Pour faire justice à la veuve: Le gouvernement doit harmoniser avec les tenants du droit coutumier

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Nous reprenons dans le cadre du présent article, le témoignage d’une veuve dont les enfants, qui étaient à l’âge préscolaire à la mort de leur père, ont terminé l’université. La famille du père resurgit des décennies après, pour réclamer la dot.

La situation des veuves en Afrique demeure toujours catastrophique du point de vue coutumière et économique.

En RDC, après la mort de l’époux, la veuve est souvent marginalisée ou abandonnée à son triste sort très souvent par les membres de la famille de son mari. Et cela, avec la charge des enfants. La belle-famille récupère tous les biens matériels du défunt.

Comment vit alors cette famille délaissée sans appui financier et morale ? Est-ce facile de s’en sortir toute seule ? Et que fait le ministère de la Femme, Famille et Enfant ?

En Afrique, la veuve est soumise à plusieurs exigences coutumières.

Dès le premier jour de la mort du mari, la veuve est censée rester au sol et d’arrêter avec toute ses activités, jusqu’à ce que son époux soit porté en terre.

La veuve est punie, ne se lave pas et personne ne s’approche d’elle. Elle est souvent accompagnée d’une veuve de sa famille ou de  celle de son époux. Celle-ci l’encadre conformément à la coutume de la famille de son défunt mari.

Après les funérailles, sont encadreuse l’emmène dans une douche et la rend propre.

C’est ainsi que cette veuve sera rendue désormais libre de tout engagement.

Selon certaines coutumes, elle aura le choix soit de se remarier soit de continuer sa vie de veuve.

En RDC, les engagements pris lors du mariage civil sont bafoués par la coutume

Ce qui est grave, c’est que cette question n’est abordée ni par le Ministère qui gère la famille dans notre pays ni par la justice.

Tout le monde a le regard sur les viols, parce que les opérations relatives à la répression des viols sont financées par de grandes organisations internationales.

Aucune organisation ne finance la protection de la veuve après la disparition de son mari.

C’est comme si la femme n’a plus de droits sur les biens laissés par son époux.

La veuve et les enfants sont abandonnés. Si certains restent quand même sous le toit de leur mari, d’autres par contre sont souvent jetées dehors par la belle famille.

Alors, la question qu’on se pose est de savoir comment cette veuve s’en sort avec les enfants, pour leur éducation, prise en charge morale et psychologique, et autres ? Nous avons rencontré une veuve qui nous a raconté son histoire mais sous l’anonymat :

«  Mon mari est décédé sept (7) ans après notre mariage. Nous étions très heureux avec nos cinq enfants.

Sa famille m’a d’abord traitée de sorcière avant de tout arracher. Ses frères surtout ne voulaient plus me revoir. Ils  comptaient faire des cérémonies nocturnes pour que je meure également; ils disaient que ma sorcellerie était arrivée à la fin et que j’allais payer pour tout le mal fait à leur frère.

Pendant les 40 jours du deuil, j’étais insultée, malmenée et maudite. Mes enfants qui étaient encore tout petit pleuraient toujours à mes côtés, et n’avaient pas l’âge de  comprenaient ce qui  se passait.

Ma famille a décidée d’intervenir et c’est là que les problèmes ont commencé. Nous étions mis à la porte sans sous ni vêtements, ni meuble.

Avec les encouragements de mes sœurs, j’ai accepté d’emporter mes enfants.

Le calvaire a ainsi commencé, avec le peu que j’avais à la banque on a trouvé une petite maison, et mes amis et connaissances m’ont aidée qui avec un meuble, qui un lit, qui des ustensiles de cuisine et c’est ce qui nous a permis de recommencer à zéro.

Avec l’aide de Dieu, comme j’étais médecin, je me suis battue avec des larmes aux yeux tous les jours pour que mes enfants reprennent l’école, il fallait qu’ils aient à manger, à boire, de quoi se vêtir et j’en passe… ce n’étais pas facile…

Depuis tout ce temps, en aucun jour un membre de la famille de mon défunt époux n’a cherché à savoir où est-ce qu’on vivait, personne n’avait besoin d’avoir de nos nouvelles.

Au fur et à mesure, j’ai travaillé d’arrache-pied pour que mes cinq enfants reçoivent une éducation solide, de l’amour, de l’affection et de l’attention. Aujourd’hui, je suis fière du travail abattu. Mes deux fils travaillent déjà après leurs études. Quant à mes deux filles, l’une est avocate, l’autre journaliste. Elles sont à ce jour femmes de ménage. La cadette termine des études à l’Académie des beaux-arts cette année.

Lorsqu’ils ont appris pour le mariage de mes filles, ils ont eu du culot  de venir réclamer les droits de la famille paternelle. Comme c’est regrettable !  Mais je bénis l’Eternel pour son soutien ».

Au regard de ce témoignage, chacun de nous de son vivant, doit s’interroger sur ce qui peut arriver après sa disparition.

Le ministère de la Femme, Famille et Enfant doit changer sa façon de faire les choses, essayer de défendre les droits des veuves et  préserver celles-ci d’éventuels dérapages d’ordre coutumier qui compliquent l’avenir des enfants. Il est nécessaire d’appliquer la loi par rapport à ce sujet, pour éviter le déferlement d’enfants de la rue dans la ville de Kinshasa.

(Maguy Mbuku Muzembe, RTGA World)

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