Pour financer son économie: La Rdc appelée à réchauffer ses relations avec la Chine

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La République démocratique du Congo, frappée par une crise financière consécutive à la baisse des cours des matières premières, se bat comme elle peut afin de mobiliser plus de moyens financiers susceptibles de lui permettre à répondre ainsi au défi du développement du pays. Dans cette perspective, des appels ont été lancés aux miniers afin qu’ils rapatrient 40% de leurs ventes à l’étranger, conformément à la loi en vigueur. Entre-temps, des campagnes ont été menées afin de mettre un terme à la contrebande, qui serait à la base d’un manque à gagner important. Mais tout ceci ne parvient pas tellement à stabiliser le cadre macro-économique, dans un contexte d’incertitude politique et d’attente du calendrier des élections générales.

Compte tenu de cette situation, les vingt-sept fonctionnaires de l’Etat et les professionnels dans le domaine des médias de la République démocratique du Congo venus en séminaire de formation en Chine, n’en diront pas plus, si pas constater que la Rd Congo n’a pas su profiter de sa relation privilégiée avec la Chine pour sortir le pays de la crise financière qui la secoue. Et ce, en dépit du fait que la Chine s’est montrée comme un partenaire de confiance, contrairement à d’autres qui s’amènent avec des conditionnalités à dormir debout et des menaces à peine voilées. Pour preuve, lors du Sommet de Johannesburg en 2015, le président chinois Xi Jinping avait mis l’accent sur la « juste conception de la justice et des bénéfices » et du principe dit de« sincérité, pragmatisme, amitié et franchise » à l’égard de l’Afrique.

Rappelons que lors de ce même Sommet de Johannesburg, le partenariat stratégique sino-africain a été élevé au rang du partenariat de coopération stratégique global construit sur les « cinq piliers » suivants : l’égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique, les échanges et l’inspiration mutuelle sur le plan culturel, la solidarité et l’assistance mutuelle sur le plan sécuritaire, la coopération et la coordination dans les affaires internationales. C’est ce qu’a expliqué hier le professeur Li Dan, Doyen du département de Français à l’Université des Affaires étrangères, lors de son exposé sur « Les rétrospectives et perspectives des relations sino-africaines ».

Et pour promouvoir la construction du partenariat de coopération stratégique global sino-africain, la Chine entendait travailler avec l’Afrique pour mettre en œuvre en priorité dix programmes de coopération dans les trois ans à venir : le programme d’industrialisation, le programme de modernisation agricole, le programme d’infrastructures, le programme de coopération financière, le programme de développement vert, le programme de facilitation du commerce et de l’investissement, le programme de réduction de la pauvreté et de bien-être social, le programme de santé publique, le programme d’échange culturel et humain et le programme de paix et de sécurité.

Pour assurer la bonne exécution de  ces dix programmes de coopération, la Chine a dégagé 60 milliards de dollars Us. Et  ce, pour fournir des aides sans contrepartie et prêts sans intérêt d’un montant total de 5 milliards de dollars Us ; accorder une ligne de 35 milliards d dollars Us pour les prêts à caractère préférentiel et les crédits à l’exportation tout en veillant à augmenter le niveau de confessionnalité des prêts préférentiels ; faire un apport supplémentaire de 5 milliards de dollars au Fonds de développement Chine-Afrique ; Faire un apport supplémentaire de 5 milliards de dollars Us aux prêts spéciaux pour le développement des PME africaines et créer un fonds de coopération sur les capacités de production Chine-Afrique avec un capital initial de 10 milliards de dollars Us.

Comme on peut bien s’en rendre compte, au-delà de cette bonne volonté de la Chine, nombreux sont les pays qui n’osent faire de vraies propositions ou qui amènent les projets bancables. Et les éléments en notre présence ne nous permettent pas de dire correctement quel a été le gain tiré jusque-là par la Rdc. Une situation qui dépasse tout entendement humain et qui n’explique pas pourquoi les populations africaines, mieux congolaises continuent à croupir dans la misère la plus noire ? Et pourtant, la Chine et la Rdc sont tous deux pays en voie de développement, confrontés à la fois à de rares opportunités pour un développement accéléré et à des défis divers et complexes à caractère mondial.

Au regard de la grande convergence entre les stratégies de développement des deux parties ainsi que la complémentarité dans leurs besoins et avantages, des opportunités historiques rares se présentent à la Chine et à la Rdc pour réaliser une coopération gagnant-gagnant et un développement commun. Et forte de ses avantages comparatifs en matière d’expériences de développement, de technologies applicables, de financement de marché, la Chine peut aider la Rdc dans ses efforts pour surmonter les trois obstacles principaux  de développement, à savoir les déficits d’infrastructures, le manque de personnel qualifié et le manque de moyens financiers.

En plus, la Chine peut aider la Rdc à faire de sa richesse et de son potentiel de ressources naturelles et humaines un levier de croissance et d’amélioration du bien-être social, et à accélérer son processus d’industrialisation et de modernisation agricole, ce qui profitera à la réalisation d’une indépendance économique, d’un développement indépendant et durable, et d’une paix et d’une stabilité durables en Rdc.

Changer de mentalité

Nombreux sont les experts du développement qui affirment que la mentalité est le principal frein au développement. La Chine peut bien apporter son financement, mais si la mentalité collective en Rdc est réfractrice au développement, il est difficile d’atteindre des résultats escomptés. En plus, en jetant un coup d’œil en Afrique, la Rdc n’a pas su tirer l’avantage comparatif de ses ressources, pour s’attirer les investissements. Pendant que les pays comme le Congo-Brazzaville, le Kenya, l’Ethiopie, … semblent s’imposer en Afrique comme des modèles de réussite de la coopération sino-congolaise. Face à la récession économique causée par la crise financière internationale, les problèmes liés à la sécurité alimentaire, à l’approvisionnement énergétique, au changement climatique, à la prévention et au contrôle des maladies graves ainsi que d’autre problèmes à caractère mondial qui se font de plus en plus sentir ; et les facteurs d’incertitude accéléré et à des défis divers et complexes à caractère mondial, la coopération sino-congolaise ne devrait cesser de se développer pour atteindre une plus grande envergure et un niveau plus élevé, dynamiser le partenariat sino-congolais, et contribuer à la mise en place d’un monde harmonieux caractérisé par une paix durable et une prospérité commune.

Au regard de tout ce qui vient d’être dit, rien n’est encore perdu. La Rdc peut toujours se ressaisir et profiter de cette coopération pour développer son économie et répondre à la demande populaire. Mieux, au sein du ministère des Affaires étrangères, une cellule spéciale d’évaluation des projets chinois doit être mise en place. Et ce, dans l’objectif de relancer des projets restés en suspens, et trouver ainsi des voies et moyens pour tirer profit des moyens mis à la disposition de l’Afrique par la Chine. Le monde entier, mieux les Chinois nous regardent !

[Jean-Marie Nkambua, Beijing (Chine)]

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