Pour la Monusco, le Dialogue reste la seule issue

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Le directeur des affaires politiques de la Monusco estime que le Dialogue congolais n’a pas échoué. Et la Monusco continue à fournir son appui technique et politique à ce Dialogue dans le cadre de la Résolution 2277 des Nations Unies. D’autant plus qu’il n’y a pas d’autre issue à la violence qu’un accord politique consensuel inclusif, dixit M. Ray Virgilio Torres.

Comme chaque mercredi, la Monusco a tenu la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies en son siège de Kinshasa, au lendemain des violentes manifestations de deux jours qui ont endeuillé la capitale congolaise. Cette rencontre de routine avec la presse a été animée par le directeur de la division de l’information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la Monusco, M. Charles Antoine Bambara, et a gravité autour de ses points traditionnels.

Notamment, les informations humanitaires et de développement, relatives aux activités des composantes de la Monusco et des agences du système des Nations Unies en Rdc, ainsi que la situation sécuritaire et militaire ayant prévalue la semaine dernière dans le pays. Mais aussi, spécialement, de la situation sur lesdites manifestations violentes de Kinshasa.

Concernant ce point spécial, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et son représentant spécial en Rd Congo et chef de la Monusco, M. Maman Sambo Sidikou, ont concomitamment exprimé leurs vives préoccupations concernant ces affrontements violents entre des manifestants et des forces de sécurité qui ont eu lieu lundi et mardi dernier dans plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa.

Lesquels ont occasionné la désolation émaillée d’un bilan macabre de troubles, pillages et pertes en vies humaines, à la suite de la marche d’une frange de l’Opposition, le « Rassemblement ».

Egalement, Ban Ki-moon et Maman Sidikou ont à cet effet, condamné fermement cette violence, et ont appelé tous les acteurs politiques congolais à avoir un maximum de retenue. Et cette conférence de presse conjointe des Nations Unies tombait bien le jour même de la célébration de la Journée internationale de la paix.

Pas d’autre issue à la violence qu’un accord politique

Afin de pouvoir donner des réponses bien indiquées aux diverses questions d’actualité politique des journalistes de Kinshasa et ceux de Goma au Nord-Kivu qui participaient par vidéoconférence, cette conférence de presse était co-animée par avec Florence Marchal, la chargée de communication et coordonnatrice du Groupe de communication des Nations Unies (UNCG), le lieutenant-colonel Amouzoun Codjo Martin, porte-parole militaire de la Monusco intervenant à partir de Goma, et par le directeur des affaires politiques de la Monusco, M. Ray Virgilio Torres.

Ainsi, dans ses éléments de réponse et commentaires, ce dernier a indiqué que le Dialogue politique national congolais n’a pas échoué du tout. Il y a lieu de faire une différence, a-t-il indiqué, entre les conclusions du Dialogue et un repositionnement des parties.

« Nous avons suivi avec inquiétude que des parties prenantes au dialogue déclarent suspendre leur participation, mais cela ne veut pas dire que le Dialogue a échoué. Le fait de suspendre une participation dans un processus, ça veut dire, je veux faire une pose, je veux voir où je suis, je veux poser certains principes pour continuer la discussion, c’est comme ça que nous voulons le prendre. Parce que nous pensons qu’il n’y a pas d’autre issue à la violence qu’un accord politique consensuel inclusif », a indiqué à la presse M. Ray Torres.

Il a donc affirmé avec force que la Monusco continuera à fournir un appui technique et un appui politique à toutes discussions à la Cité de l’Union africaine dans le cadre de ce Dialogue politique national. Et il a insisté sur la Résolution 2277, et de la tenue de ce Dialogue politique national qui est très importante. Il a également fait savoir qu’il y a toute une série d’efforts qui sont faits en appui à ce qui se passe à la Cité de l’UA, qui doivent continuer et également, dans la recherche des solutions pour un accord politique consensuel inclusif.

Les Nations Unies insistent sur un Dialogue inclusif

Complétant son collègue directeur des affaires politiques de la Monusco à ce sujet, M. Charles Bambara a souligné que ce Dialogue est une affaire vraiment entre partis politiques congolais. Et au niveau des Nations Unies, elles ont appelé à ce que le dialogue soit le plus inclusif possible, « qui devait donc essayer de clarifier la suite du processus électoral ».

Aussi le directeur de l’information de la Monusco a-t-il signifié que : « Nous avons au niveau du groupe de soutien à la facilitation, essayé, avec tous les moyens à notre disposition, d’appuyer les efforts du facilitateur dans ce sens, et le Dialogue n’est toujours pas fini, les séances ont été suspendues et reprennent le vendredi. Donc, attendons de voir. Nous continuons à appeler à ce que ce dialogue soit le plus inclusif possible. Beaucoup ont suspendu leur participation, certains n’ont même pas rejoint, mais, nous espérons qu’avant la fin éventuelle de ce dialogue, nous pourrons voir d’autres personnes, éventuellement d’autres partis politiques, rejoindre le train en marche ».

Reprenant la parole toujours en répondant à d’autres questions des journalistes, M. Ray Torres a regretté qu’il y ait des partis politiques qui ont choisi de ne pas participer aux réunions à la Cité de l’UA. Il a démontré que pour se mettre d’accord entre Congolais, il faille au moins accepter de s’asseoir autour d’une même table.

Selon lui, les partis doivent accepter le principe d’échanger des points de vue, même si au départ dans des discussions, ces points de vue semblent être totalement, diamétralement opposés. « D’ailleurs, si on était tous d’accord, l’on n’aurait pas besoin de négociations et pas besoin de débats ».

Poursuivant ses réponses aux questions des journalistes, le directeur des affaires politiques de la Monusco a encore insisté sur la responsabilité historique de tous les partis de prendre part au dialogue. Il a, en effet, rappelé que ce n’est pas à la Monusco de décider de la qualité du dialogue.

« Nous appuyons politiquement et techniquement, de façon à essayer d’obtenir la participation la plus inclusive possible, à ces discussions… La question antérieure de se référer au calendrier et celle-ci se rejoignent sur le fait qu’il faille un consensus politique, avant même de pouvoir décider des techniques, des méthodologies, pour arriver à l’exécution de cet objectif collectif, à cet accord politique inclusif. C’est très important. Nous ne pouvons pas remplacer la CENI, nous ne pouvons pas remplacer les institutions gouvernementales congolaises, et nous ne pouvons surtout pas remplacer les partis politiques… », a-t-il déclaré.

Tout doit être mis en œuvre pour le succès du Dialogue

Quelle chance la Monusco peut donner au Dialogue politique national maintenant que l’Eglise catholique vient de se retirer et face à une Communauté internationale très divisée sur la question de la Rdc ? A cette question jugée pertinente, le politicien onusien a préféré répondre en y ajoutant un commentaire qui, pour lui, semblait implicite à notre préoccupation.

Dans ses éléments de réponse, il a premièrement rappelé que le Dialogue ne s’est pas arrêté. « Vous le qualifiez comme ayant échoué. Il est très différent de dire j’arrête, je me retire, je ne veux plus discuter ou je refuse d’y aller, et de dire je suspends, et je présente certaines conditions pour continuer la discussion, ça fait partie de la discussion, ça fait partie du dialogue. C’est très important », a-t-il expliqué.

M. Ray Torres estime que tout doit être mis en œuvre pour que le Dialogue politique national congolais soit un succès. Et d’appuyer en ces termes : « Donc, ce n’est pas une question de savoir ce que je ressens aujourd’hui… Ce n’est pas ça. Il faut tout mettre en œuvre pour que cela fonctionne. Mais l’avis de la Monusco n’est qu’un avis et cela est consultatif. C’est un appui politique ; mais ce n’est pas l’opinion la plus importante. L’opinion la plus importante c’est celle des parties prenantes qui sont composées de la Majorité, de l’Opposition – qu’elle soit à la Cité de l’UA ou pas – et de la Société civile. Il ne faut pas oublier la Société civile».

Par la suite, il a commenté qu’il y a un rapport entre le succès probable, « le succès que nous souhaitons de ce dialogue », et ce qui se passe dans la rue. « C’est pour cela dans la déclaration des Nations Unies est très importante. Un appel à toutes les parties, de ne pas encourager la violence. J’insiste », a martelé le directeur des affaires politiques de la Monusco.

Il renchérit que la violence n’est pas une façon de résoudre les conflits. « L’on ne peut dire, je ne suis pas content de la situation, alors je lance des jeunes, qui ont déjà d’autres problèmes à vivre, à s’exposer à des violences. Je pense que c’est très important que nous stoppions ces violences tout de suite, et que nous donnions le plus de chance possible au succès du Dialogue politique national », a conclu Ray Virgilio Torres.

(Lepetit Baende)

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