Pour arriver à l’autosuffisance alimentaire: Beaucoup reste encore à faire

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« L’agriculture est la priorité des priorités », clament les gouvernements qui se succèdent en Rdc. Le Gouvernement qui a augmenté  le budget affecté à l’agriculture de 3 à 8% doit poursuivre ses efforts, pour que ce secteur contribue effectivement au développement du pays. Cette riche réflexion a l’avantage de ressortir les pistes de solution en vue de l’amélioration de ce secteur qui emploie le plus de Congolais soucieux de subvenir à leurs besoins.

Il convient de préciser avant toutes choses, que sans l’autosuffisance alimentaire, un pays ne pourra pas se développer. Voilà pourquoi tous les pays nantis débutent par la relance de l’agriculture. Ils y mettent beaucoup de moyens, de manière à produire suffisamment ce qu’il faut pour la survie du peuple et même de quoi vendre. Revenons à la Rdc pour démontrer que ce pays possède des atouts, qui malheureusement ne sont pas exploités pour assurer l’autosuffisance agricole :

Des terres arables

La plupart de terres dont dispose notre pays sont arables et fertiles. Rien que le sud de l’ex-Katanga peut avec son sol argileux, nourrir des millions d’hommes et femmes jusque dans le grand Kasaï. On y cultive le maïs, le haricot, la pomme de terre et autres produits de consommation courante. Kabinda dans le Lomami n’est pas fatigué de nous produire le haricot, l’huile de palme, l’arachide, maïs et patates douces.  Même constat en Ituri, où les terres permettent non seulement une agriculture de qualité, mais aussi l’élevage.

Le grand Kivu possède des potentialités agricoles intactes. Des tonnes d’haricots, de maïs, manioc, pommes de terre, ignames et riz sortent de ses terres chaque saison au grand bonheur de sa population qui ne demande que la paix pour s’adonner à cette tâche noble. L’ex-Bandundu est une province essentiellement agricole produisant du manioc, maïs et plusieurs légumes qui inondent la ville-province de Kinshasa.

Le Kongo Central n’a pas encore dit son dernier mot en matière de production agricole. Chaque jour que Dieu fait, plusieurs camions versent sur le marché kinois, des tonnes de manioc, de maïs, l’huile de palme, bananes, ignames, et autres produits de la générosité de la nature. Il y a certes des coins où les engrais s’imposent pour relever la productivité, mais de manière générale, les terres congolaises permettent la pratique régulière d’une agriculture de subsistance et même industrielle.

Un climat propice

La Rdc a une grande variété climatique. Mais dans plusieurs zones, il est possible de cultiver diverses gammes de nourriture. Le grand-Kivu et l’ex-Katanga sont réputés doux du point de vue climatique, ce qui fait de ces deux zones et moyennement d’autres, des greniers de la République. Contrairement à d’autres pays africains ou la pluie est vraiment rare, les provinces agricoles congolaises possèdent une pluviométrie acceptable qui favorise le semi et la récolte dans des bonnes conditions.

Une main d’œuvre disponible

Sans tomber dans le narcisme, disons que le peuple congolais est un peuple fort et capable de travailler le sol, parfois dans les conditions difficiles. Pratiquant une agriculture manuelle avec la petite houe, ce peuple s’efforce de rester à la tâche jusqu’à un âge très avancé. Une main d’œuvre toujours disponible dans nos villages, même si les conditions pénibles font fuir de plus en plus des jeunes à la recherche du mieux être. Ces jeunes gens sont capables d’aimer ce travail s’il est valorisé par l’autorité.

Quelques défis

Comme défis, disons qu’il faut mettre l’accent sur les routes de desserte agricole. En effet, la plus grande maladie qui bloque le développement de la Rdc se nomme ‘’l’absence des voies de communication’’. Les routes manquent cruellement à ce beau et grand pays, au point où la production d’un coin ne sait pas être acheminée à l’autre coin. Les routes de desserte agricole sont pour un pays, ce que les veines sont pour le corps humain. Des tonnes de vivres (maïs, manioc, haricots, poissons, viandes, ignames, huiles, légumes…) pourrissent dans la plupart des villages qui les produisent à cause des routes défectueuses. Les centres de consommation ne sont pas connectés aux lieux de production. Toute l’équation réside à ce niveau. A ce jour, seuls le Kongo Central et l’ex-Bandundu sont mieux reliés à la capitale Kinshasa, grand centre de consommation. Voilà pourquoi un homme disait que sans rails et routes, « le Congo ne valait pas un penny ».

Un autre défi, c’est l’absence de financements. Disons à ce sujet que les vaillants agriculteurs congolais ne sont pas financés. L’Etat congolais ainsi que les organismes internationaux s’intéressent peu à leur sort. Ils se débrouillent tous seuls pour acheter des semences, des outils aratoires, des terres et même les diverses autorisations de la municipalité. Ils sont encore seuls à imaginer les voies par lesquelles ils peuvent évacuer leurs produits. Ils sont surtout seuls à faire face à la dureté du marché. Si leurs collègues européens sont subventionnés et bénéficient d’autant d’allégements fiscaux, il n’en est pas le cas pour les nôtres livrés à la méchante et sauvage loi du marché.

Parmi les défis, il y a aussi une concurrence déloyale. Ici, le marché congolais aujourd’hui ressemble à une jungle où le plus fort écrase les autres. Les Chinois, Indiens, Libanais, Pakistanais…bousculent le Congolais de manière totalement déloyale et disproportionnée. Les grands capitaux, dont l’origine n’est connue de personne, viennent écraser le petit agriculteur congolais qui se bat pour la scolarisation de ses enfants. C’est ainsi que plusieurs produits agricoles congelés ou non, parfois en conserve, d’autres sous conditionnement plastique, cassent les prix locaux et découragent les producteurs nationaux. Comment produire des oranges quand des hommes d’affaires multimillionnaires font entrer plusieurs wagons de jus en carton vendus à moins cher ? Et comme le Congolais aime ce qui vient d’ailleurs… Il y a aucun mécanisme qui permet aux producteurs congolais d’être protégés sur le marché. Les multinationales les écrasent de leur force financière et les conséquences sont redoutables : découragés, ils changent de secteur et la dépendance de l’extérieur augmente de plus belle. L’huile de palme, le manioc, le maïs, le haricot, la viande… sont mis en mal par l’importation de très grandes quantités vendues sur le marché au prix rabattu.  Si dans un premier temps, la population consommatrice a l’impression de se réjouir en y trouvant son compte, à la longue, cette dépendance de l’extérieur finit par prendre tout un pays en otage et lui impose ses prix et ses goûts. Nous ne pouvons pas tout acheter de l’extérieur.

Pour terminer, une faible industrialisation est aussi citée. Parce qu’à l’heure actuelle, une agriculture non industrialisée a peu de chances d’êtrecompétitive. Les paysans doivent travailler en coopérative s’ils veulent aller loin. Une véritable industrie ne peut naître sans volonté du pouvoir en place. Vendre des espaces verts aux étrangers a montré ses limites dans plusieurs pays africains. Il faut plutôt renforcer les paysans afin qu’ils constituent des alliés du développement agro-pastoral d’un pays. En organisant ses forums, le gouvernement peut commander la nourriture dans les coopératives congolaises si elles existent. Au lieu de commander des poulets à l’extérieur du pays, DAIPN en relance peut servir d’espace d’encadrement des agriculteurs du Congo. Ne l’oublions surtout pas : seul on ne peut rien, mais ensemble nous pouvons beaucoup.

(Simon Kabamba)

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