Poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base ;  Améliorer le cadre de vie et les conditions sociales de la population ;  Renforcer le capital humain et faire de la société congolaise un vivier de la nouvelle citoyenneté  et renforcer la diplomatie et la coopération au développement.

Plutôt que de se contenter de choix opportunistes du court terme, il a délibérément choisi de ramer à contrecourant en optant pour des politiques à long terme, malgré leur caractère impopulaire dans le microcosme politique interne. « Ainsi, nous avons fait le choix de la logique de discipline qui s’est traduite par la nécessité de veiller à l’équilibre budgétaire, à la stabilité monétaire ainsi qu’à la rationalisation de la dépense publique.  Notre priorité a donc été d’orienter nos choix économiques vers les activités à plus forte valeur ajoutée, pouvant permettre à notre économie de croitre dans la durée suivant le principe des rendements croissants », dit-il, avant d’ajouter que nos convictions sur le rôle de l’économie sont bien résumées dans la pensée de l’économiste Jean Tirol : «  L’économie est au service du bien commun ; elle a pour tâche d’identifier les institutions et les politiques qui promouvront l’intérêt général. »

A l’en croire, l’on peut aujourd’hui dire que la République Démocratique du Congo a démontré qu’il n’y a pas de fatalité à la pauvreté et à la violence. Et ce, parce que collectivement, on a commencé à transformer le potentiel économique de notre pays en une opportunité de développement au bénéfice de la population.

Matata s’adresse au politique

Dans son discours-bilan, après avoir brossé les avancées engrangées sur les plans politique, économique et social, Matata Ponyo a expliqué qu’au cours du présent quinquennat, le Gouvernement a veillé à consolider la stabilité du cadre macroéconomique et à accélérer le train des réformes pour libérer la croissance et réduire la pauvreté. Et ceci n’a pas été fait par dogmatisme, mais plutôt pour améliorer la vie des Congolais avec des résultats concrets et tangibles. Ceci, parce que les hommes passent, les institutions restent ! Pour lui, les changements en cours sont en fait des opportunités sur la trajectoire du devenir de notre pays. Il pense pour ce faire à cette sagesse que le philosophe latin Sénèque a écrit un jour : “Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va.” Aussi, il espère que ceux qui ont choisi de servir la Nation sauront poursuivre cette voie tracée et qu’ils sauront consolider la dynamique engagée.

« Je veux croire que les perspectives de développement de notre pays guident et animent chaque responsable public. Pour le bien de tous, les acteurs politiques, sociaux et économiques doivent bâtir un consensus, au-delà des courants partisans, sur une volonté de vivre ensemble dans le respect des différences et des libertés », martèle-t-il, avant de renchérir qu’au lendemain d’un accord politique pour éviter que notre pays ne retombe dans la violence et l’instabilité, la RDC a rendez-vous avec son histoire. Ses dirigeants doivent être à la hauteur pour éviter de tomber dans le cercle vicieux du perpétuel recommencement. Car si les progrès économiques et sociaux sont indéniables, la paix et la stabilité politique restaurées restent les facteurs clés sans lesquels les progrès évoqués n’auraient pas été possibles et ne sauraient être durables.

A cet égard, l’analyse du retard économique faite par l’économiste Alexandre Gerschenkron est pleine de leçons qui méritent d’être méditées. « Le retard est un avantage ! Pourvu que les pays en retard sachent se doter du cadre intellectuel et institutionnel approprié. Ceci en profitant de l’émulation fournie par l’avance des dominants et la soif du développement. Chez les pays dits émergents, les erreurs du passé ont créé une soif de revanche sur le sort ! »

Dès lors, mon vœu le plus cher est de voir cette soif de revanche sur notre sort mobiliser chacun d’entre nous, à commencer par ceux qui ont la charge de conduire et mener les politiques publiques. En effet, alors que notre pays est confronté à un ralentissement économique mondial et à une chute des cours mondiaux des matières premières, l’heure n’est pas au relâchement ni à la satisfaction. Il nous faudra une réelle discipline collective dans la durée, de sorte que ce qui a pu être fait hier devra être préservé pour constituer la pierre angulaire des efforts menés sur le chemin développement.

Car comme l’a souligné Ernst Schumacher dans son œuvre « Small Is Beautiful » : « L’expérience montre que des pays ont pu sortir d’une destruction quasi-totale et rebâtir rapidement une économie prospère, et que ce qui caractérise ces résultats n’est pas l’importation des technologies, mais le niveau de l’éducation, d’organisation, et de discipline de l’ensemble de la population! »

(Jean-Marie Nkambua)

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