Pour échapper à la justice: Ben Tshimanga se cache derrière son appartenance politique et tribale

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C’est depuis 6 mois jour pour jour que le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, siégeant en audiences foraines à la prison militaire de Ndolo, dans la commune de Barumbu, poursuit les 36 présumés miliciens Kamuina Nsapu, aile de Kinshasa. Hier c’était le tour du 34ème prévenu, Ben Tshimanga, présenté par le Ministère public comme étant une brebis galeuse. Combattant de l’UDPS, il raconte que c’est le 17 juillet qu’il a été appelé au téléphone par Mme Aimée Lohadi, Coordonnatrice du Mouvement Tshisekediste pour le Changement (MTC), une structure de la Ligue des jeunes de l’UDPS, qui avait besoin de lui au niveau du marché Kata-Kata au Home 10 de l’Université de Kinshasa, avant qu’il ne soit arrêté.

Pendant toute l’instruction, Ben Tshimanga s’est distingué par des raccordements frauduleux sur la personne de Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l’UDPS et dont le passeport serait confisqué ! Il a aussi dit que ce procès opposait le Ministère public aux Balubas et aux Kasaiens. Ces propos ont provoqué une réaction farouche du Tribunal, qui a expliqué que Kabund n’est pas cité dans ce procès et que cette affaire ne concerne pas seulement les Balubas. Il a rappelé qu’à Ndolo passent plusieurs affaires, notamment celles opposant le Ministère public aux Bundu dia Kongo, les gens de Mukungubila, etc.

Pour sa part, le Ministère public a rejeté les propos de Ben Tshimanga, parce que, dit-il, les Kasaiens réalisent que le prévenu les déshonore. Il a rappelé que le prévenu habite chez son grand frère et lorsqu’il est 19 heures, il ne sait plus sortir. Comme pour dire qu’il s’agit d’un Monsieur qui n’a pas de patrimoine et qui veut inutilement salir une tribu pour rien. « Il ne peut pas parler au nom d’un peuple courageux, parce que c’est un criminel », dit-il, avant d’insister sur le fait qu’au moment venu, il ne manquera pas de lui administrer la dose qui convient.

L’histoire de l’UDPS est inopérante

Face au comportement du prévenu qui a tendance à se cacher derrière son parti politique, l’UDPS, la partie civile Rdc, à travers le Bâtonnier Mbere estime qu’il s’agit d’une stratégie montée de mauvais goût par le prévenu qui  crois malheureusement que comme il est de l’UDPS, il aura la vie sauve. Et pourtant, le procès ne  concerne pas l’UDPS, mais les personnes physiques qui ont été déférées devant le Tribunal par le Ministère public. Cette histoire de l’UDPS est inopérante, insiste-t-il.

A l’en croire, nier les faits, c’est un droit reconnu à tout le monde. Mais le juge ne condamne pas parce qu’un prévenu est passé aux aveux, mais parce qu’il a l’intime conviction qu’il y a des charges suffisantes pour un prévenu déféré devant lui. Le prévenu ne doit pas passer nécessairement aux aveux, parce qu’il  y a certains indices que le Tribunal doit prendre en compte. Il y a des indices sérieux, des charges suffisantes, malgré ce qu’il raconte devant la barre.

Et le Bâtonnier d’insister qu’il ne revient pas au prévenu de dire qu’un procès-verbal est authentique, c’est la loi qui dit qu’un procès-verbal est un acte authentique jusqu’à preuve du contraire. « Le législateur a déjà donné une force probante à ces procès-verbaux, ce n’est pas à lui de le dire. Et dans le cas d’espèce, nous sommes en matière pénale, il y a les procès-verbaux, l’intime conviction du juge et les témoignages qui comptent. C’est pourquoi on dit que le juge en matière pénale sanctionne selon son intime conviction », explique le Bâtonnier Mbere.

Et entant que partie civile, il est sûr que le prévenu a participé à toutes les attaques et a joué un rôle déterminant. Mais la condamnation, c’est le juge. Et lui n’est là que pour mettre à la disposition du Ministère public des éléments, parce que la partie civile Rdc veut qu’elle soit indemnisée.

Me Peter Ngomo, avocat de la défense a expliqué, de prime à bord, qu’il est vrai  que la loi accorde une force probante à certains procès-verbaux, mais dès lors que cet OPJ qui les dresse ne sont pas assermentés, que valent-ils ? Egalement, dit-il, vous lirez dans les procès-verbaux établis par le Ministère public que Ben Tshimanga, non seulement qu’il a réfuté tous ces procès-verbaux, il a également dit qu’il a été torturé, ce qui n’est un secret pour personne.  « Partant de ce fait là, tous les procès-verbaux sont nul, parce qu’obtenus sur base de la torture. Il y a une convention qui a une force plus grande que nos lois. Le juge devra tenir compte de ces conventions-là. A un moment donné, nous allons plaider que le juge puisse écarter ces procès-verbaux-là. D’ailleurs on vous dit, qu’il a fait ceci ou cela, est-ce qu’on vous a montré les preuves ? Le couteau avec lequel il a poignardé la femme ? », se demande-t-il.

(JMNK)

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